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Pour le temps du CAREME

MEDITATION SUR LA CROIX DE CENDRES
Frère Christophe, homélie

Jésus va nous « croiser », nous marquer du signe de sa croix.

Recevoir la croix de cendres c'est recevoir un secret... Ton Père voit ce que tu fais en secret : il voit ta vie greffée sur la croix et qui porte du fruit, même si à toi elle semble stérile, inutile. La croix est un secret d'amour : et Dieu brûle de le voir enflammer tous les cœurs. Ce carême, ici, à Fès, c'est aussi un secret : celui du grain qui tombe ici en terre.

Recevoir la croix des cendres, c'est recevoir un signe de lumière. Oui, car nous savons que lorsqu'il paraîtra, nous lui serons semblables puisque nous le verrons tel qu'il est. Quiconque fonde sur lui, Jésus, une telle espérance, se rend pur comme lui Jésus est pur. Les jours de Carême sont des jours saints, non pas du fait de nos bonnes actions mais par ce que Jésus est saint nous sanctifiant dans l'Esprit.

La croix des cendres, c'est aussi un signe de ressemblance, et d'appartenance : Jésus est le premier-né d'une multitude de frères qui retrouvent en lui le Fils bien-aimé : la gloire des enfants bénis du Père, regardés par le Père, qui voit dans le secret ce que je suis en vérité.

La croix des cendres : un signe de victoire. Parce que ces jours sont un combat. Il s'agit de refuser comme illusoire toute victoire qui ne serait pas celle de Jésus le crucifié ressuscité, le Serviteur exalté, obéissant jusqu'à la mort, glorifié auprès du Père, élevé. Jésus nous donne son signe : ton combat est le mien pour le salut de ce monde, n'aie pas peur, je suis vainqueur. Pose-moi comme un sceau sur ton cœur (Ct 8, 6) le lieu et l'enjeu de ce combat, c'est notre cœur et nous accueillons la croix des cendres comme une blessure car l'Amour est fort comme la Mort (Ct 8, 6)

Une blessure d'amour. Ecoutons Bernard : « Marie l'a reçue dans son être : une grande et douce blessure d'amour ; pour moi, je m'estimerais heureux si de temps à autre, je pouvais me sentir frappé au moins par l'extrême pointe de ce glaive ». Marie a résisté à toute tentation : à l'abri du très Haut. Marie a vaincu : son armure, son bouclier, c'est la Fidélité à son Seigneur. Marie repose à l'ombre du Puissant, elle ne craint pas le Mal. Près d'elle, recevons, recevons la croix des cendres comme un signe de Pâque. avec elle, entrons dans la joie du saut, acceptons d'être imposés, acceptons d'être sauvés, d'être aimés.

Mercredi des Cendres, Fès 13 février 1991 Cité dans "Lorsque mon ami me parle" Ed Bellefontaine

 

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