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Retour à la page ouverture  PETITE HISTOIRE DU MONACHISME

TROISIEME PARTIE : l'Ordre Cistercien dans l'Histoire

1. Comment vivait-on aux 11ème -12ème siècle

panier« Les moines de notre ordre doivent tirer leur subsistance du travail de leurs mains, de la culture des terres et de l'élevage des troupeaux. Dès lors il nous est permis de posséder pour notre usage personnel, des étangs, des forêts, des vignes, des pâturages, des terres à l'écart des lieux habités par les hommes qui vivent dans le siècle, ainsi que des animaux, excepté ceux qui, d'ordinaire, excitent la curiosité et étalent la vanité plus qu'ils n'apportent d'utilité, tels que cerfs, grues, et autres bêtes de ce genre. Pour exploiter, entretenir tout cela en état, nous pouvons avoir à proximité du monastère ou au loin, des granges, qui seront surveillées et administrées par les convers. » fruitsun
Exorde de Cîteaux - (voir la naissance de l'ordre cistercien)

« Pendant un siècle et demi et davantage, les cisterciens ont tenu une place importante dans les activités économiques de l'Europe. D'une façon générale et quoiqu'on en ait dit, ils n'ont pas été des innovateurs, et leur intervention dans la production n'a pas constitué une rupture par rapport aux temps antérieurs. En revanche, ils ont dynamisé les évolutions en cours, accéléré et accentué les progrès et, par là, participé de façon rigoureuse à la mise en valeur et au développement de certaines contrées.  »
Marcel Pacaut, Les moines blancs, histoire de l'ordre de Cîteaux, p. 272

 

 

Pour établir leurs premières fondations les moines cisterciens ont recherché des endroits séparés des lieux habités, terres sur lesquelles ne pesait aucune contrainte féodale. Il fallait cependant que les voies de communications, routes et rivières ne soient pas trop éloignées et surtout qu'ils y trouvent ce qui serait indispensable à leur installation et à leur survie. Ce que nous connaissons de ces fondations en France est aussi valable pour toutes les campagnes de l'Europe occidentale et centrale. A partir de ce qui paraissait être le stricte nécessaire, les propriétés s'agrandiront. D'une façon générale elles sont assez considérables, mais les disparités le sont aussi, dues au climat, aux reliefs, à la qualité des terres, à leur exploitation... Dans leurs couvents les moniales vivent les mêmes réalités économiques que les moines.

ruisseauLa première nécessité, c'était l'eau. Eau indispensable pour l'entretien de la vie, utile pour certains travaux, génératrice de la force hydraulique pour faire tourner les moulins. Les cours d'eau, très différents selon les régions, nécessitaient d'importants travaux : entretien des berges, construction de digues, nettoyage des arbres ou rochers apportés par les torrents... Des étangs pouvaient être formés à partir de la déviation d'une partie d'une rivière : on y pratiquait la pisciculture.

La forêt encore très répandue n'était jamais loin. L'exploitation des arbres fournissait les bois pour les constructions. Il servait encore pour le chauffage, la cuisine... Bien que des abbayes possédaient une forge, beaucoup d'objets ménagers et outils agricoles étaient en bois, ainsi que les chaussures ! Les fruits - noix, glands, châtaignes - étaient les bienvenus ainsi que champignons et autres productions - airelles et myrtilles - des taillis. Peu à peu s'établit une sélection d'arbres fruitiers groupés en vergers..

Proche du monastère pour en favoriser la culture et la cueillette, des terres formaient un jardin. On pouvait y récolter pois, vesces, fèves, pois chiches, choux, salades, oignons, navets... Sans oublier les plantes aromatiques et médicinales : menthe, romarin, sauge, anis, fenouil…
Les céréales, blés, orges, seigles, poussaient en des lieux plus éloignés. Comme cela était la règle en ce temps, ils pratiquaient la culture triennale : culture, jachère, entre deux quand la moisson est faite le bétail pouvait paître dans les champs, donnant un peu à la terre la fumure dont elle avait besoin.jardin

La vigne mérite une mention particulière. Son exploitation était alors beaucoup plus répandue qu'aujourd'hui. Déjà, sous le nom des granges, villages ou propriétés on trouve le nom des grands crus d'aujourd'hui, comme ceux de Bourgogne. Dans d'autres régions ce sera la production du cidre et dans d'autres pays, celle de la bière.

La plus grande réussite concerne l'élevage. Grands troupeaux de vaches laitières et de bovins. Basse-cour pour les oeufs, chevaux pour la traction.
Des sélections pratiquées dans l'élevage des ovins a permis d'obtenir les meilleures laines, surtout en Angleterre.
Les vaches fournissaient le lait et déjà s'amorçait la fabrication des fromages !
Les laines des moutons et les peaux servaient à confectionner des vêtements. Le cuir entrait aussi dans la confection de bon nombre d'objets,
Parmi les animaux n'oublions pas les abeilles: elles fournissaient le miel mais encore la cire pour s'éclairer.

A partir d'une première installation, les propriétés abbatiales s'étendent. Le travail des moines pour défricher les forêts, transformer les terres arables y contribue. S'ajoutent des donations, parfois éloignées du centre. Pour les cultiver, les moines vont s'adjoindre les convers.
Les convers sont des hommes, paysans illettrés, qui choisissent ce service, heureux de pouvoir rejoindre les religieux, de trouver auprès d'eux stabilité, estime, confiance... Ils sont liés au Père Abbé en un engagement solennel, ils promettent de lui obéir. Ils assistent à certains offices, vivent ensemble, au monastère dans un bâtiment autre que celui des moines ou dans les granges. Un vêtement les distingue des moines mais aussi des autres ouvriers.
Ces lieux que l'on appellera des granges étaient très variés en nombre, en surface, en éloignement selon les abbayes. La distance moyenne inférieure à 20 km, pouvait atteindre parfois 50 km et même plus.
Les convers habitaient une maison, la grange proprement dite. dans les dépendances on abritait du bétail, des outils, des récoltes...

Bientôt les convers n'ont plus suffi pour l'exploitation. Les moines ont employé des salariés. Des abbés avec le concours du roi et de son administration ont fait venir des paysans qu'ils ont lotis. Ils ont ainsi favorisé le peuplement et l'amélioration des conditions de vie : l'accroissement de la population plus rapide que celle des ressources augmentait les pauvretés. Autour de certaines granges se sont formés de nouveaux villages... Sur leur subsistance, il a toujours été de règle dans tous les monastères de pourvoir aux besoins des pauvres.

Par les contacts qui existaient entre les abbayes les moines échangeaient leur savoir, leurs découvertes, et pratiquement des semences, des boutures... Quand ils ont obtenu par leur travail une production supérieure à leurs besoins, ils ont réorganisé leurs propriétés. Ils ont vendu des terres, en ont confié d'autres à des gérants... Ils sont devenus commerçants : ils vendaient leurs produits et pouvaient alors acquérir ce qui leur était nécessaire et ne pouvaient fabriquer, le sel de Franche-Comté, l'encre et les parchemins nécessaires aux moines copistes par exemple. Déjà, dans les villes des magasins étaient gérés par des laïcs et des boutiques existaient à l'intérieur même des abbayes, là où on accueille des hôtes.

 

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