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INTERMEDE

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              2017 assise

 de Cîteaux à Assise

LE CHAPITRE GENERAL

Conscient de la nécessité des liens indispensables pour que vive la Charité entre les abbayes, Etienne Harding, convoque en 1116, les abbés des quatre premières fondations : ils inaugure une pratique qui deviendra le Chapitre Général.
Dans la Charte de Charité, premier texte juridique de l'Ordre Cistercien (12ème siècle), on peut lire :

2017     Tous les abbés de ces Eglises viendront une fois par an au Nouveau Monastère, au jour qu'ils conviendront entre eux. Ils y traiteront du salut de leurs âmes ; ils décideront de ce qui doit être redressé ou ajouté dans l'observance de la sainte Règle et des prescriptions de l'Ordre ; ils rétabliront le bien de la paix et de la charité mutuelle.  (Chapitre 7, 2)

Sur le site de l'Ordre Cistercien de la Stricte Observance (osco.org), en date du 30 août 2017, est annoncé le prochain Chapitre Général de l'Ordre. Après les précisions de lieu et de date : Assise 6 au 27 septembre 2017, nous lisons aussitôt ce passage des Constitutions actuelles de l'Ordre, (20ème siècle)

77 – Le Chapitre Général
1-Au temps fixé, tous les abbés et toutes les abbesses se réunissent ensemble ;  ils traitent alors du salut de leurs âmes et de celles des frères et sœurs qui leur sont confiés; ils prennent des dispositions si, dans l’observance de la sainte Règle ou de l’Ordre, quelque chose est à amender ou à faire croître; ils ravivent entre eux le bien de la paix et de la charité; ils œuvrent au maintien du patrimoine de l’Ordre ainsi qu’à la conservation et à l’accroissement de l’unité.

Si dans leurs différences les deux textes témoignent d'une évolution - abbés et abbesses, le salut des frères et sœurs, le maintien du patrimoine... - ils montrent que le but de ces rassemblements n'a pas changé : « la recherche du salut des âmes, le maintien du bien de la paix et de la charité »... à la manière dont saint Benoît l'a défini dans sa règle, selon les choix fondamentaux des réformateurs, Robert, Albéric et Etienne...

L'histoire nous apprend que c'est grâce à cet organisme du Chapitre Général que l'Ordre a pu, à la fois, rester fidèle à sa singularité spirituelle cénobitique, et trouver les conditions à travers lesquelles elle pouvait s'épanouir... en fonction des temps et des lieux !
Quelques évocations de ses choix dans les premiers siècles de l'Ordre...

A partir de l'année 1113 le nombre des religieux de l'abbaye de Cîteaux est devenu tellement important qu'il nécessaire de penser à fonder de nouveaux établissements. L'expansion va durer... C'est le Chapitre Général qui décidera des intégrations et du lien avec une « abbaye-mère » dont le père Abbé devient alors le « Père immédiat » de la nouvelle communauté.
Un exemple : l'ermite, Etienne de Velzot, recherche pour un groupe de quelques hommes qui sont venus le rejoindre un cadre de vie mieux défini, il s'adresse alors aux cisterciens. Le chapitre Général de 1147, approuve l'incorporation sous la « tutelle » de Cîteaux... Au contraire, ce Chapitre refuse l'intégration des chanoines réguliers de Sempringham, sans doute à cause de l'importance de cette congrégation.
Certains poursuivront cependant cette expansion dans un rapport direct de groupe à groupe, sans se soumettre à la consultation du Chapitre. En 1151 le Chapitre Général réagit, Il cherche à unifier les divers statuts écrits depuis la première forme de la Charte de Charité, ils lui donnent une forme définitive. Tout en redisant les principes fondamentaux de l'Ordre quant à l'unité spirituelle, ils donnent des principes plus précis et plus fermes pour l'observation coutumière. Ils demandent au Pape Eugène III son approbation, ce que celui-ci leur accorde.

Une des caractéristiques du « Nouveau Monastère » a été le choix d'une pratique d'une pauvreté absolue. Pour cela ses fondateurs voulaient éviter tout ce qui avait compromis certains monastères : la dépendance économique des seigneurs, l'enrichissement dû à des services d'Eglise comme l'administration de paroisses. L'ascendant spirituel de saint Bernard et d'autres abbés, le rayonnement des communautés poussent ceux qui en sont chargés à élire comme évêques des abbés cisterciens. En 1134, le Chapitre Général le tolère : les besoins de l'Eglise d'alors, leur fait choisir ce service. Ces évêques n'en demeurent pas moins des moines et ils sont astreints à poursuivre certaines pratiques monastiques telles que la récitation des Offices. Avec l'expansion de l'Ordre les appels de l'Eglise se multiplient... le Chapitre Général constatera l'établissement ce qu'il n'avait d'abord que  toléré. Sous le Pape Innocent III c'est par centaines que se comptent les missions confiées à des moines cisterciens, en 1211 le Chapitre Général supplie alors le Seigneur Pape de les épargner !
L'évolution économique durant ces décennies a été considérable. A l'origine de l'Ordre, selon la règle se saint Benoît, « Les moines doivent tirer subsistance du travail de leurs mains, de la culture des terres et de l'élevage des troupeaux ». Par la force des choses des moines deviendront marchands, d'abord par le libre échange puis en numéraires, ils obtiendront les biens qu'ils ne peuvent posséder par eux-mêmes, - par exemple le sel issu des salines de Franche-Comté -, contre leurs productions soignées, appréciées, abondantes. Ils sont pionniers dans l'évolution de l'agriculture, le travail des moulins qu'ils mécanisent, le traitement de la laine, le remplacement toits de chaumes par des tuiles... Si des établissements restent de taille modeste d'autres s'enrichissent ce qui suscite le rappel du Chapitre Général en 1180 : « Les paroles divines et les remarques des hommes nous avertissent d'avoir à réfréner avec la plus grande attention notre cupidité »

En 1245, Evrard, Abbé de Clairvaux, demande au Chapitre Général l'autorisation d'installer quelques moines dans une maison dont on lui a fait don à Paris afin qu'ils puissent suivre les cours de l'Université. Le Pape Innocent IV accorde à tous les abbés le pouvoir d'envoyer des moines faire des études de théologie à Paris ou dans d'autres écoles. Plus tard la juridiction du collège saint Bernard passera de l'abbaye de Clairvaux à celle du Chapitre Général : insertion dans les milieux « savants »

La pratique du Chapitre Général restera présente à ceux qui voudront maintenir la fidélité à Dieu, à l'Eglise et au monde selon les choix des pères fondateurs de l'Ordre, transcrits dans l'Exorde de Cîteaux et dans la Charte de Charité. L'histoire se chargera d'en multiplier les obstacles : rapport aux maîtres des nations, à l'autorité de l'Eglise, guerres, catastrophes naturelles, famines et maladies... Cette suite vous sera contée...

Pour en savoir plus, consulter le site de l'Ordre : osco.org

Une histoire mouvementée, bousculée par les événements, dont l'historien Marcel Pacaut se fait le témoin dans son ouvrage « Les moines blancs ». ces pages lui doivent beaucoup, même si d'autres ouvrages ont été consultés.

Première photo, Cîteaux, la bibliothèque, 13è-16è siècles, wikipedia commons G CHP
Deuxième photo, site OSCO

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