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TEMPS DU CAREME 2018

13.03.2018 (suite)


Cette icône a pu être appelée "l'icône de l'amitié". icone
Elle a été peinte au monastère de Baouit, en Moyenne-Egypte, au 8ème siècle.
Jésus a posé sa main sur l'épaule du moine Ména.

« Tu me devances et me poursuis, tu m'enserres, tu as mis la main sur moi ». (Psaume 138, 5)

Ne peut-elle évoquer notre chemin de Carême ?

Jésus nous invite à être de ceux qui vont l'accompagner jusqu'au Golgotha. Rencontre après rencontre, faire avec lui, librement, le choix du respect, le choix de l'amour, envers tous.
Et lui va nous accompagner aussi. Réciprocité de l'amitié, du don.

 

13.03.2018

« Ma vie, on ne me la prend pas, c'est moi qui la donne » (Jn 10, 18)

Laissons tomber les préjugés, pour être les compagnons de Jésus, dans la joie, l'amour et le don...

C'est dans un cœur ouvert par une mort infâme qu'il nous faut lire la vie bienheureuse qui est le secret d'amour de Dieu.

Deux connaissances de Dieu qui s'affrontent :
le grief : « Il prétend posséder la connaissance de Dieu et s'intitule fils du Seigneur. »
Jésus :« Nul ne connaît le Père si ce n'est le Fils, et celui à qui le fils veut bien le révéler. »

C'est là que s'affiche l'erreur de juger. Les impies ne sont pas dans la vérité... Ils pensent faux, nous pensons faux... et nous imaginons que Dieu doit penser comme nous. Nous concevons le BIEN selon nos catégories, c'est-à-dire que nous concevons MAL. On va tester le juste : voir si Dieu va le délivrer de notre piège. De même les frères de Jésus : « Monte à Jérusalem. Fais-y des miracles, on croira en toi... ». Jésus monte en secret, INCOGNITO. On accuse le juste de connaître Dieu, mais on veut lui imposer l'image de Dieu qu'on se fait : un Dieu qui assiste, délivre, intervient, se fait voir, fait des miracles au dernier moment, renverse les impies, descend de la Croix, envoie une armée d'anges... qui doit obligatoirement empêcher une « mort infâme » pour le juste. Si celle-ci se produit c'est que Dieu n'était pas AVEC. Autrefois on disait : « le mort était impie, Dieu l'a puni ». Aujourd'hui on dirait : « Ce mort était juste, Dieu n'existe pas ».
La réalité : « Ils ne connaissent pas les secrets de Dieu » Et JESUS dans toute sa personne est un/le SECRET de Dieu. Le Messie. Nul ne connaît le Fils si ce n'est la Père. Jésus est né de Père inconnu : Dieu, nul ne le connaît !

Il était la Vérité qui rend libres ceux qui la font.
Il avait la docilité de l'agneau, et l'assurance du pasteur qui sait le chemin.
L'obéissance c'était sa vie. Il n'était vraiment que cela parmi nous : obéissance aux Ecritures, c'est clair, mais aussi aux événements, et aux hommes qui en auront fait ce qu'ils ont voulu.

Mais ce que  tu ne savais pas, Père, tu l'apprends maintenant en contemplant la Croix avec la même stupeur que nous : c'est cela que l'obéissance est devenue entre nos mains depuis que tu nous l'as confiée.
Elle était ton trésor en paradis, où puiser la liberté des enfants de Dieu. Nous l'avons travestie, détournée de sa source ; elle est devenue cela qu'il a appris à ses dépens : nos caprices et nos entêtements, nos révoltes et nos servitudes, nos complicités et nos tyrannies, tout cela qui est impasse, mensonge et meurtre et qui nous dénature.
Nous avons su goûter le fruit défendu de la désobéissance ; nous avons même appris à observer tes paroles en Te faisant parler autrement... D'ailleurs, n'est-ce pas au nom de Ta loi que nous l'avons condamné ? Oui, Père, il aura vraiment appris ce qu'il en coûte d'incarner l'obéissance du Fils unique, à contre-courant, à contre-pente de cette humanité qui ne T'avait construit un Temple que pour y trafiquer ton culte.

Alors, Père, Celui-là que tu as exaucé parce qu'il s'est soumis en tout, entends-Le, obéis-Lui volontiers quand il reste fidèle à lui-même en Te priant de nous pardonner encore et encore, parce que nous ne savons pas ce que nous faisons.

Frère Christian de Chergé - Cité dans « L'autre que nous attendons »

 

18.02.2018

Saint Bernard l'évoque dans son commentaire du cantique des cantiques :
« J'ai cherché celui qu'aime mon âme. » Qui parle ? L'époux ou l'épouse ? Les deux sans aucun doute.
Seul un amour passionné permettra à quelques-uns, quelques-unes, de parvenir au Golgotha.
Ne prétendons pas être de ceux-là, mais de ceux qui, quel que soit leur chemin, oseront accueillir le regard de Jésus, regard chargé d'amour.

C'est de Jésus lui-même que nous apprenons à aimer. Que le langage de saint Bernard qui n'est pas tout à fait le nôtre, ne nous empêche pas de progresser dans la connaissance, la perception de cet amour.

« Dans mon petit lit, au long des nuits j'ai cherché celui qu'aime mon âme. » (Ct 3, 1)

A mon sens, même quand il aura été trouvé, il ne cessera pas d'être cherché.
Ce n'est pas par le mouvement des pieds, mais par les désirs que Dieu est cherché.
Et l'heureuse découverte, loin d'éteindre le saint désir, l'attire.
La consommation de la joie consumerait-elle le désir ?
Elle est bien plutôt l'huile pour lui qui est une flamme.

Oui, c'est ainsi, « L'allégresse atteindra sa plénitude » (Ps 15, 11) ; mais le désir n'aura pas de fin, et par conséquent la recherche non plus. (§ 1)

« J'ai cherché, dit l'épouse, celui qu'aime mon âme. »
Oui, c'est à cela que te provoque la bonté de celui qui te prévient, qui a été le premier à te chercher et le premier à t'aimer.
Tu ne chercherais certes pas si tu n'avais d'abord été cherchée, comme tu n'aimerais pas si tu n'avais d'abord été aimée.
Ce n'est pas par une seule bénédiction que tu as été devancée mais par deux : l'amour et la recherche. L'amour est la cause de la recherche, la recherche est le fruit de l'amour ; elle en est aussi l'assurance.
Tu as été aimée, pour que tu ne risques pas de te croire cherchée en vue du châtiment. Tu as été cherchée, pour que tu ne te plaignes pas d'avoir été aimée en vain. Cette double douceur si agréable que tu as éprouvée t'a donné le courage d'oser, a chassé la honte, t'a persuadé le retour, a éveillé ton affection. De là cet empressement, de là cette ardeur à chercher « celui qu'aime ton âme ». Certes, sans avoir été cherchée, tu ne pouvais pas le chercher ; mais cherchée, tu ne peux plus maintenant ne pas le chercher. (§ 5)

Tu devrais te cacher et tu cherches la lumière ; tu cours à ton Epoux quand tu mérites des coups bien plus que des baisers ? Il serait étonnant que tu ne te heurtes pas à un juge plutôt qu'à un époux. Heureux celui qui entendrait alors son âme répondre à ces reproches : Je ne crains pas parce que j'aime, ce qui serait absolument impossible si je n'étais pas aimée. C'est donc que je suis encore aimée. La bien-aimée n'a rien à craindre. Moi qui aime, je ne puis douter d'être aimée, pas plus que je ne doute d'aimer. Je ne redoute pas le visage de celui dont j'ai ressenti l'amour. En quoi l'ai-je ressenti ? En ce que non seulement il m'a cherchée dans l'état où j'étais, mais qu'il m'a aussi donné son affection, me rendant ainsi assurée de sa recherche. Pourquoi ne répondrais-je pas à sa recherche, moi qui réponds à son amour ? Va-t-il s'irriter d'être cherché, lui qui, même méprisé, n'a fait semblant de rien ? Bien mieux, il ne repoussera pas celle qui le recherche, lui qui recherche même celle qui le méprise. (§ 7)

Extrait du sermon 84 sur le Cantique des cantiques.

Photo wikipedia commons

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