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TEMPS DU CAREME 2017 (4)

La Prière : un cri, une présence...

Suite de l'exposé de Don André Louf.

nuagesAussi longtemps que nous demeurons dans l'impasse, nous éprouvons de l'incertitude, de l'angoisse, du désespoir même, Où en sommes-nous ? Qui viendra nous en sortir ? Spontanément l'appel au secours jaillit : « Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur ! » (Ps 129,1). Et c'est ainsi tout naturellement, que la forme la plus primitive et la plus élémentaire de prière nous vient aux lèvres : le cri. Je suis tenté de crier ma détresse. Mais puis-je m'y risquer ? Ne vaudrait-il pas mieux ne pas céder à ce qui peut paraître une faiblesse ? Au contraire. Voici précisément un instant de la plus grande importance : lorsque tout en priant j'ose exprimer par un cri ma détresse devant la face de Dieu.
Crier est une activité profondément humaine. Ce fut la première apprise lors de notre venue au monde. C'est alors que nous avons crié, inventé le cri. C'était un cri vital, qui nous sauvait pour la vie. Car tout en criant notre détresse, nous avons ouvert nos poumons à l'air, à la vie. Chaque fois que nous nous trouvons dans une situation difficile, l'écho de ce cri revient à la surface. Pouvoir crier notre détresse est alors un grand soulagement et, en certains cas, constitue le premier pas vers la guérison.
L'on naît dans un cri. L'on vit aussi en criant, bien que souvent de manière inconsciente. Jésus mourut en criant : « Il cria d'une voix forte » (Luc 23, 46). Il cria face à son Père sa douleur mortelle, mais aussi son amour et son abandon : « Entre tes mains, je remets mon esprit ». Sa mort fut un appel d'angoisse et de confiance à la fois, une véritable prière.croix
Dieu attend notre cri pour compatir à notre désespoir, comme il attendait les cris de son Fils Bien-Aimé, Jésus-Christ, car ce cri et cette impasse sont la seule voie par laquelle il puisse nous sauver. 
Savoir crier cette détresse est une étape importante. Ce faisant nous nous familiarisons peu à peu avec elle, ce qui est tout à fait positif. Nous ne refusons plus notre misère. Au contraire : nous nous identifions si bien à elle que nous sommes devenus capables de l'exprimer en un cri qui est déjà prière.
Chaque besoin, peine ou désir, est une donnée humaine des plus précieuses. Chacun de nos désirs est digne d'être entendu et exaucé. Si étrange qu'il paraisse au premier abord, il recèle un besoin bien plus profond encore, qu'il est urgent d'exaucer. C'est pourquoi chacun de nos besoins sera écouté avec attention et amour. Peu à peu nos besoins seront ainsi dévoilés, libérés, jusqu'à ce que notre désir le plus profond vienne à la lumière. Parce que ce désir le plus profond a toujours quelque chose à faire avec Dieu, le grouillement de nos désirs a aussi toujours affaire avec l'impasse de la prière. Chaque désir est destiné à être entendu et guéri par la Parole de Dieu, à laquelle nous nous ouvrons, pleins d'espoir, à l'heure de la prière.
Un cri n'est pas seulement l'étalage d'une détresse. Il s'adresse toujours à quelqu'un. Et voilà un élément essentiel de toute prière. Si je m'adresse à quelqu'un, je sors effectivement de moi-même pour faire appel à un autre. Ce n'est pas aussi facile qu'il y parait au premier abord, surtout quand je suis occupé à prier. Seule une situation d'urgence nous force pour ainsi dire à sortir de notre coquille pour en appeler à un autre.
Ce n'est pas toujours ce qui se passe à l'heure de la prière. Je puis être occupé par quelque idée fort édifiante, et des idées sur Dieu, il y en a à foison. Je puis encore cultiver des sentiments, prendre de bonnes résolutions, faire des projets de sainteté ou d'engagement au service des autres. Et me voici encore et toujours occupé de moi-même, de mes sentiments, de mes résolutions. Seul un cri est capable de m'ouvrir. C'est là un pas important dans la bonne direction. Tout au fond de moi, je suis moi-même ce cri qui demande la guérison ; et aussi le cri par lequel je vais guérir. A travers tous ces cris, je vais pénétrer jusqu'au cri le plus fondamental en moi, le cri que je n'ai encore jamais bien su écouté, celui de l'Esprit-Saint : Abba-Père !

Dom Louf - cité dans "Au gré de sa grâce"

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