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L'histoire du monachisme cistercien
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P A U V R E T E

Faire mémoire, aujourd'hui 21 mai 2014, du martyre de sept moines du monastère cistercien Notre-Dame de l'Atlas, à Tibhirine en Algérie : Christian, Christophe, Luc, Célestin, Michel, Bruno, Paul.
Ils avaient été enlevés dans la nuit du 26 au 27 mars 1996, le 23 mai la presse annonçait qu'ils avaient été exécutés.
Faire mémoire pour reconnaître la présence de Dieu dans leur histoire et en rendre grâce.
Faire mémoire pour écouter dans leur vie, dans leurs choix ce qui est interpellation, encouragement, lumière, pour nous aujourd'hui.
Faire mémoire pour que brille toujours plus et pour tous, l'espérance du monde d'amour qui vient.


Les extraits des homélies de Frère Christian sont tirés de « L'autre que nous attendons »

Pauvreté, à ne pas confondre avec la misère
Frère Luc : La pauvreté ne mène pas nécessairement à l'amour, mais l'amour vrai mène toujours à la pauvreté.

Frère Christophe : Ce qui a lieu ici c'est une histoire cachée, c'est jeu d'amour ou rien du tout

Frère Luc :
La pauvreté matérielle est une situation économique et non une vertu.

Elle peut cependant être choisie :
Frère Christian : Tristesse d'un monde tellement replié sur lui-même que les pauvres sont dépouillés de cette richesse que l'Evangile leur reconnaît : être libres pour l'au-delà de ce que le monde peut donner, échapper à la mort des biens de consommation pour témoigner déjà d'un vivre autrement qui fait de l'homme un maître et non pas un esclave des biens matériels, savoir qu'un morceau de pain peut contenir tout l'amour de l'homme, tout l'amour de Dieu. Redoutable mission de la pauvreté évangélique appelée à évoluer parmi les instincts du monde, avec l'instinct d'un Dieu qui se donne en donnant.

Rappelons-nous les images du film « Des hommes et des dieux » elles évoquent la pauvreté choisie par les moines : la modestie des locaux, la simplicité... Qui se sert encore d'ustensiles de cuisine en vulgaire aluminium, sinon quelques pauvres ?

Pas de misère : ils cultivent le jardin pour en partager les fruits avec les voisins, ils possèdent voiture et téléphone nécessaires à leur travail et à leurs relations. Biens mis au service de tous : frère Jean-Pierre emmène à la ville la femme qui a besoin d'être photographiée, les « frères de la montagne » viennent utiliser le téléphone...

Pauvreté apprise auprès des pauvres
Frère Christian : Cela nous aide d'avoir sous les yeux le comportement de nos voisins qui est globalement celui des gens modestes et religieux. Ils savent pratiquer le partage. la relation et l'hospitalité comptent beaucoup pour eux. Nous nous y exerçons aussi en recevant souvent des leçons.

Pauvreté, indispensable pour la solidarité
Frère Christian : Impossible de prétendre chercher la paix si on ne va pas en pauvre à la rencontre des pauvres.

Pauvreté de Dieu
Frère Luc
: La première disposition pour entendre la parole de Dieu, c'est la pauvreté. Quand l'homme se vide, il y a place en lui pour l'action de Dieu.

Frère Christophe :
Je voudrais être pris par ton mouvement de vie donnée.
Les auteurs du film l'ont choisi : lorsque le dénouement approche, dans la salle du chapître, frère Christian explique : « J'ai souvent repensé à ce moment-là quand, Ali Fayatta et ses hommes sont repartis : après leur départ, ce qu'il nous restait à faire c'était à vivre et la première chose à vivre c'était à célébrer la vigile de la Messe de Noël, c'est ce que nous avions à faire et c'est ce que nous avons fait, et nous avons chanté Noël, accueilli cet enfant qui se présentait à nous absolument sans défense et déjà menacé. »
Pauvreté de Dieu, elle habite les pauvres de cœur, elle se voit dans les choix de vie
Frère Christian : « Pauvres de cœur » c'est-à-dire ceux dont la joie est d'accueillir et de partager aussitôt tout ce qu'ils ont et tout ce qu'ils sont, sans en rien retenir pour eux-mêmes car tout cela, ils le savent est don de l'Esprit-Saint.

Pauvreté de celui qui dépend de ceux qui exercent le pouvoir.
Leur "richesse" : « Ma vie on ne me la prend pas, c'est moi qui la donne » (Jean 10, 18)
Le wali communique aux frères Christian et Jean-Pierre la volonté des pouvoirs publics de les voir quitter le pays, » Ali Fayatta exige : « Vous n'avez pas le choix » -
Au Wali Christian répond : « Vous savez bien que personne d'autre que nous peut nous décider à quitter ce pays. » et à Ali Fayatta, la nuit de Noël, il avait répondu : « Si,  j'ai le choix ».
Frère Luc ose s'opposer à l'armée qui vient au dispensaire faire une vérification de papiers.

Pauvreté de celui qui n'est pas sûr de savoir ce qu'il faut faire

Frère Christian : « Que faut-il que je fasse ? » La question du pauvre qui s'y est mal pris pour bien faire, qui ne sait ce qu'il faut faire s'il ne le reçoit.
Tant qu'il y aura une douleur à partager dans le monde, vous serez là, compagnons de la nuit et du doute, de la veille et des larmes.

Frère Luc : Notre pauvreté sera faite de nos quotidiennes désinstallations dans la joie. Incertitude du lendemain, qui réclame une très grande confiance en Dieu.

Pauvreté de celui qui ne craint pas d'avouer ses peurs, ses limites, ses faiblesses,
Pauvreté de celui qui a besoin de l'autre pour être lui-même
Frère Christian :
Ne pas prétendre à toutes les qualités : le feu ne sera pas exaucé s'il demande la fraîcheur de l'eau. Attitude de pauvreté qui dépend de l'autre pour être.

La violence règne : assassinat des Croates, meurtres évoqués par le voisin, barrages sur la route, assassinat de Ali Fayatta... La route est barrée, frère Jean-Pierre ne peut se rendre au marché...
Les moines sont éprouvés par ce climat de danger, de tension... par la visite des terroristes : ils ont dit qu'ils reviendraient.
Devons-nous rester ou partir ? Questionnement vécu dans l'échange avec les voisins, tous sont troublés.
La question n'a pas de réponse évidente. Elle est reprise plusieurs fois en communauté.
Elle est vécue en solidarité avec le peuple algérien, « Appelés à vivre ici avec ce peuple qui a peur.» 
« notre protection, c'est vous »
Ils prient :« Comme une terre assoiffée, nous voici devant toi, Seigneur »
« O Père des lumières, Lumière éternelle - Et source de toute lumière, Tu fais briller au seuil de la nuit  - La splendeur du Ressuscité :
Nous n'avons plus besoin de lune ou de soleil  Nous avançons à la lumière de l'Agneau ! »
Dans le film les moines ne cachent pas leurs fatigues, leurs questionnements, leurs troubles...
« C'est le principe même de la communauté qui est remis en question dans ton attitude » fait remarquer frère Jean-Pierre à Christian. Celui-ci consent alors à ce que chacun s'exprime.
Frère Luc en parlant de frère Amédée : « Heureusement que je l'ai » (pour m'aider)

 

 

 

 

 

 




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