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20 août - Nous fêtons saint Bernard de Clairvaux

Le monde va mal, très mal... Comment ne pas être écrasé par tout ce qui blesse nosfeu frères ? Qui peut prétendre à vivre sans souffrances ? Comment supposer qu'un a-venir meilleur pourrait survenir ?
En ce jour fêtons la confiance et l'espérance de saint Bernard, apprenons de lui à vivre l'épreuve  - qu'il nomme tribulation - dans la joie de la présence de Dieu.

Frère Pierre-Yves Emery, moine à Taizé, familier de la spiritualité cistercienne, par son ouvrage : "Prier quinze jours avec saint Bernard", nous aide à entrer dans les perspectives de l'Abbé de Clairvaux.

(En italique, texte de saint Bernard - droit, texte de frère Emery)
La tribulation ne fait-elle pas partie inévitablement de cette vie humaine ? Quel sens alors lui donner ? Et peux-tu imaginer suivre le Christ, vivre les béatitudes sans être de ceux qui pleurent pour être consolés ? accueillir l'Evangile sans te heurter violemment à tout ce qui s'y oppose, en toi, et autour de toi ?
Oui, nécessaire est la tribulation, comme une conséquence de la foi et de l'obéissance, et même comme une manière de choisir l'amour de Dieu et du prochain. Bernard affirme cette nécessité sans ressentir le besoin de la justifier : il se sait dans le droit fil d'une tradition qui remonte à Jésus et aux apôtres. Il précise d'ailleurs que si elle est nécessaire, c'est qu'elle prend un sens positif.

Effectivement, c'est dans la tribulation que se trouve l'espérance de la gloire ; plus encore : c'est dans la tribulation que se trouve la gloire elle-même, tout comme l'espérance du fruit est contenue dans la semence, et qu'ainsi le fruit lui-même est dans la semence. Voilà la manière dont le règne de Dieu, dès maintenant, est au-dedans de nous (Lc, 17,21), trésor immense déposé dans un vase d'argile (2 Co 4, 7), enfoui dans un champ sans valeur (Mt 13,44). Il est présent, dis-je : oui, mais caché. Heureux qui l'aura trouvé. Qui est-il donc celui-là ? - L'homme qui aura manifesté plus d'attention pour la moisson que pour les semailles.
Pour l'instant donc, hâtons-nous d'acheter ce champ pour acquérir le trésor qui s'y trouve caché (Mt 13,44). Considérons comme une joie suprême (Jc 1,2) de tomber dans toutes sortes de tribulations.
« Je suis avec lui dans la tribulation » (Ps 90, 15), dit Dieu. Et moi, entre-temps, je chercherais autre chose que la tribulation ? (...)
Dans la plénitude de la grâce, il est avec nous ; dans la plénitude de la gloire, nous serons, nous, avec lui. Il est descendu (1Th 4,16) pour se faire proche de ceux qui ont le cœur affligé (Ps 33, 19), pour être avec nous dans la tribulation.

Ce n'est donc pas en elle-même que la tribulation est utile, nécessaire, et, de ce fait, désirable. Non, c'est à cause de la promesse : le Seigneur y est avec nous. Mais c'est aussi parce que nous aurons « pris soin de l'avoir avec nous ». Autrement dit, la tribulation sera notre manière de le choisir, de nous remettre à lui, de lui appartenir en lui faisant confiance, et, en tout cela, de goûter mystérieusement sa présence. La « nécessité » de la tribulation, il ne s'agit pas de l'affirmer comme un principe général et abstrait, mais comme le fruit d'une expérience personnelle, à reprendre et à conscientiser dans la prière : oui, Seigneur Jésus, l'or doit être purifié, et sa qualité éprouvée, par le feu. Mais, ô merveille : acceptée, la tribulation n'est pas seulement une épreuve, elle est le moment privilégié entre tous où tu me rejoins et où je te trouve en te choisissant Qu'alors je puisse dire, avec ton serviteur Bernard :

bienfaitsPourquoi trembler, pourquoi hésiter, pourquoi fuir cette fournaise ? Le feu se déchaîne, oui, mais le Seigneur est avec nous dans la tribulation. « Si Dieu est avec nous, qui sera contre nous ? » (Rom 8,31). De même si c'est lui qui nous délivre, qui nous arrachera à sa main  ; oui, qui pourrait nous ravir de sa main (cf Jn 10, 28) ? Enfin si c'est lui qui glorifie, qui d'autre pourrait nous priver de sa gloire ?  Si c'est lui qui glorifie, qui nous humiliera

Tous les soirs, à l'office de Complies, les cisterciens chantent la promesse de Dieu (psaume 90, 15- 16) :

« Il m'appelle, et moi, je lui réponds ;
je suis avec lui dans son épreuve.
Je veux le libérer, le glorifier ;
de longs jours, je veux le rassasier,
et je ferai qu'il voie mon salut. »

Nous pouvons retrouver la vie de saint Bernard dans l'histoire, des textes liturgiques et la liste des extraits de ses écrits publiés sur ce site.

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