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Noël       CONTEMPLATION

Devant l'image faisons nôtre, dans la méditation, la pensée de saint Bernard.

Dieu s'est fait petit enfant pour que nous n'ayons pas peur de lui et que nous vivions avec lui une relation de tendresse.
Le voici enfant et enfant sans voix car les vagissements d'un nourrisson suscitent l'attendrissement plutôt que le tremblement.
Oui, il s'est fait petit enfant ; la Vierge, sa mère, enveloppe de langes ses membres délicats (Lc 2,7) et toi, tu tremblerais encore d'effroi ?
A ce signe du moins tu sauras qu'il est venu non pour te perdre mais pour te sauver, pour te délivrer, non pour t'enchaîner.

Cet enfant est le fils de Dieu. Nous voyons qu'il a abandonné toute la puissance qu'on attribue à Dieu. Il nous montre ainsi qu'il n'a pas peur de la fragilité, de la pauvreté. En contemplant l'enfant nous avons sans doute à renouveler notre pensée sur Dieu.
Grande, en vérité, mes bien-aimés, est la fête de la naissance du Seigneur, que nous célébrons aujourd'hui. Mais le jour est bref, et il oblige à abréger le sermon. Rien d'étonnant, si nous rendons bref notre verbe, puisque Dieu le Père, lui, a fait en sorte que son Verbe soit abrégé. Voulez-vous savoir à quelle grandeur il atteignait, et à quelle brièveté il a été ramené ? "Je remplis, moi, le ciel et la terre" (Jr 23,24), déclare le Verbe. Or maintenant, voici qu'il s'est fait chair (Jn 1, 14) et qu'il trouve place dans les limites étroites d'une crèche (Lc 2,7) "Depuis les siècles et pour les siècles, tu es Dieu" (Ps 89,2), dit de lui le prophète ; et le voici enfant agé d'un seul jour.

Pourquoi cela, frères ? Quelle nécessité poussait le Seigneur de majesté à s'anéantir de la sorte ? (Ph 2,7-9), à s'humilier pareillement, à s'abréger ainsi, sinon celle de vous voir agir de même (Jn 13,15) ? Déjà il crie par son exemple, ce que, par la suite, sa parole proclamera : "Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur"

L'enfant de la crèche nous dit ce que Jésus redira dans son enseignement : "En vérité, je vous le dis : quiconque n'accueille pas le Royaume de Dieu en petit enfant n'y entrera pas" (Lc 18, 17)
C'est bien pourquoi je vous supplie, frères, et que je multiplie mes instances : ne supportez pas qu'un si précieux modèle vous soit montré en vain, mais rendez-vous conformes à lui par la rénovation spirituelle de votre esprit (Ep 4, 23). Efforcez-vous à l'humilité, car elle est le fondement et la gardienne de toutes les vertus ; suivez-la à la trace, car elle seule peut sauver vos âmes (cf Jc 1,21) Quoi de plus inconvenant, en effet, quoi de plus abominable, et de plus gravement punissable, pour un homme que de voir le Dieu du ciel se faire petit enfant, et de continuer soi-même à se grandir sur la terre ? Quelle insupportable impudence, alors que la Majesté s'est anéantie elle-même, si le vermisseau s'enfle et se gonfle d'importance !

Prière avec le psaume 130
Seigneur, je n'ai pas le coeur fier ni le regard ambitieux ;
je ne poursuis ni grands desseins, ni merveilles qui me dépassent.
Non, mais je tiens mon âme égale et silencieuse ;
mon âme est en moi comme un enfant, comme un petit enfant contre sa mère.
Attends le Seigneur, Israël, maintenant et à jamais.

Textes de saint Bernard dans "Pour Noël" sermon 4, (1-4)

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