grenier
dessin

Accueil      
Présentation
grenier - cisterciens       
La pensée cistercienne :
            -
 message : l'amour, l'Incarnation, Marie, l'existence chrétienne
          - sermons de saint Bernard de Clairvaux à partir du Cantique des Cantiques, extraits
          - florilège : très souvent cités : l'amitié,  la joie, la prière, le repos, le silence... et bien d'autres
Un aujourd'hui de la vie cistercienne : les événements  - Tibhirine  - la lectio divina   -  la liturgie
L'histoire du monachisme cistercien
contact

gririsCAREME 2021

La JOIE ne sera pas confinée !

Les médias ne sont pas avares de très divers et nombreux documents pour nous inviter à vivre le carême.
Et pourtant... en ces temps difficiles, une petite note cistercienne qui nous ferait du bien...
Les « chapitres » du bienheureux Christian de Chergé nous en offrent : la patience, nous en avons bien besoin... l'humilité, les événements nous l'apprennent malgré nous... la JOIE ! Et voilà que Christian nous dit que saint Benoît, s'opposant à la « mine de carême », triste et sombre,  pense qu'il ne faut pas la mettre en quarantaine. Eh bien, ne la mettons pas en confinement et osons choisir la Joie pour accompagner Jésus jusque sur la Croix... et partager l'allégresse de la résurrection.


iristroisEn cette troisième semaine de carême laissons faire l'Esprit
pour être la JOIE de Dieu


comme Jésus tourné vers le Père

Mercredi 8 mai 1985
Convertissez-vous !
(Mt 4, 17) Et l'Evangile fait vraiment de cette CONVERSION du cœur le lieu privilégié d'une JOIE infinie : REJOUISSEZ-VOUS avec moi... car je l'ai retrouvée... la brebis perdue, la drachme disparue, le fils égaré. JOIE du Pasteur ramenant l'égaré sur ses épaules et JOIE mystérieuse au ciel, de Dieu, pour un seul pécheur qui fait pénitence plus que pour 99 justes (Luc 15). Nous nous mettons délibérément à la table des pécheurs, de ceux qui font la joie du Père parce qu'ils savent et professent qu'ils ont besoin de conversion. L'accent n'est pas mis sur la joie qu'éprouve le converti (pas plus que sur celle du fils revenu ou de la brebis retrouvée) mais sur la JOIE de Dieu même. Déjà vrai dans l'Ancien Testament : Je les purifierai de tout péché qu'ils commirent à mon égard... Et Jérusalem me deviendra un sujet de joie. (Jr 33, 8)

La conversion s'achève quand notre joie ne fait plus nombre avec celle de Dieu. Alors nous sommes sa JOIE, et nous n'avons pas de JOIE en propre.

Les Psaumes : Mets ta joie dans le Seigneur... il comblera les désirs de ton cœur ! Ce futur est significatif comme l'est la JOIE éternelle promise à qui s'abrite dans le Seigneur (Ps 5) quitte à déverser en lui sa plainte du moment.
Tu seras l'allégresse et la JOIE de tous ceux qui te cherchent. Tes exigences resteront mon héritage, la JOIE de mon cœur (Ps 118)

 

irisjauneEn cette deuxième semaine de carême prenons le temps de contempler Jésus, JOIE du Père

Mercredi 24 avril 1985
La joie de Jésus, c'est d'aller VERS le Père. Eternellement le mouvement même du Verbe, l'être du Fils, c'est VERS le Père. Au commencement était le Verbe et le verbe était tourné VERS Dieu... La joie de Jésus est dans ce mouvement, cette « tournure », cette orientation où s'établit la communion unique. Tout en Jésus prend cette direction : aller vers le Père, c'est-à-dire faire la volonté de Celui qui l'a envoyé ! Or Jésus, en venant dans le monde, est entré dans une certaine kénose de sa JOIE : il a expérimenté qu'en ce monde limité, il est impossible de VIVRE pleinement. Pour contenir la JOIE qui le sollicite, il lui faut d'autres espaces, une autre envergure. D'un bout à l'autre de l'Evangile, Jésus a SOIF... il lui faut rejoindre la SOURCE ! C'est cette JOIE-là qu'il nous propose, qu'il veut faire déborder en nous : aller au Père avec lui !

Jeudi 25 avril 1985
Tu es mon Fils Bien-Aimé, en Toi je me suis COMPLU.
(Mc 1,11)
Evangéliste : mon bon plaisir, mon bon gré. J'ai déversé ma JOIE en lui... Jésus surabonde de la joie que le Père déverse en lui. Le Père trouve toute sa JOIE dans le Fils : c'est du Père que la joie coule comme de source et elle trouve dans le Fils un « contenant »à sa mesure. Tout ce qui fait la joie du Père se trouve recueilli dans le Fils. Or tout ce qui sort du Père est BON, pur et joyeux.
Et quand Jésus JUBILE,c'est dans le pressentiment de cette JOIE du Père : Oui, Père, car tel a été ton bon plaisir (Lc 10,21). La JOIE la plus intime de Jésus il nous en livre lui-même le secret : Je fais toujours ce qui PLAIT à celui qui m'a envoyé. (Jn 8, 29)

 

irisunEn cette première semaine de carême prenons le temps de nous émerveiller des joies de Jésus

16 avril 1985
Règle de saint Benoît : Chacun offrira spontanément à Dieu, dans la JOIE venant de l'Esprit-Saint, quelque pratique surérogatoire... Il  attendra la sainte Pâque avec l'ALLEGRESSE du désir spirituel.
L'idée qu'il (st Benoît) se fait du carême : pas question de mettre la joie en quarantaine.

17 avril 1985
La JOIE chrétienne (monastique) n'est pas facile : elle n'est pas un trophée au terme du parcours, elle est le CLIMAT de celui-ci. Notre cœur n'était-il pas tout  brûlant en chemin ? (Lc 24, 32)

18 avril 1985
La brebis perdue : il la met tout joyeux sur ses épaules. Réjouissez-vous avec moi car je l'ai retrouvée ! (Lc 15, 5-6)
De fait, Jésus invite ses disciples à la JOIE : Réjouissez-vous ! (Mc 5, 12) Mais Jésus lui-même était-il joyeux et comment ? Guère de détails : ni hilare, ni euphorique, on ne décrit pas cette note sur son visage ou dans ses gestes, mais il admire les oiseaux du ciel, les lis des champs. Luc (10, 21) nous précise que Jésus a EXULTE sous l'action de l'Esprit-Saint avant de bénir le Père !
Jean est plus précis et il est bon que cela soit sous la plume du disciple bien-aimé (école de la JOIE) :
- Jn 4, 36 : Le semeur SE REJOUIT en même temps que le moissonneur !
- Jn 11, 15 : Lazare est mort et je me REJOUIS de n'avoir pas été là.
- Jn 15, 11 : Je vous dis cela afin que ma JOIE soit en vous...
- Jn 17, 13 : Je dis ces choses pour qu'ils aient en eux-mêmes MA JOIE en sa plénitude.
Il y a donc une joie propre à Jésus, personnelle, personnifiée même... qu'il a voulue contagieuse... qui de soi est communicative. Elle est le parfum propre de sa VIE et peut envahir toute la maison.

20 avril 1985
Reine du ciel REJOUIS-TOI !

10 juin 1985
La Règle de Taizé a tout un  chapitre sur la JOIE.
La simplicité elle-même est « dans la JOIE libre du frère qui  renonce à l'obsession de ses progrès et reculs pour fixer ses regards sur la lumière du Christ » ; et la limpidité du cœur ne se vit « que dans l'oubli spontané et JOYEUX de soi afin de donner sa vie pour ceux qu'on aime ». L'esprit de pauvreté, personnel et communautaire « est de vivre dans l'ALLEGRESSE de l'aujourd'hui ». D'où l'invitation pressante à être « porteur de JOIE », à être « parmi les hommes un signe d'AMOUR FRATERNEL et de JOIE ».

17 juin 1985
Saint Paul ne cesse d'associer joie et amour fraternel.
Au demeurant, frères, soyez dans la
JOIE, travaillez à votre perfectionnement, encouragez-vous, soyez bien d'accord, vivez dans la paix. (2 Co 13, 11)
Réjouissez-vous sans cesse, dans le Seigneur, je vous le dis encore
REJOUISSEZ-VOUS que votre bonté soit reconnue par tous les hommes. (Phil 4, 4-5)
Soyez toujours dans la
JOIE, priez sans cesse.(1 Th 5, 15-16)
Ainsi la joie suscite la communion et la communion entretient la joie.

Extrait de : Minutes... sur la joie, cité dans Dieu pour toujours, Cahiers de Tibhirine


 

x x