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Retour à la page ouverture  PETITE HISTOIRE DU MONACHISME

QUATRIEME   ETAPE

L'EPOQUE  DU    M O Y E N - A G E   CENTRAL

Un profond bouleversement religieux et social marque cette époque.

1. L'organisation territoriale.

Le pouvoir de l'empereur est faible, il ne règne que sur les royaumes de Germanie, de Bourgogne et d'une partie de l'Italie... Il a cependant gardé le privilège de nommer les papes !
Devant la faiblesse et l'éloignement d'un pouvoir souverain, les princes, ducs et comtes vont profiter de leur autonomie. Ils vont devenir les chefs de leurs domaines : ils édifient des châteaux, forment des armées locales, battent la monnaie, organisent l'exploitation de leurs terres par des serfs ou des paysans libres, établissent les redevances, protègent et surveillent le clergé.
Tout lopin de terre appartient au souverain du lieu. Pour s'y établir il faut en obtenir le droit. Les propriétaires estiment que le fait d'établir un évêque, un curé, des moines, en leur confiant une part de leurs biens matériels leur permet de choisir ceux qui en bénéficieront. En les installant, les monarques s'assurent en plusieurs points de leur royaume ou seigneurie un « réseau de fidélité ».
En même temps, les évêques et abbés pourvus de domaines entendaient les gouverner à leur guise. Souvent issus du monde seigneurial ils rivalisaient de pouvoir avec leurs bienfaiteurs laïcs.


2. La réforme grégorienne

Hildebrand, issu d'une famille noble de Toscane est envoyé tout jeune à Rome, à l'abbaye clunisienne de Sainte-Marie sur l'Aventin. Il y est instruit. il se nourrit des psaumes ou des écrits de Grégoire le Grand, sa tendance mystique s'affirme. Moine à Cluny, il est envoyé auprès du Pape Léon IX comme légat, il le soutient dans des amorces de réforme, il est élu pape le 22 avril 1073.
gregoireIl poursuit alors ce qu'il a commencé avec ses prédécesseurs. C'est d'abord une réforme profonde de l'organisation ecclésiale.

A la mort de l'empereur Henri II, son fils n'a que six ans. En 1059 le pape Nicolas II profite de la régence pour réserver désormais l'élection du pape au collège des cardinaux.
Grégoire VII est conscient que l'inconduite des clercs provient de leur soumission aux souverains. En effet, le plus souvent, ceux-ci les désignent en fonction non pas de leur « sainteté » mais en fonction de liens de familles, d'avantages matériels, de soumissions que cette nomination pouvait leur procurer.
Il poursuit alors une réorganisation du clergé : les prêtres dépendent de leur seul évêque qui eux-mêmes sont reliés directement et uniquement au Pape. Il provoque ainsi la « querelle des investitures » : nobles et seigneurs refusent de renoncer à leur pouvoir de nommer les évêques ! Cette « querelle » prendra fin avec la décision de l'élection des évêques par les chanoines des chapitres cathédraux... en grande majorité ils étaient issus des rangs des seigneurs...

D'une façon générale ce pape entreprend de remettre en valeur des manières de vivre plus chrétiennes.


3. L'aventure de Cluny : de l'essor au déclin

L'abbaye de Cluny est fondée en 909. Elle est d'abord un modèle de réforme. Quelques maisons ont alors recours à elle pour trouver la voie d'une nouvelle discipline. A partir de 948, l'Abbé Mayeul place sous son autorité des abbayes qui avaient pris contact avec eux. A partir de 994, grâce aux dons des seigneurs, l'abbé Odilon édifie bon nombre de prieurés : ces petits établissements gèrent les paroisses dont ils tirent des revenus. La première extension s'était faite surtout dans le sud-est de la France, sous la protection du roi de Bourgogne. Elle s'étend dans toute la France, en Angleterre, dans le nord de l'Italie et en Espagne pendant le 11ème siècle. On dénombre alors 1200 maisons regroupées sous la seule autorité de l'Abbé de Cluny !

Plusieurs facteurs ont contribué à l'essor de cette abbaye. Au départ, la sainteté de la communauté engage d'autres ensembles à se relier à elle. Elle bénéficie de la protection des responsables de l'Eglise : Papes, légats, évêques, de tous ceux qui étaient acquis à la réforme grégorienne. L'organisation de toutes les maisons sous la même autorité favorise la cohérence. Des hommes de valeur y ont tenu le rôle d'Abbé.

C'est la puissance économique et politique qui a provoqué son déclin. La réputation de l'abbaye pousse ceux qui la possèdent oucluny qui l'occupent à un faste de grandeur : en 1080 commence la construction de la troisième église abbatiale qui ne sera achevée qu'en 1220, c'est alors le plus grand édifice religieux d'Occident, il mesure 187 mètres de long ! Le passage des maîtres temporels de l'abbaye n'avaient rien de recueilli, c'étaient plutôt des sortes de rencontres conviviales festives.

Les dépenses dépassent les revenus et provoquent la faillite... D'autre part depuis le 9ème siècle, en commençant par Benoît d'Aniane, des moines ont poursuivi l'accroissement de l'importance de l'office divin. Ils ont multiplié le nombre des psaumes à chanter aux divers offices. Des moines « épuisés » par ces offices avaient besoin de repos, ils ne pouvaient avoir le temps de s'adonner au travail manuel et une nourriture substantielle leur était nécessaire.

« La contradiction de Cluny : discipline stricte, office d'une émouvante ferveur, silence rigoureux, grande charité, mais greniers regorgeant de graines et les celliers de vin, nourriture substantielle avec de la viande ».

Dès la fin du 11ème siècle : l'Abbaye de Cluny n'est plus reconnue comme un modèle monastique.
Des protecteurs cessent alors leurs dons provoquant leur appauvrissement.

Les évêques qui veulent être fidèles à la réforme grégorienne lui reprochent la place que prennent certaines communautés dans la gestion des paroisses, l'ingérence des seigneurs dans la vie des abbayes, les richesses de certaines d'entre elles.

Pierre le Vénérable succède à l'Abbé contraint d'abdiquer et entreprend une réforme bénéfique.


4. Floraison spirituelle

La deuxième moitié du 11ème siècle et le début du 12ème témoignent d'un vif renouveau spirituel.
Ce mouvement intéresse toutes les régions de la chrétienté.

C'est d'abord un retour en nombre à l'érémitisme. Nombreux sont ceux qui s'adonnent à la recherche de Dieu dans la solitude, le silence, l'ascèse... des groupes recherchent un compromis entre une vie de solitaire et une prière collective.

A partir de là plusieurs ordres religieux vont voir le jour.
Ce sont les Camaldules autour de Romuald en Italie, l'ordre de Grandmont avec Etienne près de Limoges, celui des Chartreux parchartreuse Bruno, la communauté des chanoines de Prémontrés autour de Norbert à Laon... Robert d'Arbrissel, prédicateur itinérant, entraîne à sa suite hommes et femmes qu'il établit à l'abbaye de Fontevraud sous la seule autorité d'une abbesse. La règle qu'il impose est voisine de celle de saint Benoît.

En même temps s'amorce un mouvement de réforme dans des abbayes. Celle de l'abbaye de la Chaise-Dieu entraîne un conflit avec l'abbaye de Cluny dont elle dépend.

C'est dans ce mouvement de renouvellement que s'inscrit la fondation de l'ordre cistercien

Photos wikipedia commons
Le pape grégoire VII - Roter Rabe ; Reconstitution de l'abbaye Cluny III - Georg Dehio/ von Bezold ; Monastère de la Grande Chartreuse.

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