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Pour retrouver le sens de la lectio et quelques suggestions : la lectio divina. 

La prière est un don

Les lignes qui suivent nous présentent une lectio divina à partir d'un passage des « Oraisons méditatives » de Guillaume de Saint-Thierry, moine du 12ème siècle, maître  de spiritualité d'une ardeur exceptionnelle, ami de saint Bernard de Clairvaux. Ces « Oraisons » ont été écrites dans la dernière partie de sa vie. Guillaume y fait place « aux effusions de son cœur envers Dieu ».

Plein de commisération et miséricordieux, Seigneur patient et miséricordieux, tu es suave, Seigneur, à tous les hommes, et ta commisération s'étend sur toutes tes œuvres.

Tu nous exhortes, Seigneur, et toi-même et par les tiens, ton Esprit-Saint, à prier, et à veiller dans la prière. Tu nous exhortes et nous enseignes, parce que pieux, parce que miséricordieux, parce que désirant faire miséricorde. Et tu prépares notre cause, disposant en notre faveur le jugement et la justice, afin de trouver pour ainsi dire une juste cause de faire miséricorde, si nous prions comme il convient de prier. Bien plus, toi-même nous as dicté la forme de notre prière, afin qu'en rien du tout  tu ne fasses défaut à notre cause, toi le juge, toi l'avocat. Et tu nous as ordonné de prier avec confiance, en ton nom, et de croire que tout ce que nous aurons demandé nous le recevrons et nous l'aurons à nous.

Ta bonté, Seigneur, nous suggère cela ; mais à nous incombe une grave nécessité. Et cependant, quand tu exhortes, nous paressons ; quand tu dictes, nous négligeons ; quand tu promets, nous ne croyons pas. Mais toi, dans ta miséricorde et ta commisération, tu secoues les paresseux et les négligents ; dans ta patience tu fais crédit aux incrédules ; bien plus, comme nous ne savons pas de quelle façon il nous convient de prier, et comme nous ne le pouvons pas, tu nous envoies ton Esprit-Saint : celui-ci aide notre infirmité, et il interpelle pour nous en gémissements ineffables.


Oraisons méditatives, Guillaume de saint Thierry, 4, 1-3


1. Découverte du texte

Tout d'abord, Guillaume s'adresse à Dieu : Seigneur, répété au début de chaque paragraphe...
Dans les premières lignes, il le qualifie : plein de commisération, miséricordieux, patient et miséricordieux. Commisération, je vérifie le sens : un sentiment qui fait un cœur proche des malheureux. C'est donc à un Dieu de bonté que s'adresse Guillaume, bonté universelle : tous les hommes, toutes tes œuvres... Rien ne lui échappe... Je me reconnais ayant place en cette immensité, liée à tous... et au cosmos !
Je remarque : tu es suave... je reconnais le vocabulaire des sens fréquemment utilisé par les premiers Pères cisterciens... Suave... doux, agréable, qu'il fait bon goûter, que l'on savoure... Je retrouve le psaume : « Goûtez et voyez comme est bon le Seigneur »... Entrer dans cet acte de foi séculaire : fréquenter Dieu est un délice !

Dans le paragraphe suivant, Guillaume énumère les actions du Seigneur : Tu nous exhortes à prier, nous enseignes, tu nous as dicté de prier, tu nous as ordonné de prier. Ici, les actions du Seigneur concernent notre prière, le Seigneur nous demande de prier, tu nous as dicté : il nous en donne les moyens... Nous retrouvons là l'Evangile : Quand vous prier, dites notre Père... demandez et vous recevrez, Veillez et priez...
Et maintenant Guillaume qualifie le Seigneur : toi le juge et l'avocat. Il est à la fois le juge et l'avocat : le juge, celui qui va discerner le bien et le mal, qui va prononcer la sentence ; l'avocat, celui qui va plaider, ... pour que soit effectuer la miséricorde. On retrouve les « deux pieds de l'Epoux » de Saint Bernard dans son commentaire du Cantique : l'un s'appelle le jugement  et l'autre la miséricorde, ils ne vont jamais l'un sans l'autre : la miséricorde nous empêche de craindre le jugement et le jugement nous rappelle que la miséricorde n'altère pas la place de la justice..
Désirant faire miséricorde, trouver une juste cause de faire miséricorde... Le Seigneur désire exercer sa miséricorde, il cherche en notre vie ce qui, malgré le mal qui mérite punition, va la justifier... le berger part à la recherche de sa brebis perdue.

La suite du texte nous éclaire sur ce qui peut faire l'objet du jugement. Guillaume cite les actions de Dieu et celles par lesquelles nous lui répondons :
Tu exhortes - nous paressons,
tu dictes - nous négligeons,
tu promets - nous ne croyons pas...
Je me reconnais dans ces propos...
Mais Guillaume poursuit : ce n'est pas notre faiblesse qui a le dernier mot mais la miséricorde du Seigneur, et je peux reprendre :
- nous paressons - tu nous secoues,
- nous sommes incrédules - tu nous fais crédit,
- nous ne savons pas prier - tu viens à notre secours.
Et je reconnais ici les dire de saint Paul...

2. Méditation
La prière est un don...
Elle est don de Dieu : c'est lui qui nous a créés, capables d'entrer en dialogue avec lui...
C'est lui qui nous appelle à prier : je pense à Moïse qui parlait à Dieu comme un ami parle à son ami... mais c'est Dieu qui a l'initiative du dialogue.
C'est par son Esprit que nous pouvons reconnaître que Jésus est le Seigneur, le Messie et nous adresser à lui en tant que tel...
Jésus nous a fait don de la prière : il nous a montré comment un homme peut s'adresser à Dieu, dans le silence du soir ou de la montagne ou dans le jaillissement d'un cœur à cœur constant : « Père, je te rends grâce »...
Il nous a donné le « Notre Père »...
Et puisque c'est un don, Dieu désire que nous en usions, il attend, il désire notre prière.

Lorsque je vais prier le JE a une très grande place... JE décide, JE vais donner ce temps à Dieu...

3. Prière
Seigneur, quand je prie c'est toi l'acteur principal, je ne fais qu'essayer de te répondre... et toi, quelles que soient mes distractions, tous les désirs farfelus qui m'encombrent, tu es là, tu fais toujours ta part... miséricordieuse... discrète et silencieuse
Je contemple Jésus donnant le Notre Père.. Confiante en sa parole, je veux me glisser dans sa prière pour te dire : "Notre Père"...

Et pour lui dire ma joie et mon action de grâces pour l'écoute de sa parole je chante : Bénis le Seigneur ô mon âme, n'oublie aucun de ses bienfaits...

 

 

 

 

 

 

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