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11 juillet - Nous fêtons saint Benoît de Nursie

Nous pouvons relire son histoire

La « Règle » qu'il a écrite, au 6ème siècle, est encore mise en pratique aujourd'hui. Elle peut guider toute personne de bonne volonté car elle est un « chef-d'œuvre d'humanité ». Encore faut-il savoir y reconnaître l'Esprit dans ce qui faisait la vie des moines dans un contexte si différent du nôtre.
Des moines s'appliquent à dire comment ils la comprennent et en vivent aujourd'hui. Ainsi, Christian de Chergé, au prieuré de Tibhirine, présente le titre du chapitre 4 : «  Quels sont les instruments pour bien agir »

 « Convoqués aux bonnes œuvres »

Le terme fait vieillot et passablement moralisant. On pense aussitôt à la « dame d'œuvre », aux « œuvres de charité » de Monsieur le Curé. L'expression a un peu rajeuni sous la forme de la BA (bonne action) scoute... mais pour engendrer vite un  autre cliché du jeune homme bcbg (bon-chic-bon-genre). En fait, le français véhicule pas mal d'expressions avec l'adjectif BON dont le sens change selon la place de l'adjectif : un « bonhomme » c'est différent d'un homme bon ; une bonne femme, c'est différent d'une femme bonne. « Bonnes œuvres » n'est pas exactement équivalent à « œuvres bonnes ».
L'accent n'est pas le même si on le met sur le fait d'agir, ou sur le BIEN accompli. Si on passe du latin au grec, on est surpris de découvrir l'étroite connexion entre le beau (calos) et le bien (agatos). Il faudrait rejoindre l'original araméen... sûrement plus proche du BON, car la beauté est à la vue ce que la BONTE est au goût : le fruit était beau à voir et bon à manger ! Ceci pour dire l'étonnement qu'on éprouve en découvrant la place que le Nouveau Testament fait aux « bonnes œuvres ». C'est par l'Evangile que nous sommes convoqués à ces bona opera, avant même la Règle de saint Benoît.
Nous sommes les disciples dont Marc dit : IL a BIEN FAIT toutes choses... il fait entendre les sourds et parler les muets (Mc 7, 37). De même Pierre caractérise toute la façon d'être de Jésus en disant à Corneille et aux siens : il a passé en faisant le bien (Ac 10, 38). Les disciples d'Emmaüs (Lc 24,19) : Jésus de Nazareth... puissant en œuvre et en parole. Jésus, chez Jean, se démarque de cet autre dont les œuvres sont mauvaises dès l'origine. Il se laisse juger sur les œuvres qu'il fait, estimant qu'elles portent la signature inimitable. Et ce sera un critère de discernement pour tout disciple : C'est à son fruit... et à leurs œuvres que vous les reconnaîtrez. S'il œuvre le jour du SABBAT, c'est pour le bien qui doit tout primer  : est-il permis de faire le bien ou de faire le mal ce jour-là (Mc 3,4), de faire une guérison par exemple ? Le Sabbat est au service des œuvres bonnes. Oui, c'est par le bien qu'i fait que le disciple tranche sur les usages du monde.

Nous passons du registre moral au registre théologal...
L'œuvre bonne suscite la louange de Dieu, car elle désigne son véritable auteur. On va reconnaître aussi DIEU à ses œuvres. C'est dire qu'une œuvre est « bonne » dans la mesure où elle conduit à Dieu... et aussi qu'une œuvre faite pour Dieu ou par Dieu finira par se révéler « bonne » car Dieu bouq fait tourner toutes choses en BIEN pour ceux qui le suivent. Bien sûr, l'œuvre bonne ne  suffit pas à ouvrir les yeux des cœurs aveuglés. Ainsi de Simon face à la femme au parfum : C'est une bonne œuvre qu'elle vient d'accomplir envers moi (Mt 26, 10). De fait, l'ensevelissement comptait au nombre des « bonnes œuvres » auxquelles il fallait coopérer, et Jésus donne à la gratuité du geste de cette femme le sens théocentrique de tout geste de piété : bonnes œuvres et œuvres de religion se rejoindront désormais.
L'Opus Dei n'est pas seulement l'Office mais si nos œuvres bonnes sont « œuvres de Dieu », elles mettent la liturgie dans la vie. Ce que vous avez FAIT au plus petit d'entre les miens, c'est à MOI que vous l'avez fait. En Jésus, Dieu qui est l'agent des bonnes œuvres en devient aussi le sujet en chacun de ses frères. Et ces œuvres sont bonnes à un double titre : parce que elles viennent de Dieu et qu'elles remontent vers lui. Inutile d'ajouter qu'elles tiendront leur cachet d'authenticité, leur label de BONTE de l'Esprit-Saint. On est en perpétuelle genèse quand Dieu fait ŒUVRE et voit ce qui sort de ses mains : c'est BON, très BON ! La FOI en Jésus comme celle en Dieu a ses références et ce sont ses œuvres.

Cité  dans " Dieu pour toujours " p. 191.

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