greniertitrecroix

11 juillet - Nous fêtons saint Benoît de Nursie

Nous pouvons relire son histoire

Sa « Règle » a franchi les siècles et les mers : écrite au 6ème siècle, pour quelques disciples, dans la solitude aride du sommet du mont Cassin  (en Italie), elle est encore aujourd'hui le texte de référence de plusieurs ordres religieux monastiques répandus sur tous les continents.
Elle a franchi les clôtures : aujourd'hui, par exemple, elle est l'objet d'études pour des « spirituels » qui recherchent une « sagesse de vie », pour des savants qui cherchent à connaître son influence sur l'évolution de l'Europe occidental...

Saint Benoît a été proclamé patron de toute l'Europe, le 24 octobre 1964 par le pape Paul VI, qui lui a aussi attribué les titres de messager de la paix, architecte de l'unité, maître de la culture et de la civilisation, héraut de la foi chrétienne et fondateur du monachisme occidental.

Et pourtant...
Dom André Gozier, moine bénédictin, dans son ouvrage : "Prier quinze jours avec saint Benoît", ose écrire : Il (saint Benoît) est aussi patron de l'échec !

 

brmorteDe son vivant, il a échoué à peu près dans tout ce qu'il a entrepris. 
Tout d'abord, il n'a pas terminé ses études à Rome.
Il a quitté Enfide alors qu'il y était venu avec le projet d'être instruit par le prêtre du lieu aux sciences ecclésiastiques.
Dans la grotte de Subiaco, il mène la vie érémitique, mais il la quitte pour Vicovaro pressé par un groupe de moines de devenir leur abbé (...) Tension, conflit avec la communauté, tentative de le faire disparaître.
(...) Il revient à Subiaco : la jalousie d'un prêtre des environs parvient à introduire la discorde parmi les moines, dont certains s'éloignent.
L'abbaye du mont Cassin sera anéantie par la guerre menée par les Lombards.
Benoît a tout donné, tout ce qui faisait sa joie, sa raison de vivre. Il ne lui reste plus rien. La catastrophe aura lieu, totale.
(...) Benoît est devenu l'homme de Dieu par les difficultés, les épreuves, l'échec même. L'union intime avec Dieu a transformé son esprit, son cœur, ses pensées, a rayonné en tous ses actes, grâce à l'humilité que Benoît a apprise par l'humiliation des difficultés, des épreuves, de l'échec, dont il a parlé dans le chapître 7 de sa Règle.
Au mont Cassin, le monde est en lui, Dieu est en lui. Aussi, il a réussi sa vie, même si les Lombards ne tarderont pas à surgir. L'anéantissement du Cassin aboutira à un épanouissement grandiose.

L'humilité n'a pas « bonne presse » actuellement. Que lui reproche-t-on ? D'être le nom chrétien de ce qu'on appelle un complexe d'infériorité.
Le complexe d'infériorité est une caricature de la véritable humilité. C'est au fond un déguisement subtil de l'orgueil. On n'agit pas, parce qu'on ne veut pas de déceptions. L'humilité - la  véritable - c'est réaliser que de soi-même, on ne peut rien, que c'est le Christ qui peut tout en nous. L'âme humble ne craint pas d'agir et de réaliser de grandes choses, car elle cherche à glorifier Dieu.
L'humilité n'abaisse pas l'homme, car elle permet à l'homme de rejoindre Dieu. Aussi elle est « payante ».fruits
Pourquoi de tels abaissements ? Pourquoi faut-il descendre pour monter ? A cause de la kénose du Christ. « Lui qui était de condition divine, il s'anéantit lui-même, prenant la condition de serviteur. Il s'humilie plus encore. C'est pourquoi Dieu l'a exalté ». (Ph 2, 6)
L'humilité c'est le mouvement même de l'amour. Aimer, c'est s'effacer devant l'autre, lui vouloir du bien. au détriment de son propre moi.

Dom André Gozier, Prier 15 jours avec saint Benoît, éd Nouvelle cité

Accueil       

Présentation grenier - cisterciens       
   
La pensée cistercienne :

Le message : l'amour, l'Incarnation, Marie, l'existence chrétienne
Le florilège : l'amitié,  le baiser, la joie, la miséricorde, la prière, le repos, le silence...

Un aujourd'hui de la vie cistercienne :
les evenements,
la lectio divina 
La liturgie

L'histoire du monachisme

contact - liens - notes

Liste des textes cités