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LES SAINTS FONDATEURS
Robert, Albéric et Etienne,

fondateurs
au 12ème siècle, sur le roc de la Charité, ils ont bâti les fondations de l'Ordre Cistercien. Nous les fêtons le 26 janvier.

Pour ce qui concerne leur vie, voir les pages d'histoire.
En bas de page, textes de la liturgie du jour.

 

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La pensée cistercienne :

Le message : l'amour, l'Incarnation, Marie, l'existence chrétienne
Le florilège : l'amitié,  le baiser, la joie, la miséricorde, la prière, le repos, le silence, la tradition

Un aujourd'hui de la vie cistercienne

La liturgie

L'histoire du monachisme

Liste
des extraits des écrits

Textes pour la liturgie de ce jour (d'après l'Ordo de l'OCSO)

Première lecture : Siracide, 44,1. 10-15
01 Faisons l'éloge de ces hommes glorieux qui sont nos ancêtres. 10 Il n'en est pas ainsi des hommes de miséricorde, leurs œuvres de justice n'ont pas été oubliées. Avec leur postérité se maintiendra le bel héritage que sont leurs descendants. Leur postérité a persévéré dans les lois de l'Alliance, leurs enfants y sont restés fidèles grâce à eux. Leur descendance subsistera toujours, jamais leur gloire ne sera effacée. Leurs corps ont été ensevelis dans la paix, et leur nom reste vivant pour toutes les générations. Les peuples raconteront leur sagesse, l'assemblée proclamera leurs louanges.

Deuxième lecture : Hébreux 11, 1-2. 8-16
01 La foi est une façon de posséder ce que l'on espère, un moyen de connaître des réalités qu'on ne voit pas. Et quand l'Écriture rend témoignage aux anciens, c'est à cause de leur foi.
8 Grâce à la foi, Abraham obéit à l'appel de Dieu : il partit vers un pays qu'il devait recevoir en héritage, et il partit sans savoir où il allait. Grâce à la foi, il vint séjourner en immigré dans la Terre promise, comme en terre étrangère ; il vivait sous la tente, ainsi qu'Isaac et Jacob, héritiers de la même promesse, car il attendait la ville qui aurait de vraies fondations, la ville dont Dieu lui-même est le bâtisseur et l'architecte. Grâce à la foi, Sara, elle aussi, malgré son âge, fut rendue capable d'être à l'origine d'une descendance parce qu'elle pensait que Dieu est fidèle à ses promesses. C'est pourquoi, d'un seul homme, déjà marqué par la mort, a pu naître une descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel et que le sable au bord de la mer, une multitude innombrable. C'est dans la foi, sans avoir connu la réalisation des promesses, qu'ils sont tous morts ; mais ils l'avaient vue et saluée de loin, affirmant que, sur la terre, ils étaient des étrangers et des voyageurs. Or, parler ainsi, c'est montrer clairement qu'on est à la recherche d'une patrie. S'ils avaient songé à celle qu'ils avaient quittée, ils auraient eu la possibilité d'y revenir. En fait, ils aspiraient à une patrie meilleure, celle des cieux. Aussi Dieu n'a pas honte d'être appelé leur Dieu, puisqu'il leur a préparé une ville.

Evangile selon saint Marc 10, 24b-30
24 Jésus reprenant la parole leur dit : « Mes enfants, comme il est difficile d'entrer dans le royaume de Dieu ! Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu. » De plus en plus déconcertés, les disciples se demandaient entre eux : « Mais alors, qui peut être sauvé ? » Jésus les regarde et dit : « Pour les hommes, c'est impossible, mais pas pour Dieu ; car tout est possible à Dieu. » Pierre se mit à dire à Jésus : « Voici que nous avons tout quitté pour te suivre. » Jésus déclara : « Amen, je vous le dis : nul n'aura quitté, à cause de moi et de l'Évangile, une maison, des frères, des sœurs, une mère, un père, des enfants ou une terre 30 sans qu'il reçoive, en ce temps déjà, le centuple : maisons, frères, sœurs, mères, enfants et terres, avec des persécutions, et, dans le monde à venir, la vie éternelle.

Vie communautaire

Les fondateurs

Robert et ses compagnons ont quitté Molesmes parce qu'ils estimaient que la pratique de la Règle de saint Benoît en ce lieu, n'était que tiédeur et paresse.

Dans cette Règle nous lisons :
Les frères se préviendront d'égards les uns les autres, supporteront avec une extrême patience leurs infirmités physiques et morales
Nul ne cherchera ce qui est utile à lui-même mais ce qui l'est à autrui.
Les frères se témoigneront un amour fraternel, ils aimeront leur abbé d'un amour humble et sincère. (72 4-10)
Les frères se serviront les uns les autres, mutuellement avec charité. (35 1)
Le soin des frères malades doit tout primer. On les servira vraiment comme le Christ qui a dit : « J'étais malade et vous m'avez visité ». (36 1-2)
Les frères donneront leur avis en toute humilité et soumission et n'auront pas l'audace de défendre effrontément leur opinion. (3,4)

Désireux de laisser à l'Ordre naissant ce qu'il fallait mettre en œuvre pour rester fidèles à l'esprit des fondateurs, Etienne Harding écrit « La Charte de Charité »

Et donc, dans ce décret, les frères voulant prévenir un naufrage éventuel de la paix mutuelle, mirent au clair, statuèrent et transmirent à leurs descendants par quel pacte d'amitié, par quel mode de vie, ou plutôt par quelle charité souder indissolublement par l'esprit leurs moines corporellement dispersés dans les abbayes en divers endroits de la région. Ils estimaient également que ce décret devait porter le nom de Charte de charité parce que sa teneur, rejetant le fardeau de toute redevance matérielle, poursuit uniquement la charité et l'utilité des âmes dans les choses divines et humaines. (C. C. Prologue 3-4)

En Eglise

Les fondateurs de l'Ordre cistercien avant de quitter Molesmes désirent en référer à l'Eglise, ils vont trouver le légat du Pape qui approuve leur démarche :
Nous avons jugé utile que vous vous retiriez en un autre lieu que la largesse divine vous indiquerait, et que vous y serviez le Seigneur de manière plus profitable et plus tranquille. Dès lors, en vertu de l'autorité du Siège apostolique, nous confirmons à perpétuité cette décision par l'apposition de notre sceau.
A cette même époque, celui qui était arrivé là comme abbé reçut de l'évêque de ce diocèse, sur l'ordre du légat, le bâton pastoral avec la charge des moines. . C'est ainsi que cette Eglise grandit et fut érigée canoniquement en abbaye par l'autorité apostolique.

Aucun monastère cistercien ne s'établira sans avoir reçu l'accord de l'évêque du lieu.
Bientôt l'Eglise choisira pour pasteurs des Abbés cisterciens, appréciant leur spiritualité, leur liturgie, leurs coutumes.... L'Eglise avait alors besoin de ce service !

L'histoire de cet Ordre et celle de l'Eglise seront intimement mélées...

En Algérie

En 1976 les pouvoirs publics dans une orientation nationaliste et socialiste demandent la fermeture du monastère. Le Cardinal Duval obtient son maintien. Cession d'une grande partie des terres,  Notre-Dame de l'Atlas, ne sera plus qu'un humble prieuré mais il demeure !

Mgr Teissier, archevèque d'Alger s'intéressait vivement aux frères de Tibhirine. Trois jours après la visite des islamistes la veille de Noël, il va les rencontrer. Il exprime leur situation par rapport aux autres communautés chrétiennes :
Les moines étaient trop connus à travers le pays, s'ils quittaient les lieux sans prévenir, cela risquait de déclencher un vent de panique chez le reste des chrétiens... Que pourraient penser les voisins de leurs liens, s'ils les voyaient partir pour Alger ou Fès, eux qui étaient dans l'impossibililité de quitter leur village ?

Quelques années plus tard il écrira :
Les liens du monastère avec l'Eglise d'Algérie s'approfondissaient. Le monastère devenait ainsi comme une 'icône' de la vocation de l'Eglise d'Algérie : une communauté de moines, disciples de l'Evangile de Jésus, travaillant leur terre, mais vivant une relation fraternelle et respectueuse avec son voisinage musulman.

Le cardinal  Duval : Toute l'Eglise d'Algérie est avec vous.

Stabilité

Moines et moniales de l'Ordre cisterciens

Suite du texte du légat du Pape :
Aux frères venus avec lui, il fit promettre la stabilité en ce lieu comme le veut la Règle

Constitutions de l'Ordre Cistercien (9- 10 -11)
Par la profession monastique le frère est consacré à Dieu et agrégé à la communauté qui l'accueille.
Par le vœu de stabilité dans sa communauté, le frère, confiant en la Providence de Dieu qui l'a appelé en ce lieu et dans ce groupe de frères, s'engage à employer là, avec constance, les instruments de l'art spirituel.

Notre-Dame de l'Atlas

Thomas Georgeon : Le monastère d'une certaine façon protégeait Tibhirine, la violence qui frappait partout dans la région l'avait épargné  ! Partir c'était laisser la place à l'armée qui engendrerait la violence.
La stabilité n'était plus seulement à un lieu mais à des groupes de personnes.

Christophe : Je ne peux pas nous imaginer ailleurs qu'ici. C'est aujourd'huile lieu que tu nous indiques : Allons !
Depuis Noël nous sommes en marche : libres d'être ici jusu'à preuve du contraire. Faut-il anticiper l'adversité ? Nous sommes encore loin peut-être du Lieu de VIE, du lieu saint.. de la croix où se repose en Fin l'éternel je t'aime (ouvert à tous).
Nos voisins ne nous imaginent pas non plus ailleurs qu'ici, avec eux. C'est avec eux qu'il y a lieu de vivre notre vocation monastique et d'inscrire ici une pauvre et imparfaite réponse de disciples : en Eglise - vive.

Comment ne pas lier, en cette année  2019, la fête des saints Fondateurs de l'Ordre cistercien à la Béatification des dix-neufs martyrs d'Algérie dont les sept « moines de Tibhirine » ? En s'installant, avec une vingtaine de moines, sur les terrains jonchés de cistels, Robert de Molesmes, ouvrait le chemin qu'ont suivi les Bienheureux Christian, Christophe, Célestin, Luc, Michel, Paul, Bruno...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et à Tibhirine...

Christian de Chergé commentant le texte fondateur de la Charte de Charité :
Elle est un trésor précieux dont le nom est à lui seul un contenu inépuisable.

Christophe : Puis il y eut le service militaire... en Algérie. Je suis monté plusieurs fois à Notre-Dame de l'Atlas, et j'ai aimé cette communauté sans éclat, simple et très vraie : des hommes qui s'obstinent, humblement et paisiblement à témoigner que Dieu vaut la peine qu'on donne, ensemble, sa vie pour lui, pour le prier, l'adorer, accueillir les Béatitudes... et apprendre ainsi à aimer, à aimer jusqu'au bout du quotidien. J'ai donc choisi la vie à l'Atlas...

Claude Rault : Un séjour prolongé a fait grandir en moi cet attachement profond à Notre-Dame de l'Atlas, où se conjuguaient prière, pauvreté, et hospitalité. C'est l'attrait de la simplicité qui les avait jetés au flanc de la montagne.

A partir du jour où les étrangers sont invités à quitter l'Algérie ils se savent en danger, constamment... Se pose la question de rester ou de partir. La visite des islamistes dans la nuit de Noël 93 est bouleversante.

Christophe : Il y avait cette nuit-là. Chacun a vécu des choses graves. Chacun les interprète, chacun tâche de les assumer et puis il y a aussi un nous qui chemine, progresse en grâce et en sagesse (!?!), on est déplacé, conduit là où on n'aurait jamais pu aller malgré notre religion.

Christian : Les événements qui nous ont immensément rapprochés n'ont rien gommé des différences. Il a fallu apprendre l'obéissance ensemble, sans préjudice pour la conscience de chacun

Lettre communautaire du carême 1995 : Apparemment, rien n'a changé : mêmes lieux, mêmes personnes ! Et cependant… Tandis que nos caractères restent les mêmes, avec leurs charmes et leurs aspérités, il y a entre nous une qualité neuve d'harmonie et d'acceptation mutuelle. Nous sommes parvenus à une plus grande capacité d'écoute, grâce à l'urgence prenante des décisions à élaborer, et dans l'évidence qu'il nous faut avancer ensemble dans la foi. Le danger est là, au quotidien, diffus ; chacun le sait, le sent, pour lui et pour l'environnement.

Dom Armand Veilleux procureur de l'Ordre lors de la "visite régulière" janvier 1996. Vous êtes devenus une communauté plus fortement soudée, et vos liens avec la population et avec l'Eglise locale sont plus solides que jamais. Vous savez vous-mêmes que vous n'êtes pas parfaits. crois que votre communauté est spirituellement et monastiquement à un des meilleurs moments de son histoire.