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Que sans mesure je te désire
Prière, Gilbert de Hoyland

Seigneur, c'est toi qui donneras, Et ce que tu donneras c'est toi-même : « Ma part, c'est le Seigneur ». Pourtant que donneras-tu en fait de mesure, toi qui es grand et sans limites ? Verses tu l'huile en fonction de la capacité du récipient ? Mais alors, pourquoi parles-tu d'une mesure débordante ? Est-ce parce que tu verses plus que nous pouvons contenir ? Car même en faisant tous nos efforts pour nous agrandir et ainsi te saisir, non : nous ne te comprenons pas totalement. Puissant est Dieu pour faire au-delà de ce que nous demandons et concevons ; combien plus, ce qu'il est lui-même, et qui n'a pas été créé, dépasse-t-il la mesure de notre appétence et les limites de notre intelligence !

« Voici, dit-il, je descends vers eux comme un fleuve de paix, comme un torrent débordant de gloire.» Un homme pourra-t-il absorber le fleuve dont le cours réjouit la cité de Dieu ? épuiser le Jourdain en l'avalant tout entier ? Vraiment, Seigneur, en toi nous ne sommes pas à l'étroit, tu donnes à profusion : ce que tu donnes ne se limite ni à un nombre restreint, ni à peu de choses ; tu donnes sans avarice ni à contre-cœur ; tu préviens les mérites, tu dépasses les souhaits. En toi nous ne sommes pas à l'étroit, c'est en nous-mêmes que nous sommes à l'étroit. En possession de si grandes promesses, dilatons-nous pour désirer, en vue de nous dilater pour obtenir.

Toi, Seigneur, réalise toi-même cette dilatation par le jaillissement paisible et léger de ta largesse  : j'ai, en effet, couru dans la voix de tes commandements lorsque tu as dilaté mon cœur. Oui, toi qui déploies le ciel comme une tente, déploie avec douceur l'enveloppe de mon cœur, vieillie et rétractée par son inertie. Efface ses rides, supprime ses renflements, dilate sa capacité d'accueil : que sans mesure je te désire, que sans mesure je te saisisse, que cette sainte convoitise fasse grandir ma capacité de te recevoir. De la sorte, grâce au léger avant-goût de cette expérience, l'élan de mon affection s'envolera déjà là où la foi le persuade de tendre. Ma brûlante ardeur n'attendra pas l'impulsion de ma raison, l'attente de mon ardent désir et de mon espérance humblement fervente l'entraînera.
Gilbert de Hoyland, traité 2,§ 4-5


Le grenier vous invitebourgeon

à aviver le

Je te cherche
Prière, Guillaume de St-Thierry

Ô vérité, je sais que je te cherche, mais est-ce que je te cherche pour de vrai, je ne le sais.
Mon coeur est impatient de toi : je recherche ton visage, je cherche ta face par le secours de toi-même ; à la fin ne la détourne pas de moi.
Seigneur, je me tiens donc devant toi comme un pauvre, mendiant et aveugle, tandis que tu me vois, moi qui ne te vois pas. La poitrine pleine de ton désir, je m'offre à toi tout entier, moi et tout ce que je suis, tout ce que je peux, tout ce que je sais ; je t'offre aussi le fait même que je languis après toi et défaille.
Mais où te trouver je ne le trouve pas.
Guillaume de St-Thierry Oraisons méditatives 3,3

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