greniertitrecroix

Le septième jour
Dans le Miroir de la charité, Aelred de Rievaulx

Le septième jour
Aucun de ces jours (de la création) n'est comparable au septième : certes, aucun élément naturel n'y fut créé, mais le repos de Dieu lui-même et la perfection de toutes les créatures y furent mises en valeur.
Voici en effet ce qui est écrit :
« le septième jour, Dieu acheva l'œuvre qu'il avait faite et il se reposa de tout le travail qu'il avait accompli (Gn 2,2).
Grand est ce jour, grand est ce repos, grand est ce sabbat ! » (1, 53)

Car ceux qui t'aiment se reposent en toi.
Là est le vrai repos, la vraie tranquillité, la vraie paix, le vrai sabbat de l'esprit. (1. 52)

Le repos de Dieu
Quant au premier jour faut-il l'appeler premier ?L'Ecriture en effet, ne l'appelle pas « premier jour » mais un jour.
Et plus loin : il y eut un soir, il y eut un matin, deuxième jour.
Et de même pour la suite.
Je pense que ces expressions indiquent la mutabilité de toutes les créatures, leur développement et leur décadence, leur commencement et leur fin.
Pour le septième jour rien de tel : il ne lui est attribué ni soir, ni matin, ni fin, ni commencement.
Le jour du repos de Dieu n'est donc pas dans le temps, il est éternel.
Ce n'est pas en travaillant qu'il a fait quoi que ce soit : il a dit, et ce fut fait.
il ne s'est donc pas reposé un certain jour seulement, du fait qu'il aurait été fatigué, puisque le jour de son repos est éternel.
Son repos est donc son éternité qui n'est autre que sa divinité.
Il n'a rien créé qui remédierait à son indigence, mais il a créé pour satisfaire sa surabondante charité. Il s'étend avec force d'une extrémité à l'autre, par sa très présente et toute puissante majesté, mais il dispose toutes choses avec douceur, toujours apaisé et apaisant dans sa très calme charité. (I, 54-55)

Elle seule est son immuable et éternel repos,
son éternelle et immuable tranquillité,
son éternel et immuable sabbat.
Car sa charité, c'est sa volonté même, c'est aussi sa bonté même ;
et tout cela n'est autre que son être.
Pour lui, en effet, se reposer sans cesse en sa douce charité, en sa calme volonté, en sa surabondante bonté, c'est être sans cesse. (1, 56)

Esprit du Père et du Fils
Cette mutuelle dilection du Père et du Fils,
ce tendre amour, cette délicieuse étreinte, cette bienheureuse charité par laquelle le Père se repose dans le fils et le Fils dans le Père,
cet imperturbable repos de l'Un et de l'Autre, cette inaltérable paix, cette éternelle tranquillité, cette incomparable bonté, cette indivisible unité, c'est ce que nous appelons l'unique Esprit de l'Un et de l'Autre, ou plutôt celui en qui l'Un et l'Autre sont Un : c'est le tendre, le tout aimable, le saint Esprit. (I 57)

Appelés au repos
Ecoutons Celui qui a dit :
« Si le Fils vous libère, vous serez vraiment libres » (Jn, 8, 36).
Lui, écoutons-le : il convoque, il appelle, avec insistance ceux qui peinent, et les invite au repos et au sabbat :
« Venez à moi, dit-il, vous tous qui peinez et êtes accablés, et moi je vous referai »
Cela, c'est comme une préparation au sabbat.
Quant au sabbat lui-même, écoutons :
« Prenez sur vous mon joug et faites-vous mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour vos âmes » (Mt 11, 29)
Le voilà le repos, la voilà la tranquillité, le voilà le sabbat !
« Et vous trouverez le repos pour vos âmes car mon joug est suave et mon fardeau léger».
Oui, ce joug est suave et ce fardeau léger : c'est pourquoi vous trouverez le repos pour vos âmes.
Ce joug n'écrase pas, il unit, ce fardeau a des ailes, non du poids.
Ce joug c'est la charité ; ce fardeau c'est la dilection fraternelle.
Ici on trouve le repos, ici, on célèbre le sabbat, ici on s'affranchit de tout travail d'esclave.
(1, 78)
Ils sont dans l'erreur ceux qui, s'ignorant eux-mêmes et ne prêtant pas attention à ce qui se passe en eux, se plaignent de l'âpreté de ce joug et du poids de ce fardeau. (1, 83)
Je sens très bien que tout ce qu'il y a en moi de tranquillité, de paix, de joie, me vient de ce joug suave,
tandis que tout ce qu'il y a de peine ou affliction, de fatigue, de lourdeur, provient des restes de convoitise, selon le monde.
Il y a d'une part, un réconfort non négligeable provenant de la suavité de ce joug, et, d'autre part, une lutte bien réelle contre la faiblesse enracinée en nous. (1, 85)

Prière
Je chercherai ce sabbat, je le chercherai si du moins tu écoutes la prière du pauvre, Seigneur, et si, du moins, tu écoutes le désir du pauvre, Seigneur, et si, l'ayant enfin tiré du gouffre de la misère et de la vase du bourbier, tu lui donnes - par l'expérience de quelques gouttelettes - de voir combien est grande l'abondance de la douceur que tu as cachée à ceux qui te craignent pour ne la révéler qu'à ceux qui t'aiment. (1, 51)

Le grenier vous invite

à risquer le

Ici, un florilège de textes sur le repos:
- Le septième jour, Aelred de Rievault
__ __ __ __ __ __ __ __

Autres florilèges
L'amitié, le baiser, la joie, la miséricorde, la prière, le silence, la tradition.
--------------------------

Liste
des extraits des écrits

--------------------------
Accueil 
- Présentation grenier - cisterciens
- contact

La pensée cistercienne : Le message : l'amour, l'Incarnation, Marie, l'existence chrétienne

Un aujourd'hui de la vie cistercienne

La liturgie

L'histoire du monachisme