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Miséricorde : du latin : miseria cor.
Soit, cœur sensible à la misère.

D'où pour ouvrir cette page du florilège cistercien
ce poème de frère Christophe de Tibhirine,
cité dans « Aime jusqu'au bout du feu »


Ton Cœur

d'âge en âge    
Miséricorde
me  tient   à   cœur

                     Jésus

ton cœur   où    m'enrichir
à      l'infini        de       toi

ton cœur   où     tout  s'arrange
avec toi

ton cœur   où  je   dispose
de      toute    grâce

ton cœur   où   s'aventure
ma  vie    en    toi

ton    cœur    Jésus
nul  autre   abri
pour  mon     trésor

Amour    et      j'en suis sûr

Qui est digne de miséricorde ?
Sermon sur le Cantique, st Bernard de Clairvaux

Toute âme

- même chargée de péchés, enveloppée de vices, captivée par les plaisirs,
prisonnière en son exil, incarcérée dans son corps, enlisée dans la boue, plongée dans la vase,
attachée à ses membres, clouée à ses soucis, accablée d'affaires, paralysée par ses craintes,
égarée sur une fausse route, rongée d'inquiétudes, agitée par les soupçons ;

enfin, étrangère en pays ennemi, selon la parole du prophète, « souillée avec les morts, comptée parmi ceux qui sont en enfer » (Bar 3, 11)

- toute âme, dis-je, même ainsi damnée et désespérée, peut cependant trouver en elle-même non seulement de quoi respirer dans l'espérance du pardon et de la miséricorde,
mais aussi l'audace d'aspirer aux noces du Verbe, de conclure sans peur un traité d'alliance avec Dieu,
de porter sans crainte avec le Roi des anges le joug aisé de l'amour.

Oui, c'est pour cela que Dieu Créateur lui-même a voulu que cette marque de notre noblesse divine soit toujours conservée dans l'âme,
afin qu'elle ait toujours en elle-même cette empreinte du Verbe
qui l'engage à demeurer avec le Verbe,ou a revenir si elle s'en est écartée.

elle ne s'en écarte pas en changeant de lieu ou en marchant. Mais, comme il appartient à une substance spirituelle, elle s'en écarte lorsque, par ses sentiments, ou plutôt par ses manquements, elle tombe plus bas qu'elle-même ; lorsque, par la dépravation de sa vie et de ses mœurs, elle se rend dissemblable à elle-même et se pervertit.
Le retour de l'âme, c'est sa conversion au Verbe, pour qu'il la reforme et la rende à lui-même.
En quoi ? En l'amour.

Car il est dit : « Soyez des imitateurs de Dieu, comme des enfants bien-aimés, et marchez dans l'amour, comme le Christ lui aussi vous a aimés ». (Eph 5, 1-2)

Sermon sur le Cantique n°83 § 2

Le grenier vous invite

à  accueillir la

Exigence de miséricorde
Frère Christophe à Tibhirine

Ces hommes qui ne sont pas en faute
                            eux qui observent la loi du Christ dans la
liberté donnée par l'Esprit - ils suivent le Fils de l'homme qui est
plus grand que le temple, qui est maître du sabbat (Mt 12, 8)
désormais c'est en Christ
qu'il faut comprendre le sabbat
comme une ouverture de l'homme à la Miséricorde, et
donc comme une exigence de miséricorde

        le respect du sabbat ne doit pas entraîner
l'affirmation du « juste » dans une soumission à la loi mais
conduire l'homme à reconnaître l'Amour Créateur
                          à ADORER

casuistique :    est-il permis de faire une guérison le jour du sabbat (12, 10)
                             (permis ou interdit)
charité :          il est permis de faire le bien le jour du sabbat (12,12)
                             (Jésus me permet de faire le bien en me
libérant de l'emprise aliénante de la loi qui accuse l'homme)
               désormais   je suis guéri
               pour pouvoir           de mes deux mains
                                            faire le bien
                                            accomplir la Miséricorde
                     et recevoir Miséricorde

Cité dans « Lorsqu'un ami me parle » commentaire biblique.

Miséricordes en Jésus-crucifié
Sermon sur le Cantique, de st Bernard de Clairvaux :

Saint Bernard dans un des cantiques commente le verset : « Mon bien-aimé est pour moi un bouquet de myrrhe » (Ct 1, 12)

Pour moi, frères, dès les débuts de ma vie monastique, sachant bien le tas de mérites qui me manquaient, j'ai pris soin de lier pour moi ce bouquet. Ce bouquet se compose de toutes les souffrances et amertumes de mon Seigneur.
D'abord les besoins de son enfance, puis les labeurs qu'il a endurés dans la prédication, la fatigue de ses marches, ses veillées de prière, ses tentations durant le jeûne, ses larmes de compassion, les embûches qu'on lui tendait dans les discussions.
Enfin les « dangers des faux-frères » (2 Cor 11, 26), les outrages, les crachats, les soufflets, les moqueries, les huées, les clous…
Certes, parmi tous ces rameaux de myrrhe odoriférante, je me suis bien gardé d'oublier cette myrrhe dont il fut abreuvé sur la croix, et non plus celle dont il fut oint lors de son ensevelissement. Par la première il prit sur lui l'amertume de mes péchés ; par la seconde, il inaugura l'incorruptibilité future de mon corps.
Tant que je vivrai, « je célébrerai la mémoire de cette abondante douceur » (Ps 144, 7) de grâces ; jamais je n'oublierai ces miséricordes « car c'est en elles que j'ai trouvé la vie » (Ps 118, 93).
C'est là que je puise tantôt le breuvage d'une salutaire amertume, tantôt l'onction d'une douce consolation. Voilà ce qui me relève dans les échecs, me modère dans les succès. Voilà ce qui vient habituellement sous ma plume, comme on peut le voir. Voilà ma philosophie la plus sublime ici-bas : « connaître Jésus et Jésus crucifié » (1 Cor 2, 2).

Sermon sur le cantique n° 43 (§ 4)

Supplication
Sermon sur le Cantique Gilbert de Hoyland

Serait-ce, Seigneur, que tu trouves de l'agrément à tourmenter par un tel délai une âme misérable, et à rire des peines que ressent celle qui te chérit et te cherche ?
Si ta gloire te retire au loin, que ta miséricorde t'incline vers moi.
A défaut de bonté pour la bien-aimée, montre du moins de la pitié pour l'affligée. Affligée et humiliée, je l'ai été par trop, et le gémissement de mon cœur me fait rugir en moi-même : je ne l'ai pas trouvé.
Oublie quelque peu ta gloire pour te souvenir de ta miséricorde.


sermon n° 3, § 2

Miséricorde et foi
Sermon pour la purification, Guerric d'Igny

Faisons preuve de condescendance envers les gens faibles et délicats ! S'ils n'ont point de larmes, s'ils détestent le labeur, s'ils ne savent pas supporter la tribulation, vont-ils encore trouver une excuse devant l'affirmation de Salomon :
« Par la miséricorde et la foi les péchés sont purifiés » (Prov 15, 27) ?
Qu'y a t-il de plus doux que la miséricorde, de plus agréable que la foi ?
La première est une huile pour les membres ; l'autre une lumière pour les yeux. la première est onction pour le cœur ; l'autre clarté pour les yeux et direction pour les pas, afin qu'à sa lumière tu te diriges dans les ténèbres, afin que tu contemples l'invisible et médites ta béatitude à venir, déjà possédée d'avance en esprit.
Par ailleurs, il est juste que les péchés soient dits purifiés « par la miséricorde et par la foi » car la miséricorde donne du sien pour payer les dettes, tandis que la foi obtient gratis le pardon, sans même les œuvres.
Le prophète dit en effet au sujet de la miséricorde : « Rachète tes iniquités par tes œuvres de miséricorde envers les pauvres »(Dan 4,24), et le Seigneur des prophètes : « Faites l'aumône, et tout est pur pour vous » (Luc 11,41). Mais de la foi l'Apôtre dit : « Il purifie leurs cœurs par la foi » (Ac 15, 9) et le Seigneur des apôtres : « Va , ta foi t'a sauvé » (Mt 10,52).

Sermon 4 § 5

Miséricorde et jugement
Sermon sur le Cantique, st Bernard de Clairvaux

Il ne convient pas que je laisse de côté ces pieds spirituels de Dieu, que l'homme repentant doit d'abord baiser spirituellement. Il ne faut donc pas négliger, comme une chose futile d'apprendre quels sont ces pieds de Dieu dont l'Écriture fait si souvent mention. En effet, elle le représente tantôt immobile, comme en ce passage : « Nous nous prosternerons en ce lieu où ses pieds se sont arrêtés » (Ps 131, 7) ; tantôt en mouvement, comme en cet autre : « Et j'habiterai au milieu d'eux, et je me promènerai parmi eux » ( 2 Cor 6, 16) tantôt même en courant, d'après ceci : « Il s'est élancé comme un géant pour courir son chemin ». Si l'Apôtre a eu raison de rapporter la tête du Christ à la divinité, (cf 1 Cor 11, 3), je crois que nous pouvons aussi, sans inconvenance, rapporter les pieds à l'homme et nommer l'un Miséricorde et l'autre Jugement. Vous connaissez ces deux mots et, si vous y réfléchissez, vous vous souviendrez qu'on les rencontre, l'un et l'autre, associés en de nombreux endroits de l'Écriture. L'épître aux Hébreux atteste que le Christ « a été tenté en toutes choses à notre ressemblance mais sans péché, pour devenir miséricordieux » (Hébr 4, 15. 2, 17) Cette épître enseigne donc que Dieu a vraiment assumé le pied de la miséricorde dans la chair à laquelle il s'est uni. Et que dire de l'autre pied, dénommé jugement ? L'Homme-Dieu lui-même ne montre-t-il pas sans équivoque que ce pied appartient lui aussi à l'homme qu'il a assumé ? Car il atteste que « le Père lui a donné le pouvoir d'exercer le jugement, parce qu'il est le Fils de l'homme ? ».

Heureuse l'âme, où le  Seigneur Jésus a, une bonne fois, planté ses deux pieds ! A deux signes vous pouvez reconnaître l'âme ainsi marquée par les empreintes divines, deux signes qu'elle doit nécessairement porter en elle. Ce sont Crainte et Espérance : Crainte met devant nous Jugement ; Espérance, Miséricorde. A juste titre, « Dieu met son plaisir en ceux qui le craignent et en ceux qui espèrent sa miséricorde » Car « la crainte est le commencement de la sagesse » (Ps 110, 10) et l'espérance en est le progrès ; quant à son achèvement, la charité se le réserve. C'est ainsi qu'un fruit non négligeable réside dans le premier baiser, qui est déposé sur les pieds. Veille seulement à n'être frustré ni du jugement, ni de la miséricorde. Il importe de ne pas baiser un pied sans l'autre ; parce que le souvenir du seul jugement enfonce l'âme dans le gouffre du désespoir, tandis que la fausse confiance dans la miséricorde engendre une dangereuse sécurité.

A moi aussi misérable, il a été donné de m'asseoir parfois aux pieds du Seigneur Jésus et d'embrasser tantôt l'un, tantôt l'autre, avec une ferveur immense, dans la mesure où sa bonté daignait me le permettre. Mais s'il m'arrivait d'oublier la miséricorde, percé de remords, et de m'appliquer un peu trop longtemps à la pensée du jugement, aussitôt j'étais abattu par une peur incroyable, couvert d'une pénible confusion, plongé dans une frayeur ténébreuse. Tout tremblant, je ne pouvais que crier du fond de l'abîme, (Ps 129,1)

« Jamais je n'oublierai les œuvres de justice » (Ps 118,93) : l'une et l'autre ensemble « seront mon chant sur la terre de mon exil » (Ps 118, 54) jusqu'à ce que « la miséricorde soit exaltée au-dessus du jugement » (Ja 2,13) et que ma misère se taise. Alors, seule ma gloire te chantera désormais et il n'y aura plus en moi d'affliction » (Ps 29,13).

S'il m'arrivait au contraire de laisser là le jugement et de m'attacher davantage au pied de la miséricorde, je me relâchais dans une insouciance et une négligence telles que bientôt la prière devenait plus tiède, l'action plus indolente, le rire plus prompt, la parole plus inconsidérée. Bref, l'état de tout l'homme intérieur et extérieur, apparaissait plus précaire. Dès lors, instruit par les leçons de l'expérience, « je chanterai pour toi Seigneur », non pas le jugement seul, ou la seule miséricorde, mais « la miséricorde et le jugement » (Ps 100, 1) ensemble.

Sermon 6, § 6, 8, 9.

La source de la miséricorde
Sermon sur le Cantique, st Bernard de Clairvaux

A l'évidence il se trompait celui qui dit : « Mon iniquité est trop grande pour que je puisse mériter le pardon » (Gn 4, 13).

Pour ma part, ce qui me manque en moi, je le puise hardiment pour moi dans les entrailles du Seigneur, car elles débordent de miséricorde, et les trous ne manquent pas, par où cette miséricorde peut se répandre. « Ils ont percé ses mains et ses pieds » (Ps 21, 17), ils ont transpercé « son côté d'un coup de lance » (Jn, 19, 34) par ces ouvertures il est loisible « de recevoir le miel du rocher et l'huile de la pierre très dure » (Dt 32, 13), c'est-à-dire « de goûter et de voir combien le Seigneur est doux » (Ps 33, 9) « Un fer a transpercé son âme » (Ps 104 18) et « s'est approché de son cœur » (Ps 54, 22) pour qu'il sache désormais « compatir à mes faiblesses ».

Ainsi mon mérite c'est la compassion du Seigneur. Je ne serai certes pas à court de mérite tant que le Seigneur ne sera pas à court de compassion. Si les miséricordes du Seigneur sont abondantes, je suis également pourvu de mérites en abondance.
Mais qu'en sera-t-il, si je suis conscient de nombreux péchés ? « Là où les péchés ont abondé, la grâce, elle, a surabondé » (Ro 5, 20). Et si « les miséricordes du Seigneur sont de toujours à toujours » (Ps 102, 17), je chanterai moi aussi la miséricorde du Seigneur pour toujours.


Sermon sur le Cantique n°61 § 4- 5

Confiance  en la miséricorde
Oraisons méditatives   Guillaume de St-Thierry

Si j'ai fait quelque bien, il est tien : je te le remets ; tu me le rendras au moment de ton bon plaisir.
Les maux que j'ai faits sont miens.

Voici en ta présence ma face dont le nom est misère, devant ta face, ô souveraine miséricorde.
Je ne te cache pas ses angles cachés et ses recoins ; tu le sais, ô vérité, et je te prie que ce soit à tes yeux la vérité.
En effet je ne crains personne autant que moi-même, qui pourrais, sciemment ou inconsciemment, m'abuser moi-même.

Telle est ma face tournée vers toi, celle de ma grande misère et de ma grande cécité.
Oui, il arrive que tes consolations quelquefois réjouissent mon âme : je sais cependant qui je fus, mais maintenant je ne sais pas ce que je suis, j'ai demandé au Seigneur une seule chose ; je la demande encore : de même que la face de ma misère tournée vers toi est anxieuse, de même, que vienne de plus en plus briller sur moi la face de ta miséricorde, jusqu'à l'entier anéantissement de toute ma misère et de tout mon aveuglement.

Oraisons méditatives : 12,2 ; 9,13 ; 8,1

Prévenu par la miséricorde
Sermon sur le Cantique, Gilbert de Hoyland

Il commente le Cantique des cantiques, « J'ai trouvé Celui que chérit mon âme » (Ct 3, 4)

« J'ai trouvé, je l'ai trouvé », dit-elle, lui qui le premier m'a cherchée comme une brebis errante, comme une drachme perdue, et qui m'a trouvée : sa miséricorde m'a prévenue.
Oui, dis-je j'étais perdue, et lui le premier s'est mis à ma recherche, j'étais sans aucun mérite, et il m'a prévenue. Il m'a trouvée dans mon errance, il m'a prévenue dans ma désespérance ; il m'a trouvée en train de le renier, il m'a prévenue alors que je manquais de confiance ; il m'a trouvée en m'indiquant qui j'étais, il m'a prévenue en me ramenant chez lui ; il m'a trouvée égarée dans les erreurs ; il m'a prévenue, vide que j'étais alors des dons de la grâce. Il m'a trouvée pour que ce ne soit pas moi qui le choisisse, mais lui ; il m'a prévenue pour être le premier à aimer. Ainsi donc, choisie et aimée que je suis, cherchée et acquise, trouvée et prévenue, comment ne mettrais-je pas toutes mes forces, dans l'élan de mon affection, pour l'aimer et le chercher ? Le chercher jusqu'à ce que, exaucée dans mon vœu, je puisse pousser ce cri de joie : « J'ai trouvé Celui que chérit mon âme ».

Sermone 8, § 8

 La miséricorde est patiente
Chistian de Chergé

La patience de Dieu temporisant à longueur de temps à l'égard des vases de colère que nous sommes (Ro 9, 22) est identiquement celle qui sollicite à longueur d'existence la conversion de chacun de nous sans jamais désespérer de voir porter du fruit à la semence de sa bonté qu'il a jetée en chaque créature. Le Seigneur use de patience envers vous, voulant que personne ne périsse (2 P 3, 9).
Et c'est un réflexe de conversion qui pousse le psalmiste à invoquer sur lui la miséricorde de Dieu au nom de sa patience : Le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d'amour : il n'est pas jusqu'à la fin en procès, il ne garde pas sa rancune pour toujours (Ps 102,8).
Patiens et multum misericors ! Ces deux noms de Dieu sont révélés conjointement à Moïse sur la montagne : Le Seigneur, le Seigneur Dieu miséricordieux, lent à la colère... (Ex 34) Ces deux noms de Dieu se rejoignent aux deux extrêmes de la litanie des 99 plus noms de Dieu : ar-rahman pour commencer... et tout s'achève par ar-rahim. Dieu inclus tout entier entre sa miséricorde et sa patience.
Mais vis-à-vis de lui-même, Dieu n'a besoin ni de miséricorde ni de patience. Qui exercerait sa patience au sein de la Trinité ? De même que la miséricorde est l'expression ajustée aux pécheurs de l'Amour qui est en Dieu, de même la patience est l'expression de l'Eternel s'incarnant dans la succession du temps pour triompher de notre inconstance. Une goutte d'eau dans la mer, un grain de sable, telles sont les quelques années de l'homme devant Dieu. C'est pourquoi le Seigneur est patient à l'égard des hommes et déverse sur eux sa miséricorde (Si 18, 9-11)

Chapitre du mercredi 18 décembre 1985, cité dans « Dieu pour tout jour »

 

 

 

 

 

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Il nous montre le chemin de la miséricorde
Bernard de Clairvaux selon Walter Kasper

Au cours du Carême de l'année 2012, le cardinal Walter Kasper a fait paraître un ouvrage : « La Miséricorde. Notion fondamentale de l'Evangile. Clé de la vie chrétienne » Dans la préface, à propos de ses recherches théologiques il écrit : « Je constatai que la miséricorde, pourtant si centrale dans la Bible, était largement tombée dans l'oubli dans la théologie systématique » D'où sa publication dans laquelle il veut ouvrir à une « culture de la miséricorde ». Dans l'évolution de la spiritualité, au cours des siècles, il cite saint Bernard de Clairvaux.

RibaltaEn consentant par miséricorde à la mort de son fils, Dieu retire sa colère et donne toute la place à la miséricorde et à la vie ; en prenant notre place en son fils, Il prend sur lui les effets du péché qui détruisent la vie pour nous réenfanter à la vie. Ce n'est pas nous qui pouvons nous réconcilier avec Dieu mais c'est lui qui se réconcilie avec nous.
Jésus donne sa vie pour la multitude. Il est l'unique et seul médiateur du salut. La substitution est exclusive dans le sens où Jésus est l'unique et seul médiateur du salut ; mais elle est aussi inclusive dans la mesure où elle nous inclut dans l'offrande de sa vie. Elle ne consiste pas à faire à notre place ce que nous pourrions ou devrions faire. Elle ne remplace pas la responsabilité personnelle de l'homme, mais elle la libère et la restaure après que le péché l'a galvaudée, elle la rend à nouveau possible et la stimule. Dans la foi nous pouvons dire avec certitude que Jésus a donné sa vie pour tous et donc aussi pour moi personnellement.
Cette certitude de foi n'est pas restée un article de foi abstrait et ne pouvait le rester. Elle a une importance existentielle pour chaque individu et pour sa relation personnelle avec Jésus. C'est chez Bernard de Clairvaux que s'expriment le mieux cette dévotion intériorisée, cette mystique et cette relation personnelle au Christ. Avec lui s'opéra un tournant : de la mystique objective des Pères il est passé à une piété plus subjective, plus intériorisée. Reprenant le Cantique des Cantiques, il l'interpréta en fonction de l'amour de Dieu, rendu visible par le cœur transpercé de Jésus. Cette piété subjective s'exprime dans le célèbre tableau où Jésus crucifié se détache de la croix pour se pencher vers Bernard et l'enserrer dans ses bras.
Celui-ci a exprimé le sens de cet événement dans la phrase : nous sommes transformés lorsque nous sommes conformés.

Nous pouvons retrouver la vie de saint Bernard dans l'histoire, des textes liturgiques et la liste des extraits de ses écrits publiés sur ce site.

Photo wikipedia commons : Francisco Ribalta, Le Christ embrassant Bernard de Clairvaux