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Un engagement dans la vie monastique

fr charlesEn la fête de Marie en son Assomption 15 août 2016 Frère Charles de Foucauld s'est engagé entre les mains de dom Ginepro notre abbé, en présence des Frères de l'abbaye de Tamié,

La vie monastique, notre vie, demande un investissement global, intégral de l'Homme : intelligence, cœur, adresse, esprit, volonté, ténacité, repentir, ascèse, pardon… l'Homme dans toute sa complexité. Chacun de nous s'engage tout entier sur le chemin qui mène à Dieu ; c'est tout notre être, dans toutes ses fibres.
Mais attention : l'homme ne parcourt pas son chemin tout seul ; tu ne vas pas à Dieu tout seul, Charles. Nous allons à Dieu ensemble. C'est pourquoi ton engagement c'est l'engagement de nous tous avec toi et cette fête c'est bien la fête de tous, de la communauté des Frères de Tamié qui renouvelle par toi son désir de Dieu.
Tu as choisi une fête de la Vierge, sa grande fête d'été, pour ton engagement. Marie n'est pas une déesse ; elle est bien une femme de notre race, faite elle aussi de corps et d'âme, pour employer l'image même de Règle de saint Benoît. Marie parle aussi d'humilité. Que son soutien et sa prière te conduisent là où Dieu veut te conduire : à Lui.

Extrait de l'exhortation du Père Abbé - site de l'abbaye de Tamié

La profession monastique

Au monastère de Notre-Dame de l'Atlas à Tibhirine, du 19 février 1991 au 21 août 1993, Père Christian, dans ses enseignements journaliers (les chapitres), choisit de présenter et de commenter à ses frères les nouvelles Constitutions* de l'Ordre Cistercien de la Stricte Observance approuvées au Chapitre Général de 1990.

Mercredi 13 mars 1991    Constitutions n°8 : la consécration monastique
« Par la profession monastique le frère est consacré à Dieu et agrégé à la communauté qui l'accueille. En même temps, la consécration qu'il a reçue au baptême et à la confirmation est rénovée et vivifiée. Le frère s'engage à une vraie conversion de vie, en persévérant dans la stabilité et en obéissant joyeusement jusqu'à la mort. »

Pas de distinction « d'essence » entre profession temporaire et profession solennelle, seulement de « degré » : par la profession, on engage tout ce que l'on est et tout ce que l'on a aujourd'hui et, au moment où on consacre cet aujourd'hui, on sait que c'est cela que la volonté de Dieu attend de nous. L'infidélité à cet aujourd'hui commence si on croit pouvoir se réserver le lendemain (que nous ne pouvons à proprement consacrer puisqu'il ne nous appartient pas) : on pense que Dieu qui est fidèle nous tiendra demain dans la consécration d'aujourd'hui et que le sens du DESIR qu'il a mis en nous est un engagement vital, de vie à Vie. Il y a une profonde erreur me semble-t-il à ne pouvoir s'engager par peur de l'avenir. Car la profession ne se prend pas dans le temps. Elle nous lie à l'éternité. En ce sens, elle est très différente du mariage et la « peur » est beaucoup plus compréhensible dans celui-ci qui est lié dans le temps, même s'il est sacrement d'éternité.
Consacré à Dieu… et non pas à l'institut (il est « agrégé » à la communauté qui l'accueille). C'est important ! Les promesses de la vie éternelle…
Cette consécration ne fait pas nombre avec le baptême et la confirmation : elle les explicite. Elle n'est pas un sacrement de surcroît. Elle est Vie.
Les trois vœux bénédictins sont donc à rattacher à la vie divine. Il faut les expliciter mieux comme fils conducteurs d'éternité (stabilité, conversion, obéissance demeurent… comme la charité !).

Cité dans "Dieu pour tout jour", Cahiers de Tibhirine.

(Constitutions 9- 10 -11) « Par le vœu de stabilité dans sa communauté, le frère, confiant en la Providence de Dieu qui l'a appelé en ce lieu et dans ce groupe de frères, s'engage à employer là, avec constance, les instruments de l'art spirituel.
Par le vœu de conversion de vie, le frère, cherchant Dieu dans la simplicité de son cœur, sous la conduite de l'Evangile, s'engage à la discipline cistercienne. Ne se réservant aucun bien, pas même la disposition de son propre corps, il renonce à la capacité d'acquérir et de posséder et il professe la continence parfaite dans le célibat pour le royaume des cieux.
Par le vœu d'obéissance, le frère, aspirant à vivre sous une règle et sous un abbé, promet d'accomplir tout ce que les supérieurs légitimes ordonneront suivant les présentes constitutions. Renonçant à sa volonté propre, il suit l'exemple du Christ obéissant jusqu'à la mort et s'engage dans l'école du service du Seigneur. »

* Les congrégations religieuses ont été invitées par Paul VI à entreprendre une rénovation de leurs constitutions, selon l'esprit du « retour aux sources », l'aggiornamento, préconisé par Vatican II dans le décret sur "La rénovation et l'adaptation de la vie religieuse".

 

moine« Le moine est donc tout simplement un homme qui, un jour, s'est senti appelé à abandonner son autonomie pour se lier à Dieu en se présentant à la porte du monastère. Bien sûr, il trouve ensuite mille ruses pour reprendre ses armes, récupérer en détails ce qu'il a dit laisser d'un seul coup. Il n'empêche qu'il a fallu, ce jour-là au moins, affirmer qu'il était là, pour un autre, sans discours, sans avoir forcément de hautes justifications à fournir. La seule question est celle que Jésus se retournant pose aux disciples en Jean 1, 38-39 : « Jésus se retourna et, voyant qu'ils le suivaient, leur dit : « Que cherchez-vous ?  » Ils lui dirent  :« Rabbi - ce qui veut dire Maître -, où demeures-tu ? » Il leur dit : « Venez et voyez. » Ils vinrent donc et virent où il demeurait, et ils demeurèrent auprès de lui ce jour-là. C'était environ la dixième heure. » Répondre à l'amour de Dieu, l'évangile de Jean dévoile progressivement ce thème, c'est venir et écouter celui qu'il a envoyé, apprendre à demeurer avec lui parce qu'on pressent qu'on peut l'aimer et que lui-même déjà nous aime, parce qu'on croit que c'est de lui que le monde peut recevoir la parole du Salut. Venir au monastère, c'est donc tout simplement répondre à l'appel de cet amour pressenti. »

Frère Bruno, Tamié cité dans "Répondre par des actes" - éd. DDB

 

 

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