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Or voilà, en dernière analyse, le sens profond de Sa volonté. Il n'a pas besoin de nos sacrifices, Il veut nos êtres. Et s'il nous prescrit certains actes d'obéissance, ce n'est pas parce que l'obéissance est le commencement et la fin de tout : ce n'en est que le commencement. La charité, l'union à Dieu, la transformation de nos êtres dans le Christ : voilà la fin.
Il faut donc qu'avant tout je comprenne que ce que Dieu veut de moi, c'est moi-même. C'est-à-dire que Sa volonté m'indique un but à atteindre : découvrir, connaître et épanouir mon être, mon être véritable, dans le Christ. C'est la raison pour laquelle la volonté de Dieu exige si souvent que je me sacrifie : car pour découvrir, dans le Christ, mon être véritable, il me faut dépasser les limites de mon égoïsme étroit. Pour sauver ma vie, il me faut la perdre. Car ma vie en Dieu est, et ne peut être qu'une vie de charité généreuse.
Lorsque Jésus a dit : « Celui qui veut sauver sa vie la perdra, et celui qui perdra sa vie pour moi la sauvera », Il nous enseignait cette grande vérité que Dieu veut avant tout que nous nous trouvions, que nous trouvions notre vraie vie,
Dieu ne veut pas seulement que nous devenions tels qu'il nous désire, mais que nous participions à Son œuvre créatrice et que nous L'aidions à faire de nous ce qu'il désire. Toujours, et en toutes choses, Dieu veut que je règle ma destinée, que je fasse mon salut, et forge mon bonheur éternel selon la voie qu'il veut que je suive. Et puisque nul n'est une île, puisque nous dépendons tous les uns des autres, je ne peux accomplir la volonté de Dieu dans ma vie si je n'aide volontairement les autres à l'accomplir dans la leur. — intégration qui a pour résultat non l'absorption et la disparition de notre personnalité, mais son affirmation et son perfectionnement.
Tout ce que Dieu veut pour moi est ordonné en vue de cette double fin : ma perfection en tant que partie d'un tout, et en tant qu'être individuel, créé à l'image et à la ressemblance de Dieu. Le plus important dans l'éducation de l'homme est de former une conscience capable de voir la volonté de Dieu dans cette juste lumière, et d'inspirer à sa volonté des décisions fortes, prudentes et aimantes. Vivre ainsi est la vraie sagesse.
Cette compréhension de la croissance en Dieu, cette transformation dans le Christ, et cette reproduction surnaturelle dans l'individu du corps mystique du Christ peuvent seules nous aider à reconnaître et à interpréter correctement la volonté de Dieu, Sans elles, nous ne serons même pas capables de reconnaître les manifestations les plus évidentes de la volonté divine — celles qui se manifestent à nous dans les circonstances ordinaires de notre vie quoti
dienne.

Thomas Merton - « Nul n'est une île » extrait chapitre quatre

Pour retrouver le sens de la lectio et quelques suggestions : la lectio divina. 

La volonté de Dieu

Les lignes qui suivent nous présentent une lectio divina à partir d'un passage du livre « Nul n'est une île », écrit par Thomas Merton, moine cistercien (1915-1968).

J'invoque l'Esprit-Saint

Jésus nous a dit que tu ferais connaître la vérité tout entière, viens au secours de ma faiblesse pour reconnaître le Seigneur, la manière dont il m'aime et la réponse qu'il désire.

Je lis le texte une première fois pour le découvrir

Je relis lentement le texte pour "l'écouter" et je note.
Des oppositions :
Epanouissement : il n'a pas besoin de nos sacrifices, découvrir connaître et épanouir mon être, Dieu veut que nous trouvions la vie, la vraie vie, l'aider à faire ce qu'il désire, que je forge mon bonheur, affirmation et perfectionnement de ma personnalité...
Abnégation : actes d'obéissance, exige que je me sacrifie, sur la voie qu'il veut que je suive...
La place du Christ : il est le but de la transformation de nos êtres.
La volonté de Dieu : il veut nos êtres, il veut notre vraie vie, il veut que nous participions à son œuvre  créatrice, que nous l'aidions à faire ce qu'il désire, pour nous-même, pour les autres, il me veut responsable : que je règle ma destinée,

Je retrouve en ce texte quelques bribes des Ecritures :
Dans l'Evangile... la phrase citée : Celui qui veut sauver sa vie la perdra, et celui qui perdra sa vie pour moi la sauvera. Pour que le grain porte du fruit il faut qu'il meurt... Il vous est bon que je m'en aille...
et les affirmations : je vous ai dit ces choses pour que ma joie, la mienne, soit en vous et qu'elle soit parfaite, nul ne pourra vous la ravir...
et le début des Ephésiens : Dieu nous a élus en lui pour que nous vivions saints et immaculés en lui, dans l'amour.

Et les accents cisterciens : saint Bernard dans son commentaire du cantique : Quand Dieu aime, il ne veut rien d'autre que d'être aimé, sachant que ceux qui l'aimeront seront bienheureux par cet amour même. C'est bien ainsi : l'amour de Dieu engendre l'amour de l'âme ; c'est l'attention prévenante de Dieu qui rend l'âme attentive, et c'est le souci qu'il a d'elle qui la rend soucieuse de Dieu.
Mais je suis pécheur et il me reste encore un long chemin à parcourir car le salut est loin des pécheurs.

Je médite à partir de ces lectures
« Sa volonté est donc notre sanctification, notre transformation dans le Christ, notre intégration plus profonde et plus complète aux autres hommes »
« Faire la volonté de Dieu »... c'était accueillir toute chose comme venant de Dieu : la maladie, la pluie et le beau temps, l'accident, les relations... Dieu avait pour chacun de nous un plan préétabli qu'il nous fallait découvrir et exécuter...
Il n'en est rien...
Dieu invite : « Je me tiens à la porte et je frappe, si tu m'ouvres la porte... »
Dieu n'impose pas, il propose. L'amour désire, il ne peut accueillir qu'une réponse libre.
« Dieu ne veut pas seulement que nous devenions tels qu'il nous désire, mais que nous participions à Son œuvre créatrice et que nous L'aidions à faire de nous ce qu'il désire. Toujours, et en toutes choses, Dieu veut que je règle ma destinée, que je fasse mon salut, et forge mon bonheur éternel selon la voie qu'il veut que je suive.. »
Comment le vivre au jour le jour ?
Dieu nous précède toujours, il est là, il prend l'initiative de se dire. Dans la prière, par la contemplation, par la lectio, l'échange avec d'autres... apprendre à ajuster mon cœur au sien. apprendre à aimer ce qui lui plaît, ce qu'il veut réaliser en moi.
Jésus nous a donné la charte du bonheur : « heureux les pauvres »... ni la pacotille de toutes les publicités, ni le poison des rivalités, des jalousies, ni le laisser-aller de toutes les négligences...
Prendre le temps d'écouter, « prête l'oreille de ton cœur. » Prendre des décisions « aimantes ». C'est moins la matérialité de mes actes qui compte que l'amour que je laisse me guider...

Je prie :
le psaume 122 : « Vers toi je lève les yeux...
comme les yeux de la servante vers la main de sa maîtresse... »

Je contemple Jésus :
Dans la foule, devant ses détracteurs, sur la croix, dans l'intimité de sa prière
« je fais tout ce qui lui plait »

 

 

 

 

 

 

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