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grenier - cisterciens       
La pensée cistercienne :
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 message : l'amour, l'Incarnation, Marie, l'existence chrétienne
          - sermons de saint Bernard de Clairvaux à partir du Cantique des Cantiques, extraits
          - florilège : très souvent cités : l'amitié,  la joie, la prière, le repos, le silence... et bien d'autres
Un aujourd'hui de la vie cistercienne : les événements   - Tibhirine  - la lectio divina   -  la liturgie
L'histoire du monachisme cistercien
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Evangile, Mt 4,1-11

Alors Jésus fut conduit au désert par l'Esprit pour être tenté par le diable. 02 Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim. 03 Le tentateur s'approcha et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. » 04 Mais Jésus répondit : « Il est écrit : L'homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » 05 Alors le diable l'emmène à la Ville sainte, le place au sommet du Temple 06 et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit : Il donnera pour toi des ordres à ses anges, et : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. » 07 Jésus lui déclara : « Il est encore écrit : Tu ne mettras pas à l'épreuve le Seigneur ton Dieu. » 08 Le diable l'emmène encore sur une très haute montagne et lui montre tous les royaumes du monde et leur gloire. 09 Il lui dit : « Tout cela, je te le donnerai, si, tombant à mes pieds, tu te prosternes devant moi. » 10 Alors, Jésus lui dit : « Arrière, Satan ! car il est écrit : C'est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, à lui seul tu rendras un culte. » 11 Alors le diable le quitte. Et voici que des anges s'approchèrent, et ils le servaient.

Evangile, Mt 17, 1-9

Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère, et il les emmène à l'écart, sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux ; son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière. Voici que leur apparurent Moïse et Élie, qui s'entretenaient avec lui. Pierre alors prit la parole et dit à Jésus : « Seigneur, il est bon que nous soyons ici ! Si tu le veux, je vais dresser ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. » Il parlait encore, lorsqu'une nuée lumineuse les couvrit de son ombre, et voici que, de la nuée, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! » Quand ils entendirent cela, les disciples tombèrent face contre terre et furent saisis d'une grande crainte. Jésus s'approcha, les toucha et leur dit : « Relevez-vous et soyez sans crainte ! » Levant les yeux, ils ne virent plus personne, sinon lui, Jésus, seul. En descendant de la montagne, Jésus leur donna cet ordre : « Ne parlez de cette vision à personne, avant que le Fils de l'homme soit ressuscité d'entre les morts. »

Evangile Jean 4(5-42)

Jésus arriva à une ville de Samarie, fatigué par la route il s'assit auprès du puits.

Arrive une femme qui venait puiser de l'eau. Jésus lui dit : donne-moi à boire.

Jésus lui dit : Celui qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura plus jamais soif

La femme lui dit : Seigneur je vois que tu es un prophète

Evangile Jean, 9 (1-41)

En sortant du Temple,  Jésus vit sur son passage un homme aveugle de naissance. il cracha à terre et, avec la salive, il fit de la boue ; puis il appliqua la boue sur les yeux de l'aveugle,     et lui dit : « Va te laver à la piscine de Siloé » – ce nom se traduit : Envoyé. L'aveugle y alla donc, et il se lava ; quand il revint, il voyait.

Ses voisins, et ceux qui l'avaient observé auparavant dirent alors : « N'est-ce pas celui qui se tenait là pour mendier ? »    lui disait : « C'est bien moi. »

Jésus apprit que les pharisiens l'avaient jeté dehors. Il le retrouva...

Evangile de Jean 11, (1-45)

Il y avait quelqu'un de malade, Lazare, de Béthanie, le village de Marie et de Marthe, sa sœur. Donc, les deux sœurs envoyèrent dire à Jésus : « Seigneur, celui que tu aimes est malade. » Quand il apprit que celui-ci était malade, il demeura deux jours encore à l'endroit où il se trouvait. Puis, après cela, il dit aux disciples : « Revenons en Judée. » Après ces paroles, il ajouta : « Lazare, notre ami, s'est endormi ; mais je vais aller le tirer de ce sommeil. »

Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. Marie arriva à l'endroit où se trouvait Jésus. Dès qu'elle le vit, elle se jeta à ses pieds et lui dit : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. » Jésus, en son esprit, fut saisi d'émotion, il fut bouleversé. Il arriva au tombeau. C'était une grotte fermée par une pierre. Jésus dit : « Enlevez la pierre. » Marthe, la sœur du défunt, lui dit : « Seigneur, il sent déjà ; c'est le quatrième jour qu'il est là. » Alors Jésus dit à Marthe : « Ne te l'ai-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. » On enleva donc la pierre.
Alors Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, je te rends grâce parce que tu m'as exaucé. Je le savais bien, moi, que tu m'exauces toujours ; mais je le dis à cause de la foule qui m'entoure, afin qu'ils croient que c'est toi qui m'as envoyé. » Après cela, il cria d'une voix forte : « Lazare, viens dehors ! » Et le mort sortit, les pieds et les mains liés par des bandelettes, le visage enveloppé d'un suaire. Jésus leur dit : « Déliez-le, et laissez-le aller. »

CAREME 2020

De dimanche en dimanche prenons le chemin sur lequel nous pourrons accompagner Jésus jusqu'en sa gloire pascale.

Cinquième dimanche : laisser jaillir la vie.   (Frère Marco - Tamié - 2014)

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À travers la résurrection de Lazare nous vivons déjà une anticipation du mystère de la Pâque du Seigneur, le mystère de l'Amour vainqueur de la mort. Lazare est comme le précurseur du Christ vainqueur de la mort.

1- « Seigneur, si tu avais été là mon frère ne serait pas mort ! » Ces paroles de Marie nous placent avec elle face au drame de la mort, de la mort d'un être cher, un frère, une sœur, un ami, un enfant. Mais plus encore ces paroles de Marie nous place face à l'agir de Jésus, de Jésus qui laisse mourir un ami, son ami. Car c'est délibérément que Jésus a attendu que Lazare meure. « Quand Jésus apprit que Lazare était malade, il demeura deux jours encore dans le lieu où il se trouvait ». Cette mort avait un but : la gloire de Dieu. Comment comprendre l'attitude de Jésus qui livre son ami à la mort ? Jésus laisse Lazare mourir parce que c'est son ami. C'est comme si c'était seulement à un ami, un ami vrai que Jésus pouvait demander d'endurer une telle épreuve, l'épreuve de la mort, de sorte que Dieu puisse être glorifié. C'est à cause de l'amitié, de la confiance qu'il avait en Lazare que Jésus l'a choisi pour être à travers le drame de la mort, le signe de la vie, signe de la fidélité de Dieu qui n'abandonne jamais ses amis, signe de l'amour plus fort, de l'amour vainqueur. C'est le mystère même que nous célébrerons pendant la semaine sainte où Jésus, sur la croix mourra à cause de son amitié pour nous, pour moi. C'est à cause de l'amitié pour nous que Jésus livrera sa vie entre les mains du Père, dans une totale confiance. Et si nous somme ses amis, ses véritables amis nous pouvons aussi partager sa mort.

2- « Lazare viens dehors ! » Sors de ton tombeau ! C'est le deuxième aspect de cet évangile que je veux souligner. « Lazare, viens dehors ! » C'est le cri, l'appel que Jésus fait retentir dans le coeur profond de son ami. C'est une véritable vocation, une vocation à la vie, à re-naître. « Lazare viens dehors ! » Quitte ton tombeau et va, sois le signe de la gloire de Dieu, le signe que l'amour, l'amitié sont éternels. En Lazare revenu à la vie s'accomplissent les paroles du Cantique des cantiques : « L'amour est fort comme la mort. Les fleuves de la mort ne pourront éteindre l'Amour. Les fleuves de la mort ne le submergeront jamais ! » (Ct 8,6-9) « À la vue de ce que Jésus avait fait pour son ami Lazare, beaucoup crurent en lui. » Et nous, Frères et sœurs, sommes-nous de ceux qui croient en lui, en Jésus ? Sommes-nous ses véritables amis qui à l'instar de Lazare consentent à livrer leur vie entre les mains du Maître de la Vie ? Notre ami Lazare à quelque chose à nous dire, dans son silence il a une espérance à nous transmettre. Consens à mourir pour vivre à nouveau. Consens à laisser mourir ce qui doit mourir pour que de cette faiblesse jaillisse une vie nouvelle.

Archives de Tamié

 

Quatrième dimanche : reconnaître notre identité (frère Christophe, extrait d'homélie ,21 mars 1993)

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Voilà jusqu'où Jésus l'a conduit : à dire « c'est moi ». et c'est l'unique chose à dire en vérité dans une existence. Et ça ne peut se dire sans la rencontre de l'autre : c'est moi la lumière du monde (Jn 9,5).
Déjà cet homme a été touché par le Verbe. Il a obéi et la vérité l'a rendu libre. Ça se passe dans la vie, là où le Verbe se mêlé à tout comme salive dans l'argile : pour un travail qui n'a d'autre lieu que ce réel tangible, celui des choses quotidiennes. Va te laver. Va vers toi-même. Il a obéi. Il y voit clair. Il dit : c'est moi. et le voilà soudain comme prophète qui dérange par son identité même. quelque chose en lui échappe à la totalité de ce monde clos, enfermé dans son savoir. Cet homme n'est plus d'ici. Voilà jusqu'où ça va de pouvoir dire « c'est moi » non pas comme d'un acte dérisoire d'affirmation égoïste, mais comme une reconnaissance : je reconnais l'être étonnant que je suis (par toi) (Ps 138, 14). C'est moi posé, par celui-là qui m'a parlé, qui m'a touché. Je tiens de lui. Me voici, selon sa parole, selon l'Evangile, selon Jésus. Et Jésus l'a retrouvé. des fois ces retrouvailles ne se font pas, apparemment, mais c'est merveilleux d'être retrouvé par Jésus. c'est merveilleux pour lui (je vous reverrai, Jn 16, 16-22)... Père, afin que l'amour dont tu m'as aimé soit en eux et moi en eux (Jn 17,26) et pour nous et votre joie, nul ne pourra vous la ravir (Jn 16, 22).

Cité dans "Lorsque mon ami me parle"

 

Troisième dimanche : connaître nos soifs (Frère Christophe, extrait d'une méditation)

       torrent

Jésus me parle, franchit la distance qui nous sépare et se risque à entrer en conversation.
Jésus comme moi a soif.
Soif d'eau fraîche car il est fatigué, soif d'échange vrai, soif de communion, soif de connaître et d'être reconnu. Jésus au bord du puits, au bord du gouffre, mesure l'abîme en son cœur qui sans cesse lui rappelle la Source d'où il vient. Jésus, en manque est pauvre en Relation. Car son chemin est dur, qui le conduit de Judée en Galilée, pour ensuite monter à Jérusalem et pas une pierre où le Fils de l'homme puisse reposer son corps. Je vais au Père.
Jésus est Fils, fatigué de ce long retour à la maison : pauvre.
Jésus est Frère, fatigué de chercher la Relation en esprit et en vérité :
pauvre de n'être pas reconnu
pauvre de ne pouvoir partager le Don qui brûle son humanité.
Jésus fatigué me demande à boire.
Jésus me parle du désir qui l'habite.
Ne crains pas. N'aie pas peur de la Source.

Jésus rejoint la femme là même où comme lui, elle a soif...
Tu viens chercher de l'eau. Sais-tu que l'eau est faite pour être donnée. Accueille ma demande. Je te fais confiance, je te confie ma soif. C'est mon secret au bord du puits. J'ai soif d'eau. Veux-tu me donner à boire. J'ai soif de liberté.
Sais-tu bien ce que tu viens chercher ? Je te parle. Je te parle vers la Source. Ecoute.
Je t'aime jusqu'à vouloir te partager l'Amour dont je vis. Aime comme je t'aime.
Si tu savais, si tu connaissais le don de Dieu  et que Je suis moi que tu attends de tout ton être.

Je vois que tu es un prophète. Ta parole libère mon existence et me dit mon histoire, ma soif d'adoration. J'ai faim de communion.

L'heure vient de communier au Fils dans le Don de ton amour crucifié. L'heure filiale t'entraîne au-delà du temps jusque dans le Royaume où mon Père te désire... pour se Donner à toi comme Lui et son Fils se donnent : Don créateur et communion de vie. Dieu est Esprit. Dieu est Amour.

Cité dans "Lorsque mon ami me parle"

 

Deuxième dimanche : accueillir la lumière (frère Christophe, extrait d'homélie, 1993)


    lumiere

 

 

Ainsi quelque chose est arrivé à Jésus en prière sur la montagne.
Quelque chose qui a altéré son être comme réduit à l'essentiel : visage. Jésus fait face au Père, mais sans se détourner ni de Moïse, ni d'Elie avec qui il converse, ni de ses trois disciples.
Dieu se révèle. Relation : visage et voix nous attirent.
En quoi cet événement de Lumière nous concerne-t-il ? Fixons notre attention sur l'Ecriture. Laissons l'Evangile nous illuminer. Jean écrit : Personne n'a jamais vu Dieu. Le Fils unique qui est dans le sein du Père, lui, nous l'a dévoilé. (Jn 1, 18)
Il me semble aujourd'hui qu'en effet, Jésus est pour nous celui qui marche, celui qui ouvre un chemin de lumière, là même où tout semble bouché, et c'est bien de cela qu'il s'entretient avec Moïse et Elie : son Exode. Ce qui peut nous arriver dans la prière ? Qu'une étoile se lève en notre cœur… Mais avant il faut lutter contre la nuit, sur cette montagne, pris par Jésus, épris de Lui. Si la contemplation est une vocation pour tout disciple que Jésus prend avec lui, il me semble que cet épisode arrivé en Palestine nous indique ce voir. Voir, c'est simplement, et c'est cela je crois être « visionnaire », c'est voir venir. Oui, dans la nuit, voir venir quelqu'un. Croire que Pâque est en train de s'accomplir, victoire de la lumière sur les ténèbres. Espérer contre toute espérance, s'attendre à quelqu'un. Oui, tu ne peux pas ne pas venir. C'est la persécution. Le voir venir, dans l'épreuve même de ce temps de violence. En Bosnie, au Burundi, en Algérie.
Voir ne peut nous laisser indemnes, spectateurs bien installés. Voir venir c'est prendre part à l'exode de Jésus qui nous attire en la nuée, cette lumière bouleversante. Voir venir, c'est laisser venir en effet l'Autre : une voix qui sollicite, humblement notre attention : écoutez-le. Jésus prend ici la place de la loi : l'unique nécessaire devient d'écouter le Verbe fait chair, le langage de Dieu fait homme.
Croire, c'est écouter Dieu se dire. Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Prier, c'est laisser venir cette voix qui me fonde, me bâtit pour toujours. Ce que Dieu dit devient événement de Lumière.

Cité dans "Adorateurs du souffle

 

Premier dimanche de carême : choisir sa réponse     (Frère Christophe, 25 février 1996)

      itinéraire

 

Poussé par l’Esprit il faudrait s’être laissé dénuder, dépouiller jusqu’au plus vrai de moi.
Etre devenu assez pauvre pour ne parler qu’en fils, frère de ce Jésus tenté par Satan d’être autre chose que lui-même -  ce Fils bien-aimé désigné par la voix du Père et sur qui vient reposer l’Esprit comme une Colombe (cf Mt 4, 126-17).
Je suis loin du compte ! Au fond, je crois n’avoir été conduit au monastère que pour cela : cette expérience spirituelle de Jésus : cette liberté (Jn 14,6).
Lui le Chemin : ne s’est pas laissé dévier.
Lui la Vérité : n’a pas transigé, n’a pas louvoyé.
Lui la Vie : a démasqué le Menteur homicide.

Jésus ne s’est pas prosterné.
Jésus tient tête a l’adversaire.
Jusqu’au bout il résiste : élevé.

Dans ce participe passé est contenue la réponse de Dieu au Mal. Jésus ne s’est pas dérobé au Mal. Il n’a pas fui le combat. Jusque sur la Croix. Jésus est resté debout : obéissant, libre. Mais écrasé par le Mal, broyé par la souffrance c’étaient nos péchés - nos complicités avec le Meurtrier - qu’il portait. Et s’il était debout, jusque dans la mort, c’était d’être sans cesse relevé par son Père : libre d’être obéissant.

Le Satan a voulu s’immiscer dans cette relation par laquelle Jésus lui échappait. Il a cherché à la pervertir, à détourner le Fils du Dieu-qui-relève : son Père et notre Père.

Ce Dieu cherche des adorateurs dans le Souffle et dans la vérité (Jn 4,23). Quand ils se prosternent devant lui, comme d’un même mouvement - celui de Pâques - ils sont relevés, exaltés, ils sont glorifiés. Un peuple qui va naître, voilà l’œuvre pascale. C’est ainsi pour le fils en allé qui revient : à peine s’est-il jeté aux pieds de son père, il est relevé : il est embrassé (cf Luc 15,11s).
Ainsi l’Adversaire est déjoué : tout ce qu’il veut c’est nous empêcher de naître, nous empêcher de parler vrai. Qu’il reste dehors. Car au-dedans de nous, quelqu’un d’autre est plus fort : l’Esprit-Saint, le don qui fait être des fils dans le Fils (cf Rom 8, 14), le don qui traverse la mort. Jésus élevé est conduit bien plus haut que le faîte du Temple et là, il s’en remet au Père. C’est dans ses bras qu’il se jette. Cloué sur le bois, il n’est rien d’autre que le Je libre et infiniment pauvre d’un Je t’aime qui nous délivre du MAL, d’un Je t’aime qui nous SAUVE tous.

Cité dans "Lorsque mon ami me parle"

 

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