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Pâques 2018

rouges« La première expérience pascale est celle d'un manque » dit le Père Christian de Chergé dans une homélie pascale en 1995.
Les évolutions dans l'Eglise, les guerres, les migrations, les crises politiques, les famines, ne nous font-elles pas ressentir douloureusement nos manques, nos faiblesses...
Comment ont-ils pu devenir les martyrs de la Bonne Nouvelle, ceux-là qui avaient eu peur, qui avaient douté, qui s'en allaient tristes et déçus ?
Bienheureuse pauvreté qui nous permet de faire place au Royaume !

Dans la Pâque de Jésus, tout se dérobe : un grand vide ! Même les signes de notre pauvre attachement que nous destinions à ce mort, gisent là, inutiles, dépourvus de sens : Inutiles les aromates d'un grand prix ! Inutiles les linges qui enveloppaient le gisant ! Inutile ce tombeau neuf et à jamais inutilisable !
Le mort lui-même a disparu ! Et inutile de le chercher. Nous sommes dépouillés de sa dépouille...

PAUVRETE de la foi quand elle bute sur l'évidence : « Il n'est plus ici ! » Peur, perplexité...
Pauvreté, encore, du témoignage quand il ne sert à rien : personne pour donner du crédit à ce que disent les femmes. Pauvreté de la mémoire, celle de Pierre et des autres ils ont tout oublié. Et pauvre intelligence qui n'a rien compris. La première expérience pascale est celle d'un manque.

Reste l'espérance qui est aussi expérience radicale de pauvreté : on accepte de ne pas voir devant, et on se retient de retourner en arrière.
C'est alors que se donne à goûter la pauvreté qui est le Royaume. Il fallait ce dépaysement pour laisser vraiment place au ressuscité. Nous allons avoir tendance à nous agripper à lui, dans la joie de le posséder de nouveau. Mais non, il ne sera plus comme avant, il nous échappe...

PÄQUES, c'est la grande célébration du sens caché des choses de Dieu. La création toute entière s'éveille à la vie de Dieu qui couvait en son sein. Dans cet immense enfantement qui commence, il lui faut abandonner tout ce qu'elle a pour découvrir enfin ce qu'elle est. En se laissant façonner comme à nouveau, à l'ombre de l'Esprit-Saint, mieux encore qu'aux jours de sa genèse.
Car le grand artisan de cette révolution c'est l'Esprit dont la joie propre est de n'avoir rien en propre, de n'être que DON gratuit en totale dépendance de qui l'accueille. Les pauvres le savent : parce qu'ils n'ont rien, ils sont disponibles à la grâce qui passe.

L'homme de Pâques doit avoir les mains transpercées. Alors, il laisse voir que le Royaume est là en lui. Bientôt Pierre aura fait le passage. L'Esprit aidant, il accède à la pauvreté qui fait désormais sa seule richesse : « Je n'ai ni or ni argent, dira-t-il au boiteux qui quémande son droit à la vie, mais ce que j'ai je te le donne : AU NOM DE JESUS-CHRIST RESSUSCITE, LEVE-TOI ET MARCHE ! »

Oui, le Royaume est là ! Heureux sommes-nous d'être ces pauvres qu'il remet debout !

Père Christian de Chergé, cité dans "L'autre que nous attendons"

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