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N-B Les pères de l'Eglise sont nommés par leur prénom suivi du nom du lieu où ils se sont illustrés.

AELRED DE RIEVAULX. Né dans le nord de l'Angleterre, en 1110. Il passe sa jeunesse à la cour du roi d'Ecosse. A l'âge de 24 ans il entre à l'abbaye de Rievaulx. En 1147 il en devient l'abbé. Charge qu'il assure jusqu'à sa mort en 1167. Responsabilité de la communauté, construction d'indispensables monuments, fondation de plusieurs abbayes, participation aux événements de l'histoire de son pays : ce sont les multiples domaines à travers lesquels s'est exercée sa tâche de pasteur « affectionnant la miséricorde plus qu'une intransigeante justice ». Il a laissé une abondante œuvre littéraire.

AMEDEE DE LAUSANNE. Vers 1119 son père l'emmène avec lui à l'abbaye de Bonnevaux. Afin qu'il fasse de meilleures études il l'envoie à Cluny puis chez des parents. Amédée se présente à l'abbaye de Clairvaux en 1125. Il est nommé abbé d'Hautecombe en 1139, puis appelé à l'épiscopat à Lausanne. Il participa à la politique européenne de son époque. Il est mort en 1159.

ALBERIC : voir SAINTS FONDATEURS

ATLAS (NOTRE-DAME DE L'). C'est en 1937 qu'un groupe de moines cisterciens s'installe au domaine de Tibhirine, près de Médéa, à une centaine de kilomètres au sud d'Alger. L'indépendance de l'Algérie éloigne un grand nombre de chrétiens. Le cardinal Duval, évêque d'Alger, s'oppose à la fermeture du monastère. Une très grande partie du domaine est cédée à l'état algérien. Les moines sont là, « priants au milieu d'autres priants ». En 1987 l'Eglise du Maroc sollicite la communauté pour fonder à Fès une annexe du monastère. Son prieur, frère Christian de Chergé fait alors appel à l'ensemble de l'Ordre afin que les moines soient en nombre suffisant pour répondre positivement à cette demande. L'appel sera entendu ! En 1991, les premières élections libres donnent dans un premier tour de scrutin la préférence au FIS. Un coup d'état rend le deuxième tour impossible : la guerre civile s'installe ... Les moines se savent menacés comme tous les étrangers dont un certain nombre déjà ont été exécutés. Dans la nuit du 27 au 28 mars 1996, sept moines sont enlevés. Le 23 mai un communiqué du GIA déclare qu'ils ont été exécutés le 21 mai. Les circonstances de ces événements restent obscures. Notre Dame de l'Atlas poursuit sa route... autrement. (voir bibliographie et sites)

BERNARD DE CLAIRVAUX. Originaire d'une famille noble bourguignonne, il est né au château de Fontaines près de Dijon en 1090. Il fit des études à Chatillon-sur-Seine, à l'école des chanoines de Saint Vorles. En 1112, Bernard se présente au « nouveau monastère », à Cîteaux. Il est accompagné par d'autres gentilshommes dont plusieurs sont de sa famille. En 1115, il est nommé abbé de l'abbaye de Clairvaux où il restera jusqu'à sa mort en 1153. Son rayonnement fut intense, d'abord sur son propre monastère, puis sur l'ensemble de l'ordre cistercien et enfin sur l'ensemble du monde religieux et civil français, et même sur l'Eglise entière. Son œuvre littéraire universellement reconnue est très étendue.

CANTIQUE DES CANTIQUES. Le cantique des Cantiques est l'un des textes les plus courts de la Bible. Aujourd'hui il ne nous est guère connu. C'est pourtant un livre qui suscite une abondante littérature car il intrigue : que vient faire là ce livre qui ressemble étrangement à une série de poèmes d'amour de l'Egypte ancienne et qu'on pourrait qualifier de profane puisque le nom de Dieu n'y est pas prononcé ? C'est un livre qui a été étudié par les pères de l'Eglise que l'on peut qualifier de mystiques : Origène, Grégoitre de Nysse, Grégoire le Grand... C'est en ce livre que Bernard de Clairvaux et son ami Guillaume de Saint-Thierry trouvent le langage qui convient pour exprimer leur conception de l'Amour de Dieu en quête de la réponse de son peuple.

CHRISTIAN (Frère). Frère Christian de CHERGE est né à Colmar le 18 janvier 1937. Il a sept frères et sœurs, son père est militaire. Il est encore enfant lorsque la famille part pour trois ans en Algérie : premier apprentissage de la différence. Très tôt il désire devenir prêtre. Le scoutisme complète la formation qu'il reçoit au collège des marianistes. C'est en Algérie qu'il va faire son service militaire. Un événement le marquera à jamais : un ami musulman risque sa vie pour le défendre contre des hommes du FLN. En 1994 il dira : « Je ne peux oublier Mohamed qui un jour a protégé ma vie en exposant la sienne et qui est mort assassiné par ses frères parce qu'il se refusait à leur livrer ses amis ». Il est ordonné prêtre le 21 mars 1964. il entre au monastère d'Aiguebelle en août 1969. Il part pour Notre-Dame de l'Atlas le 15 janvier 1971, il y fait profession le 1r octobre 1976. Il a fait deux ans d'études à Rome pour étudier la langue et la culture arabes ainsi que la religion musulmane. Il était prieur au monastère de l'Atlas depuis 1984. Il fait partie du groupe des sept moines arrêtés le 27 mars 1996 et exécutés le 21 mai.

CHRISTOPHE (Frère). Frère Christophe Lebreton, né le 11 octobre 1950, dans une famille nombreuse. Alors qu'il est étudiant, il passe ses mois d'été dans les camps internationaux d'Emmaüs. il fait là une expérience fondamentale qui lui fera dire : « Je prends conscience qu'il y a des pauvres et que désormais je ne peux vivre si j'oublie ce fait énorme, et que le bonheur ne peut être trouvé sans eux ». En Algérie pour son service militaire, il se rend plusieurs fois au monastère de Notre Dame de l'Atlas et il découvre alors sa vocation de moine cistercien. Il fait son noviciat à l'abbaye de Tamié. Après un temps à l'Atlas il y revient pour mûrir sa vie monastique. Il est de ceux qui ont répondu à l'appel du frère Christian de Chergé en 1987. Il fait partie du groupe des sept moines arrêtés le 27 mars 1996 et exécutés le 21 mai. A travers des poèmes il a livré l'histoire du « Je t'aime » qui l'habite et qui l'accompagne « jusqu'au bout du don ».

CITEAUX (Notre-Dame de). C'est le lieu où fut fondé le premier monastère de l'Ordre Cistercien (voir page de présentation). Bernard des Fontaines y entra en 1112. C'est de là que partirent des groupes de moines pour fonder de nouvelles abbayes. Cîteaux n'a pas échappé aux pillages des guerres. Au 17ème siècle, tandis que le père abbé de la Trappe, Armand de Rancé, choisissait une réforme radicale de la vie monastique d'alors, l'abbé de Cïteaux se voulait plus modéré et tenta de maintenir l'unité de l'Ordre par une réforme moins excessive. La révolution française a dispersé les moines... En 1898, certains venus de divers horizons s'y retrouvèrent pour restaurer ce qui restait de l'abbaye et effectuer les reconstructions nécessaires. L'abbaye de CÏteaux fait partie maintenant de l'OCSO. C'est un lieu très visité à cause de son rôle dans l'histoire de l'Ordre. On peut y admirer une partie de la bibliothèque du 15ème siècle.

ETIENNE HARDING : voir SAINTS FONDATEURS

GILBERT DE HOYLAND. Il fut abbé dans un monastère anglais à Swieshead. Une région pauvre, parfois envahie par la mer. Il poursuivit l'œuvre de St Bernard en commentant la suite du Cantique des Cantiques, il écrivit également un traité sur la prière.

GUERRIC D'IGNY. Né à Tournai vers 1080, il y fit de sérieuses études à l'école cathédrale ; il y devint enseignant. il menait une vie solitaire consacrée à l'étude et à la prière. Il se rendit à Clairvaux dans la seule intention de tirer un profit spirituel d'un entretien avec Saint Bernard. Il y resta ! En 1138 il fut nommé abbé de l'abbaye d'Igny où il mourut en 1157. Ses prédications lui ont valu la notoriété : dans un style très élégant, il prononce des sermons pleins de sagesse et de vive spiritualité.

GUILLAUME DE SAINT-THIERRY. On ignore tout de sa famille et de sa jeunesse si non qu'il est né à Liège en 1085. Il a sans doute fait des études à Laon. Il entre au monastère de Saint-Nicaise, près de Reims, puis devient abbé du monastère de Saint-Thierry, monastères bénédictins. Guillaume, cistercien de cœur, était l'un des amis très proches de Bernard de Clairvaux. En 1135 il fut autorisé à se retirer à l'abbaye cistercienne de Signy où il demeura jusqu'à sa mort en 1148. Dans ses nombreux écrits. on le découvre « maître de spiritualité ».

ISAAC DE L'ETOILE. On ne sait rien de sa jeunesse, mais ses œuvres témoignent d'une éducation et d'études sérieuses. Anglais d'origine il vient en France à l'âge de 20 ans vers 1120. Il fréquente des écoles réputées. Il vint à l'abbaye de l'Etoile, dans la région de Poitiers. abbaye bénédictine qui demanda bientôt à être rattachée à l'ordre cistercien. Les rivalités entre la France et l'Angleterre éprouvèrent rudement cette communauté. Isaac se réfugia avec quelques autres moines sur l'île de Ré.

LUC (Frère). Frère Luc, (Paul Dochier), est né le 31 janvier 1914 à Bourg de Péage. A la fin de ses études il choisit les études de médecine qu'il effectue à la faculté de Lyon. En 1937 il se présente à l'abbaye d'Aiguebelle. Il n'en terminera pas moins ses études de médecine. En 1939, après la réussite de l'ensemble des concours et sa thèse, il va faire son service militaire, il est alors envoyé dans le sud marocain comme médecin-lieutenant. La fin de ce service voit son retour à Aiguebelle où il devient frère convers. En 1943 il se porte volontaire pour remplacer un médecin père de famille dans un camp en Allemagne. Il rentre en France en juillet 1945. D'Aiguebelle, il est envoyé à Notre-Dame de l'Atlas le 28 août 1946. Malgré sa mauvaise santé, Il établit un dispensaire où il soigne tous ceux qui se présentent, quels que soient leur religion ou leur parti politique... Très aimé de la population qu'il aidait aussi matériellement, il était suspecté par les autorités locales. Il fait partie du groupe des sept moines arrêtés le 27 mars 1996 et exécutés le 21 mai. 

MICHEL (Frère). Michel Fleury est né le 21 mai 1944 en Loire-Atlantiqe au village de Sainte-Anne où son père était agriculteur. Il désire devenir prêtre, entre au séminaire... Au cours de cette formation, il fait un stage de travail dans une entreprise de métallurgie à Nantes. Il décide alors d'entrer, comme "frère", en septembre 1971 à l'Institut du Prado orienté vers le service des pauvres. En différents lieux il prend part à la vie de travail et de luttes des ouvriers où le monde maghrébin est très proche. Pour une vie plus centrée sur la prière et le silence, il entre au monastère cistercien de Bellefontaine le 4 novembre 1980. Il est de ceux qui ont répondu à l'appel du frère Christian de Chergé. Il fait partie du groupe des sept moines arrêtés le 27 mars 1996 et exécutés le 21 mai.

Thomas MERTON est un moine cistercien américain né en France. (1915-1968)
A l'abbaye de Gethsémani, c'est Frère Louis. Son œuvre littéraire est abondante. « Ma voix est celle d'un homme qui s'interroge. ». Il fait partie de ces contemplatifs « qui savent vivre et qui ne se dérobent pas aux questions de leur temps ».

PERES DE L'EGLISE. Cette expression désigne les écrivains de l'Eglise chrétienne des dix premiers siècles de notre ère. Pasteurs, ils ont beaucoup écrit pour exposer la foi chrétienne, son évolution, sa vérité en face des hérésies qui ne cessaient de se faire jour.

REGLE DE SAINT BENOÎT. Le monachisme s'est répandu dans l'Eglise dès la fin de la période des persécutions. Au 6ème siècle, Benoît (né à Nursie au nord de l'Italie), encore jeune, se retire pour vivre en ermite dans une grotte près de Subiaco. Quand il est découvert, les disciples affluent. Benoît les regroupe en petits monastères. (Plus tard ils s'établiront au Mont-Cassin). Pour eux il écrit une règle. en s'inspirant de celles qui existaient déjà. Il fait œuvre originale parce qu'il écrit pour un monastère précis, en fonction de l'expérience spirituelle et humaine, vécue tant par les moines que par lui-même, en ce lieu, au fil des années. Cette règle, que l'on peut considérer comme un testament spirituel deviendra celle à laquelle se référeront un grand nombre de monastères au cours des siècles.

ROBERT DE MOLESMES : voir SAINTS FONDATEURS

SAINTS FONDATEURS. Ce sont Robert de Molesmes, Albéric et Etienne Harding. Au Xème et XIème siècle un vent de réformes et de nouveautés agite le monde monastique... il s'agit de trouver des institutions plus fidèles à l'Evangile. Robert, abbé du monastère bénédictin de Molesmes, essaie plusieurs tentatives de réforme. Devant la résistance de certains, il quitte cette abbaye en 1098, avec 21 moines pour fonder, à CÏteaux, le « nouveau monastère » : dans l'indépendance par rapport à la société féodale, recherche d'une plus grande pauvreté, d'une vie monastique plus authentique où la prière et le travail manuel trouvent leur place, en référence à la règle de saint Benoît. Les moines de Molesmes réclament leur abbé, celui-ci les rejoint. Albéric, puis Etienne vont lui succéder. Ce dernier a eu le génie d'organiser l'ordre qui essaimait dans l'Europe entière : il établit une « Charte de Charité » qui légifère avec précision les rapports entre les abbayes et les personnes… mais dans le seul but : « ne devez rien à personne sinon de vous aimer les uns les autres ».

SOURCES CHRETIENNES. Cet Institut édite les textes fondateurs du christianisme en leur langue originale (grec, latin), accompagnés d'une traduction française. Des introductions et des notes situent l'ouvrage dans son contexte historique, doctrinal... L'institut a été fondé en 1942 par les père jésuites Claude Montdésert et Jean Dianélou, qui ont écrit les premiers volumes. C'est une partie des œuvres de plus de cent auteurs qui, à ce jour, a été publiée en plus de 500 volumes, publication assurée par les éditions du Cerf. Cet Institut a été reconnu en 1976 comme Unité de recherches par le CNRS.

TAMIE (NOTRE-DAME DE ). Cette abbaye cistercienne, située près d'Albertville en Savoie, (à proximité du département de la Haute-Savoie), a été fondée en 1133 à la demande de l'évêque du diocèse de Tarentaise, qui avait été lui-même moine à Cîteaux puis abbé du monastère de La Ferté. Des moines de l'abbaye de Bonnevaux viennent s'établir en 1132 au vallon de Tamié cédé au diocèse par les seigneurs de Chevron. En 1141, l'un des moines, malgré ses réticences, est nommé évêque, c'est saint Pierre de Tarentaise. En 1677 ces moines font leur la réforme de La Trappe. Bien que faisant partie du royaume de Sardaigne, le lieu est envahi par les troupes révolutionnaires. Commence alors une longue période de péripéties : expulsions, retours, vente puis rachat des bâtiments... jusqu'en 1911 où ce monastère retrouve son statut d'abbaye.

THIBIRINE : voir ATLAS (NOTRE-DAME DE L')

 

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