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LES SAINTS FONDATEURS
Robert, Albéric et Etienne,

fondateursau 12ème siècle, sur le roc de la Charité, ils ont bâti les fondations de l'Ordre Cistercien. Nous les fêtons le 26 janvier.
Pour ce qui concerne leur vie, voir les pages d'histoire.

Fêter les saints Fondateurs ce n'est pas seulement rappeler ce qu'ils ont vécu, c'est beaucoup plus : voir dans notre aujourd'hui comment nous sommes "ajustés" à ce qu'ils ont voulu réaliser.

Comment, quand on n'est pas savant, pas spécialiste... comment rejoindre nos Pères Robert, Albéric, Etienne et autres frères de Cîteaux ? A quoi bon des Pères si nous n'avons pas accès à eux ?
La grâce de ce jour - solennité de nos saints fondateurs - ne serait-ce pas de croire qu'ils nos sont proches, de les croire capables d'éclairer notre aujourd'hui, ici, et même de les entendre nous dire : vous êtes nous... (ce « nous » vivant d'une Tradition toujours en éveil : à l'écoute de ce que dit l'Esprit). Frères, il me semble qu'un certain dépouillement (qui n'est pas le résultat de nos vertus, mais plutôt le fruit d'une fidélité, d'une constance...) nous amène à vivre quelque chose comme un Nouveau Monastère - oui : une nouveauté, qui n'a pas été programmée, qui peut tourner court... mais l'avenir des transfuges de Molesme était loin d'être assuré. « Leur seule crainte, dit le Petit Exorde, mais crainte au bord du désespoir, à ces pauvres du Christ, était de ne pouvoir laisser des héritiers de leur pauvreté. » Pouvons-nous penser qu'en nous voyant ici, aujourd'hui, nos Pères n'ont plus de crainte... mais : comment vivre en héritiers de pauvreté ? Comment surtout ne pas s'enrichir de l'héritage ?
Ne réclamons pas à nos Pères notre part d'héritage : un bagage bien ficelé de valeurs cisterciennes. Non, continuons de vivre avec eux : pauvres du Christ : c'est lui le Fils bien-aimé qui hérite du Père en Pauvre éternellement comblé par l'Esprit. Jésus veut nous enrichir de sa pauvreté. Comprenons : celui qui hérite, c'est l'ENFANT. Alors ce qu'il faut peut-être : c'est revenir à l'enfance de l'Ordre. Et c'est une enfance pauvre. Regardons le Nouveau-Né, ce Novum Monasterium, si fragile, faible, plus encore : incertain.
Et c'est peut-être cela qui permet la « nouveauté », celle de l'Evangile... qui est l'avenir de l'Ordre, l'avenir des Petits Frères, l'avenir de l'Eglise et de l'humanité. Cet enfant appelé Cîteaux, je le vois comme un enfant prodigue, il s'en va, il quitte la maison, et il a pris sa part d'héritage, la Règle de saint Benoît... mais en plus, il a eu cette bonne idée, cette audace de partir avec... le père, Robert, abbé de Molesme. Il ne s'en va pas dans un mouvement d'émancipation ou de révolte : il part dans l'obéissance et il s'en va humblement, courageusement.
N'est-ce pas cela qu'il faut faire avec la Tradition : pour lui rester fidèle, partir... humblement... en l'emmenant. Et l'Exode, l'Hégire, permet de la relire autrement, avec des yeux nouveaux, à la lumière d'une expérience autre, exigeant une conscience actuelle : ici, Fès et Tibhirine, ou Bellefontaine ou Latroun. L'enfant est donc parti, « l'an de l'Incarnation du Seigneur 1098, transformant la solitude découverte en commençant à y construire une abbaye... » Le petit grandit ; il s'affirme, il se construit.
L'enfant, parce qu'il est tout contre sa mère (Ps 130,2), peut choisir l'abandon : pour grandir en confiance dans la paix et le silence.

Frère Christophe, extrait de l'homélie, 26 janvier 1991, cité dans : Adorateurs dans le souffle

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