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La fête de l'amitié
Homélie, frère Didier Tamié

Le 29 juillet l'Eglise fête sainte Marthe. La famille cistercienne fête ce jour-là, Marthe, mais aussi Marie, sa sœur et Lazare leur frère... ensemble... A travers ces amis de Jésus, cela fait de ce jour une fête de l'amitié !

Evangile selon saint Luc, 10, 38-42
Alors qu'il était en route avec ses disciples, Jésus entra dans un village. Une femme appelée Marthe le reçut dans sa maison. Elle avait une sœur nommée Marie, qui, se tenant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole. Marthe était occupée par les multiples occupations du service. Elle intervint et dit : "Seigneur cela ne te fait rien ? Ma sœur me laisse seule à faire le service. Dis-lui donc de m'aider.!" Le Seigneur lui répondit : "Marthe, Marthe, tu t'agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part : elle ne lui sera pas enlevée." 

L'Évangile tout entier est une terre d'amitié…
Le passage d'aujourd'hui nous le rappelle… comme les larmes de Jésus au tombeau de Lazare…
Mais, vous le savez, ça commence avec le tout petit Jean-Baptiste qui gigote dans le ventre de sa mère à l'arrivée de Jésus, lui aussi tout petit dans le ventre de sa mère,… Jean-Baptiste qui se définira lui-même, plus tard, comme l'ami qui tressaille de joie à la voix de son Ami….
Et ça va jusqu'à l'autre bout de l'Evangile avec le « M'aimes-tu ? »… et le « Tu sais bien que je T'aime ! » de Pierre à Jésus.
C'est sûr, si l'on suit la route de l'amitié tout au long de l'Évangile, on va devenir l'ami de Jésus, et l'on va se faire, avec Jésus, de nombreux amis,… en particulier parmi les disciples, surtout avec les Apôtres… L'amitié que Jésus partage avec ses Apôtres m'impressionne beaucoup…
Depuis la tendresse partagée avec saint Jean… jusqu'à la force de son amitié inconditionnelle, je dirais même obstinée pour Judas… Au moment même où le traître va le livrer, il l'appelle « mon ami »… Et lui, Jésus, il va livrer sa vie pour lui… comme pour chacun de nous… car « il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis »… Il y a même dans le désespoir de Judas, quand il prend conscience de la folie d'avoir trahi son ami, un témoignage bouleversant d'amitié…
Les amitiés qui nous sont données de vivre au quotidien, dans l'Évangile que nous essayons d'écrire au jour le jour de nos vies, sont effectivement en général des grâces d'Évangile, mais peut-être faut-il les évangéliser davantage… Il faut veiller à la saveur d'Évangile de nos amitiés… Ont-elles la qualité d'écoute de Marie aux pieds de Jésus,…
Est-ce qu'on y communie à l'Amour infini de Dieu notre Père, comme avec Jésus qui appelle ses Apôtres « mes amis » parce qu'il leur a confié tout ce qu'il connaissait lui-même de son Père…
Gratuité,… écoute attentive,… élan du don,… recueillement d'amour en Dieu notre Père,… cœur universel,… un amour d'amitié que nous pouvons puiser en chaque eucharistie, que nous pouvons recevoir du Cœur même de Jésus, notre Ami, l'Ami de tous…
Un amour qui peut faire de nos vies, de véritables et bienheureuses eucharisties


29 juillet 2011,

Le grenier vous invite lesanes

à   pratiquer  l'

  

L'amitié spirituelle
Aelred de Rievaulx

La source et l'origine de l'amitié c'est l'amour,
        car l'amour peut exister sans l'amitié
       mais l'amitié sans l'amour, jamais !
(3,2)


Un ami c'est comme un gardien de l'amour
       ou, selon d'autres avis, un gardien de l'âme elle-même ;
car mon ami doit être le gardien de notre amour mutuel
ou plus exactement le gardien de mon âme elle-même,
       de sorte qu'il en préserve tous les secrets par son silence à toute épreuve,
                      qu'il soigne le mieux possible et suppor  te ce qu'il verra en elle de défectueux,
                      qu'il se réjouisse avec son ami qui est dans la joie,
                      qu'il s'attriste avec lui quand il est dans la peine
                 et qu'il considère comme sien tout ce qui concerne son ami
(1,20)

« Un ami est un baume de vie » (Si, 6,16).
Car il n'y a pas de remède plus énergique, plus efficace, plus excellent pour toutes nos blessures présentes que d'avoir quelqu'un qui vient compatir à toutes nos difficultés et se réjouir avec nous de nos réussites. (2, 12)

Malheur à qui est seul ; s'il vient à tomber, il n'a personne pour le relever. »
(Qo 4.10)
        C'est être absolument seul que de ne pas avoir d'ami.
Par contre, quelle joie, quelle sécurité, quel charme d'avoir
       quelqu'un à qui tu oses parler comme à toi-même,
                         à qui tu ne crains pas d'avouer tes fautes,
                         à qui tu peux dévoiler sans rougir tes progrès spirituels,
                         à qui tu confies tous les secrets et les projets de ton cœur.
(2,11)

Qu'il est profitable de s'attrister l'un pour l'autre,
                                 de peiner l'un pour l'autre,
                                 de porter les fardeaux l'un de l'autre.
Chacun met son plaisir à s'oublier pour l'autre,
                                         à préférer la volonté de l'autre à la sienne propre,
                                         à subvenir aux besoins de son ami plus qu'aux siens propres,
                                         à s'exposer pour lui aux difficultés et à les affronter.
Quel charme de s'entretenir ensemble,
                        de se dévoiler mutuellement ses goûts personnels,
                        de tout examiner à deux et de tomber entièrement d'accord sur tout !
(3,132)

Que nous fassions une démarche,
que nous nous appliquions à quelque chose,
que nous soyons dans la certitude ou le doute,
en n'importe quelle circonstance, dans la bonne ou la mauvaise fortune,
                                          l'amitié est bienfaisante,
                                              l'ami indispensable
                                         et la sympathie profitable
en secret et en public, dans les décisions à prendre,
à la maison aussi bien qu'au-dehors, partout et toujours,
(2,13)

Quatre réalités font spécialement partie de l'amitié :
la dilection et l'affection, la sécurité et l'agrément.
Les bienfaits échangés avec bienveillance se rapportent à la dilection ;
la délectation intime qui en découle se rapporte à l'affection ;
dévoiler tous ses secrets et ses projets, sans crainte ni suspicion, concerne la sécurité ;
partager amicalement les événements joyeux ou tristes, les pensées nuisibles ou utiles,
tout ce qu'on a entendu dire ou ce que l'on a appris soi-même, concerne l'agrément.
(3,51)

Tu ne pourras connaître la saveur de la véritable amitié que si tu reportes sur autrui l'élan d'affection que tu as pour toi-même, aimant ton ami gratuitement, en sorte que ce soit pour lui-même qu'il ait du prix à tes yeux.
(3,69)

Rien n'est plus important en amitié que la fidélité qui est sa nourrice et sa gardienne.
Elle se montre égale à elle-même dans l'adversité et la prospérité, dans les joies et les tristesses, dans les choses agréables et celles qui sont pénibles ;
elle regarde du même oeil le petit et le grand, le pauvre et le riche, le fort et le faible, le bien portant et le malade.
(3,62)




 

 

 

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