12 septembre : nous fêtons saint Pierre de Tarentaise

Pierre de Tarentaise, quoique moine, fut évêque. L'histoire le raconte...

L'état du diocèse dont il avait reçu la charge, le diocèse de Moûtiers, était déplorable après les années d'épiscopat d'un comte de Savoie, qui n'avait rien d'un pasteur. Déjà, à cette époque il fallait "rebâtir" l'Eglise !

Apprenons de lui comment avancer avec succès dans les réformes !

Ayant étudié la vie de Pierre de Tarentaise écrite par un de ses contemporains, Geoffroy d'Hautecombe,.le père Anselme Dimier, moine à l'abbaye de Tamié au 20è siècle, raconte :

En vrai fils de saint Benoît ce fut d’abord l’office divin qui fit l’objet de ses sollicitudes. Le chapitre de Moûtiers dont les grands et les nobles occupaient toutes les places, l’accomplissait avec négligence. L’archevêque décida de remédier à cet état de choses, en remplaçant le chapitre de la cathédrale par un chapitre de chanoines réguliers. Ceux-ci installés sur la hauteur, semblaient une menace perpétuelle suspendue au-dessus de la tête des négligents.

Pour maintenir la régularité chez les nouveaux chanoines, l’archevêque paya de sa personne. il s’astreignit à venir chaque jouir présider à l’office au chœur. On le vit également accompagner les chanoines à la lecture sous le cloître. Chaque jour aussi il les assemblait au chapitre, pour les instruire et pour les guider dans leurs lectures et leurs travaux.

Après cette première réforme il put se livrer à l’organisation du diocèse tout entier. Il entreprit de visiter toutes lespaysage paroisses. La négligence et la cupidité de son prédécesseur avaient réduit les paroisses à la plus grande pauvreté. Le prélat s’appliqua d’abord à recouvrer les dîmes et les revenus qui avaient accaparés par des laïcs ; les rachetant même, s’il était besoin de ses propres deniers.L’archevêque voulut aussi doter chacune de ses paroisses du matériel, des livres et des vêtements nécessaires pour célébrer le culte divin. Dans les paroisses qui étaient trop pauvres pour supporter pareille dépense, il organisa la collecte des œufs chaque semaine, dans toutes les maisons, se chargeant lui-même de la vente, dont le produit devait servir à l’achat d’un calice.

 

 

Une des sources de conflit entre l'évêque et le chapitre cathédrale était la répartitions des biens dont une partie était assurée par les revenus assurés par la gestion des paroisses.

Vers la fin de sa vie, Pierre de Tarentaise voulant implanter solidement dans son diocèse les chanoines réguliers qu'il y avait appelés, procéda à une sorte de partage des paroisses entre l'archevêque et les religieux. Et il rédigea un « mandement » qui réglait minutieusement la part de chacun.
Ce document — seul écrit de saint Pierre qui nous soit parvenu — qui aurait pu n'être qu'une sèche énumération d'articles avec quelques poncifs de chancellerie, a un accent très personnel et est merveilleux de chaleur humaine. L'archevêque s'y livre et nous aurons l'occasion d'en reparler. Parmi les traits qui transparaissent de la personnalité de Pierre à travers ce document administratif, il faut noter ici une bonhomie souriante et réaliste, bien proche de l'humour.
Pour mieux faire passer sa grande réforme, et aussi pour faire oublier le désintéressement total qu'il montre en cette affaire, l'archevêque, finement, fait appel à de banales considérations de gros bon sens pratique qui dénotent un regard lucide et indulgent sur les réalités humaines.
S'il précise les attributions de chacun, c'est, dit-il, « pour qu'à l'avenir ne puisse s'élever entre l'archevêque et ses chanoines, aucune de ces dissensions qui vont à la ruine des âmes autant qu'à la perte des biens ».
S'il arrondit aux dépens de sa propre mense les dotations des chanoines c'est : 1°) pour que la règle puisse être observée sans récrimination ; 2°) Pour que l'on puisse pratiquer l'hospitalité qui sied à des religieux ; 3°) — et c'est là surtout que le bon évêque devait rire un peu dans sa barbe — pour aider les chanoines à rester dévoués à lui et à ses successeurs.
Ces remarques bon enfant et presque terre à terre, faisant suite à des considérations beaucoup plus élevées, semblent le léger grain de sel dont l'archevêque a voulu assaisonner la gravité solennelle et les vastes perspectives d'une décision qui s'inscrivait dans le grand mouvement de réforme de l'Église. L'art de ne pas se prendre trop au sérieux même quand on fait l'histoire !


 

 

 

 

 

 

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