greniertitrecroix

TEMPS DE L'AVENT 2016

Au premier dimanche nous avons chanté avec le psaume 121 :premier
      « Dans la joie nous irons à la maison du Seigneur »

Au deuxième dimanche, saint Paul nous invite :
      « D'un même cœur, d'une seule voix, vous rendrez gloire à Dieu. »

Au troisième dimanche le prophète Isaïe proclame :
      « Le désert et la terre de la soif, qu'ils se réjouissent !
         Le pays aride, qu'il exulte et fleurisse, qu'il exulte et crie de joie
         Ceux qu'a libérés le Seigneur entrent avec des cris de fête.
         Allégresse et joie les rejoindront »  

RENDRE GRACE
Un conseil de saint Bernard :

Quand il s'agit de rendre grâce, apprends à ne pas être lent ni paresseux ; apprends à remercier pour chaque don. « Fais bien attention aux mets qui te seront servis » (Pr 23, 1), est-il dit, pour qu'aucun don de Dieu, qu'il soit grand ou modeste ou tout petit, ne soit frustré de l'action de grâces qui lui est due. L'ingratitude est un vent brûlant qui dessèche la source de la piété, la rosée de la miséricorde, les flots de la grâce.
Bernard de Clairvaux, sermon sur le Cantique n° 51, § 6

 

Au troisième dimanche, saint Jacques nous recommande : deuxieme
      « En attendant la venue du Seigneur, prenez patience. »

NOUS ATTENDONS
Christian de Chergé dit que faire en attendant.

L'attente, la terre entière sait ce que c'est. Quand elle attend la pluie parce qu'elle a soif, quand elle attend le pain parce qu'elle a faim.
Il faut marcher... vers la maison du Seigneur. ce vocabulaire de route ; le progrès : avancer, ne pas stagner.
Il faut lutter, combattre, avec les armes de la paix : non pas l'épée mais la charrue.
Il faut veiller, là où l'on est, dans le banal, dans le quotidien. C'est là que Dieu veut nous chercher, nous changer peu à peu. « Sans que nous nous doutions de rien ». L'attente conjuguée au présent. L'avènement se fait au cœur du quotidien, dans cette régularité que nous avons vouée comme notre bien propre : l'un est au champ... l'autre au moulin : rien à changer à cela. C'est là que nous utilisons ces armes pacifiques et pacifiantes : la charrue, la faucille... la casserole, le marteau...
L'enfantement est en cours, dans cette nuit, dans toutes ces nuits, comme dans celle de Noël, et que nous pouvons contribuer par nos œuvres - si banales ! - à l'enfantement de la lumière. Les bergers veillaient.
Etre prêts à ce que Dieu veut de nous, de chacun. L'un est pris, l'autre laissé...

Christian de Chergé, Fès, 3 décembre 1995, 1r dimanche de l'Avent

 

Au deuxième dimanche, le prophète Isaïe dit ce vers quoi nous allons : troisieme
« Il n'y aura plus de mal ni de corruption sur toute ma montagne sainte. »
et Jean-Baptiste recommande
« Convertissez-vous... Produisez donc un fruit de conversion. »

CONVERSION
Saint Bernard commente ce verset du Cantique des Cantiques : « Le temps de la taille est venu » (Ct 2, 12). A partir de cette image il nous dit ce que peut être la conversion.

« Le temps de la taille est venu » L'épouse est donc appelée à travailler les vignes. Qui en effet a retranché si parfaitement de lui-même tout le superflu qu'il pense ne plus rien avoir qui mérite d'être taillé ? Croyez-moi : ce qui a été taillé repousse, ce qui a été chassé revient, l'on voit se rallumer ce qui était éteint, et ce qui était en sommeil se réveille encore. C'est peu d'avoir taillé une fois ; il faut tailler souvent, ou mieux si possible, toujours. Car, si tu ne t'en caches pas tu trouves toujours à tailler. Que tu le veuilles ou non, le Jébuséen habite à l'intérieur de tes frontières. (cf 1 Jg 1, 21) : il peut être anéanti mais non exterminé. La vertu ne peut pas croître avec les vices. Pour qu'elle se fortifie qu'on ne laisse pas ceux-ci foisonner. Enlève le superflu et l'utile pourra pousser. Tout ce que tu ôtes à la convoitise s'ajoute au profit. Mettons la main à la taille. Que la convoitise soit taillée pour que la vertu s'affermisse.
Bernard de Clairvaux, sermon sur le Cantique n° 58, § 10

ATTENTE et CONVERSION
Les deux vont de pair dit saint Bernard

Mais je suis pécheur et il me reste encore un long chemin à parcourir car le salut est loin des pécheurs. Je ne murmurerai pas, pourtant ; dans l'attente je me consolerai avec le parfum. « Le juste se réjouira dans le Seigneur » (Ps 3,11) car lui expérimente par le goût ce que je sens par l'odorat. Celui que le juste contemple, le pécheur l'attend ; cette attente c'est le parfum qu'il respire. « car la création en attente, attend la révélation des fils de Dieu » est-il dit. Or, contempler, c'est goûter et voir que le Seigneur est doux. Ou plutôt faut-il dire que c'est le juste qui attend, et que celui qui possède c'est le bienheureux ? Car l'attente des justes est joie. Le pécheur lui n'attend rien. C'est bien pour cela qu'il est pécheur : non seulement il est tout occupé des biens d'ici-bas, mais il s'en contente ; il n'attend rien pour l'avenir. Il est sourd à cette voix : « Attends-moi, dit le Seigneur, au jour de ma résurrection à venir » (Soph 3, 8)
Bernard de Clairvaux, sermon sur le Cantique n° 67, § 6

RENDRE GRACES
Saint Bernard développe :finale

« Rendant grâces en toutes choses ». Tout ce que tu peux avoir de sagesse et de vertu, attribue-le « au Christ qui est vertu de Dieu et sagesse de Dieu » (1 Co 1, 24).
A propos du pharisien de la parabole (Luc 18, 9-14)
Cette action de grâces ne le rend pas plus agréable à Dieu. Pourquoi ? Parce que toutes les paroles de ferveur clamées par la bouche, ne suffisent pas à excuser l'insolence du coeur auprès de celui qui de loin perçoit tout orgueil (Ps 137, 6). Vous apercevez-vous que le pharisien, par son action de grâces, honore Dieu des lèvres, mais se rend honneur à lui-même du fond de son coeur ? Ce n'est donc pas n'importe quelle action de grâces qui est agréable à Dieu, mais celle-la seulement qui jaillit d'un coeur pur et sincère dans sa simplicité.
Qui croirait le mur s'il prétendait être la source du rayon de soleil qu'il reçoit par la fenêtre ? Si une peinture ou une écriture est digne d'éloge, il n'en faut rapporter le mérite ni au pinceau, ni à la plume. Pas davantage que l'excellence d'un beau discours ne provient de la langue ou des lèvres. Il est temps que le prophète parle lui-même : « La hache, dit-il, se glorifiera-t-elle contre celui qui coupe avec elle ? La scie se vantera-t-elle contre celui qui la fait aller ? Comme si la verge se redressait contre celui qui la lève et que le bâton se vante alors qu'il n'est que bois » (Is 10,15).
Que nul d'entre vous n'aspire à être loué en cette vie. Car tout éloge que tu cherches à obtenir ici-bas sans le rapporter à Dieu, tu le lui voles. Même si tu resplendis de prodiges et de signes, ils s'opèrent par ta main, mais grâce à la puissance de Dieu.
Pour remercier des biens de la grâce multiforme qui se manifeste en vous, rapportez toute louange à Dieu, auteur et dispensateur de tout ce qui est louable. Et faites cela, non pas en simulant, comme les hypocrites, ni en pure routine, comme les gens du monde, et pas non plus par une sorte d'obligation, comme des bêtes de somme destinées à porter des charges.
Non, pas de cette façon, mais comme il convient à des saints : avec une foi sincère, une ferveur attentive, une joie reconnaissante mais non relâchée.
Bernard de Clairvaux, sermon sur le Cantique n° 13

 

 

Accueil       

Présentation grenier - cisterciens       
   
La pensée cistercienne :

Le message : l'amour, l'Incarnation, Marie, l'existence chrétienne
Le florilège : l'amitié,  le baiser, la joie, la miséricorde, la prière, le repos, le silence...

Un aujourd'hui de la vie cistercienne :
les evenements,
la lectio divina 
La liturgie

L'histoire du monachisme

contact - liens - notes

Liste des textes cités