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Accueillons la lettre que le Pape François nous a adressée le 20 août.papefran
Texte
accessible sur internet : Lettre du Pape François au peuple de Dieu

20 août 2018. Le Pape François nous adressait une lettre : « en tant que Peuple de Dieu ».
« Il est impossible d'imaginer une conversion de l'agir ecclésial sans la participation active de toutes les composantes du peuple de Dieu. »
Pour être présent dans ce nouvel agir ecclésial, ce site propose, désormais, mois après mois, d' « apprendre à regarder dans la même direction que le Seigneur ».

1r novembre 2018 : Premier regard : Qui est ce Seigneur ?
car le Pape François nous invite à « repartir de la contemplation du Christ »

Qui est-il, non pas dans les livres et les belles paroles, mais réellement dans notre vie... Qui est Jésus-Christ pour nous ? Qu'est-ce que nos vies disent de lui ?

L'évangile de Marc (Mc 8, 27-35) : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? et la réflexion à laquelle nous invite l'homélie prononcée sur ce texte par frère Patrice à l'abbaye de Tamié le 24ème dimanche ordinaire de l'année 2015, peuvent nous aider à renouveler en nous cette adhésion au Christ.

Pour entrer dans la démarche de conversion qu'il propose le Pape François nous invite à la prière.
Nous pouvons prendre tout ou partie de ces textes sous la forme de la lectio divina :
- Qu'est-ce que je retiens de ce texte ?
- Comment cela interroge, stimule ma foi ?
- Prière : louange pour la lumière reçue... intercession pour ceux qui ont blessé et ceux qui l'ont été...

Photo grenier : newletter journal La croix 21.08.18

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Texte de l'homélie :

Vous décrochez le téléphone et vous entendez une voix qui vous dit « devines qui t'appelle ? ». Vous bafouillez un peu, vexé de ne pas reconnaître de suite la voix de votre interlocuteur qui insiste et vous dit « pourtant tu me connais bien ! » Alors vous vous perdez en conjecture, en noms de toute sorte. Jusqu'au moment où vous trouvez le bon nom.
Hé bien, l'évangile de ce matin, c'est un peu ça ! Jésus nous pose à chacun la question est-ce que tu me reconnais et pour toi qui suis-je ? Et nous voilà bien pris au dépourvu. Et si ce n'était pas aussi seulement Jésus qui nous pose cette question, mais aussi des gens que nous rencontrons et que nous côtoyons et qui nous demandent « mais qui est ce Jésus que tu fréquentes » ?
Une possibilité : celle de rester muets, bien embarrassés pour dire des mots justes…peut-être parce que nous n'avons jamais réfléchi à cette question et ne nous la sommes jamais vraiment posée. On ne peut parler de quelqu'un si on ne l'a pas connu, fréquenté.
Peut-être aussi parce que nous nous souvenons des paroles d'un vieil aumônier qui donnait ce conseil à une équipe de chrétiens engagés dans les milieux défavorisés « Ne parlez jamais de Dieu, autrement vous l'abîmerez » et il ajoutait « portez Dieu en vous ; portez le dans votre charité, dans votre respect, dans votre service, mais n'en parlez pas. Autrement vous l'abîmerez ».
Et Benoît XVI dans son encyclique sur l'amour disait « le chrétien sait quand le temps est venu de parler de Dieu, et quand il est juste de se taire et de ne laisser parler que l'amour ».
Et puis c'est d'autant moins facile de dire qui est Jésus ou qui est Dieu pour nous qu'il y a un très beau passage de la bible. Dans le livre de la Genèse, Jacob, une nuit, se bat avec un inconnu qui lui barre le passage pour rejoindre toute sa famille. Et à l'aurore, épuisé par le combat, il demande à l'inconnu (qui n'est autre qu'un ange de Dieu) « mais dis-moi ton nom ! » Et pour toute réponse il reçoit une bénédiction. Alors, si Dieu même ne veut pas nous dire qui il est !
Mais, de ce combat qui symbolise la recherche de Dieu, Jacob ressort blessé et changé de nom.
Là nous rejoignons un autre aspect de notre évangile.
A propos de ce passage de la Genèse, Charles Péguy raconte l'histoire d'un homme qui arrive au ciel. Et l'ange qui garde la porte lui demande « montre-moi tes blessures ». L'homme répond « Mes blessures ? Je n'ai pas de blessures ». Alors l'ange lui dit « tu n'as jamais rien trouvé qui vaille la peine de te battre ? ».
Suivre Jésus, suivre Dieu n'est pas un chemin de tout repos. Jésus lui-même nous le dit « si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renie lui-même, qu'il prenne sa croix ».
(...)
Jésus nous parle de sauver nos vies. Qu'est-ce que cela veut dire sinon d'accepter d'entrer dans un cheminement, dans une relation que nous ne maitrisons pas mais qui sauve la valeur de nos vies. Sauver sa vie c'est lui donner un sens. Sauver sa vie, c'est accepter de renoncer à ce qui n'est pas l'essentiel, de combattre et d'être blessé.
Alors pour comprendre Jésus Christ, pour pouvoir dire qui il est, il n'y a qu'une seule manière, c'est de le vivre. Dire que Jésus Christ est Dieu ou n'est pas Dieu, qu'est-ce que cela peut faire ? On jongle avec les mots. Pour atteindre Jésus Christ, il faut se dépouiller de soi-même ; il faut entrer dans cette pauvreté où l'on découvre Dieu, dans cette prière où il nous parle et où nous lui parlons de cœur à cœur et sans les mots. Alors, comme Jacob après son combat avec l'ange, nous sortirons blessés, bien sûr, mais transformés, transfigurés.

Evangile de Marc 8, 27-35
En ce temps-là, Jésus s'en alla, ainsi que ses disciples, vers les villages situés aux environs de Césarée de Philippe. Chemin faisant, il interrogeait ses disciples : « Au dire des gens, qui suis-je ? » Ils lui répondirent : « Jean le Baptiste ; pour d'autres, Élie ; pour d'autres, un des prophètes. » Et lui les interrogeait : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Pierre, prenant la parole, lui dit : « Tu es le Christ. » Alors, il leur défendit vivement de parler de lui à personne.

christdidIl commença à leur enseigner qu'il fallait que le Fils de l'homme souffre beaucoup, qu'il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu'il soit tué, et que, trois jours après, il ressuscite. Jésus disait cette parole ouvertement. Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches. Mais Jésus se retourna et, voyant ses disciples, il interpella vivement Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. » Appelant la foule avec ses disciples, il leur dit : « Si quelqu'un veut marcher à ma suite, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de l'Évangile la sauvera. »