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                                        Pour NOËLcreche



25 décembre 2016
SOYEZ DANS LA JOIE
Méditation donnée par le Père Ginepro, dans l'homélie à la messe de minuit, à l'abbaye de Tamié le 24 décembre 2015...

Noël est enfin là. Soyez dans la joie, chers amis qui êtes là pour vivre avec nous cet événement fondamental de notre foi : Dieu qui se fait homme.

Mais, je me demande, pouvons-nous, effectivement (vous et moi, et nous, moines de Tamié), pouvons-nous être joyeux ? Ou bien, mon voeu, mon souhait n'est-ce qu'une formule parmi d'autres, une formule qui serait... creuse, sans un contenu possible ? Car nous aurions tout-à-fait le droit d'être, au contraire, préoccupés, ou malades, ou chagrinés... ! Ce n'est pas parce que les circonstances ambiantes affichent un air de fête qu'on est obligé d'avoir tous une bonne mine et le sourire aux lèvres... D'ailleurs, des statistiques et des journaux nous rappellent qu'en ces fêtes de fin d'année on assiste, dans nos pays, à des vrais drames. Les tragédies, les maladies qui touchent nos corps et nos esprits sont là pour nous rappeler l'ampleur de notre précarité...
En effet, je me demande, que pourraient-elles répondre à mon : « Soyez joyeux ! » ces centaines de milliers de personnes chassées par la misère ou l'innommable de leur patrie, ces gens qui fuient vers nous et que nous estimons IN-DE-SI-RA-BLES ? A ces hommes, à ces femmes, à ces enfants, pourrai-je leur dire : « soyez dans la joie ! », sans.... rougir ? Et à ces autres, touchées directement ou indirectement par des attentats, alors... ?

Remarquons, en passant, que Marie, qui attendait son enfant, et Joseph étaient, eux aussi, des réfugiés, des gens que personne ne voulait accueillir ; pas de place pour eux non plus dans leur entourage.

Sortons donc de l'équivoque : cette joie dont nous parle le texte que nous avons entendu doit être de toute autre nature. Aujourd'hui, un Evangile (une Bonne Nouvelle) nous est annoncé, par la bouche des messagers de Dieu (ceux que notre texte appelle : des Anges) qui s'adressent aux bergers de Bethléem. Ces Messagers de Dieu insistent en disant qu'ils annoncent une grande joie... Quelle grande joie, et pour qui ? Pour commencer, cette joie est, avant tout, pour les bergers qui n'étaient certainement pas parmi les privilégiés dans la société de leur temps ; mais pas seulement pour les bergers : cette joie-là est vraiment pour tous. Donc pour nous aussi ! Oui, n'ayons pas peur et sentons-nous concernés : cette joie est vraiment pour nous tous !

La joie de Noël est pour chacun de nous. Elle ne vient pas des cadeaux, de l'argent, du luxe qui éblouit, d'une santé parfaite, de la stabilité économique, mais de l'irruption de Dieu dans l'histoire humaine. Oublié, mis de côté comme un objet superflu, Dieu, oui, Dieu lui même, a voulu se faire proche de nous, comme nous... Il s'est fait, comme dit l'Evangile, DIEU-AVEC-NOUS, l'Emmanuel. Essayons de comprendre la portée de cette affirmation, de cet événement central de l'histoire et d'en être reconnaissants ! Voilà la raison pour se réjouir.

Bien sûr, nous savons que Dieu est depuis toujours dans l'histoire humaine ; n'est-ce pas lui, Dieu, qui a créé l'univers et la Terre et l'homme ? Mais on dirait que ce dernier, l'homme, enivré par sa liberté, semble avoir oublié ses origines et sa finalité et... il s'est ainsi égaré, il a perdu la joie, car il ne sait plus qui il est vraiment et où il va...

Et bien, c'est pour cela que Dieu vient chercher l'homme en se faisant petit enfant. Voilà pourquoi nous devons être joyeux !
A chacun de nous d'accueillir Dieu dans sa propre vie, de lui donner de l'espace, de savoir accueillir ce cadeau : Dieu qui vient à nous. A nous d'être, généreux, inventifs, créatifs. Ne cessons pas d'espérer ! Que ce soit notre manière de ne pas céder à l'angoisse qui nous gagne : cultivons ainsi l'espérance !

Une superbe photo parue dans le journal LA CROIX de samedi dernier a attiré mon attention. Sur une route poussiéreuse, une vieille fourgonnette avance cahin-caha et semble sur le point d'être approchée et dépassée. C'est ainsi que le photographe a volé sa photo. On peut voir, sur le plateau arrière surchargé, pêle-mêle, des pauvres choses entassées. Dans le tas on y distingue une vieille moto, des coussins, des bassines, des baluchons, des sacs de différentes tailles, des couvertures, des brics et des brocs... On lit en dessous qu'il s'agit d'une famille syrienne qui rentre dans son village. Si on regarde avec plus d'attention, dans le rétroviseur du véhicule qui avance, on aperçoit, au volant, le visage du père de famille. Sur ce marasme, au dessus des pauvres marchandises accumulées à la hâte, flottent quatre têtes très jeunes ; tout en s'accrochant pour garder l'équilibre, deux regardent en avant et deux en arrière. Hors de doute que ces yeux ont connu le pire : on peut facilement s'en apercevoir, car leur regard effrayé nous transperce. Dans les yeux du jeune garçon et de la toute jeune fille (voilée) on peut deviner le drame qu'ils ont vécu et dont ils ne sont pas encore complètement sortis. Belle image de ce Noël 2015 ! Belle crèche. Je me dis que c'est ainsi que le Fils de Dieu est venu au monde. Au dessus de la photo campe un gros titre : ESPERER, ENCORE ET TOUJOURS. Oui, cela vaut pour nous aussi.

Espérons, donc ! A vous tous, de ma part et de la part de mes frères moines, j'ose, malgré tout, vous le dire : DIEU EST PARMI NOUS. Joyeux Noël !


QUI DONC EST DIEU ?
Frère Didier, homélie

Mais qui donc est Dieu pour être ainsi un enfant... parmi tous les enfants du monde ?
Qui donc est Dieu pour être, cette nuit, ce Nouveau-Né si fragile, si vulnérable, si dépendant de nous...

Et je me dis que Dieu ne nous manifeste vraiment qui il est que lorsqu'Il devient Homme.
Et même plus : je me dis que Dieu n'est vraiment Dieu que lorsqu'Il devient Homme... parce qu'Il n'est pas seulement le Dieu qui EST et le Dieu qui VIENT, mais aussi le Dieu qui DEVIENT, comme le dit si bien saint Jean dans la prologue de son Evangile que nous méditons à la messe du jour.
N'est-il pas vraiment pleinement lui-même que lorsqu'il devient Homme... et sera-t-il pleinement lui-même tant que l'humanité ne participera pas à sa Divinité ?

Si l'homme appartient à ce point au Mystère de Dieu, quel Mystère que l'homme ?
En devenant un embryon dans le ventre d'une maman, en devenant un enfant parmi tous les enfants du monde, Dieu nous en dit long sur lui-même, mais il nous en dit long aussi sur nous-mêmes.

Qui donc est l'homme pour être habité par Dieu, pour être enceint de Dieu comme Marie... pour être appelé à mettre Dieu au monde comme Marie la nuit de Noël... l'homme qui porte Dieu et qui le porte au monde, l'homme qui donne à Dieu son humanité... et qui reçoit de Dieu sa Divinité... l'homme adorable !

Ainsi Noël nous invite à l'émerveillement devant toute personne humaine... dont Dieu vient personnellement assumer toute la vie depuis sa conception jusqu'à sa mort.
La reconnaissance que Dieu attend de nous, ce n'est pas seulement que nous reconnaissions le visage humain de Dieu dans l'Enfant de la crèche, mais ce visage humain de Dieu, que nous le reconnaissions en tout homme, en toute femme, en chacun de nous... c'est-à-dire concrètement que le visage de mon plus proche prochain est devenu pour moi le plus beau visage du monde et que nous sommes engagés à un respect infini pour chaque personne et tout particulièrement pour les plus vulnérables... que ce soit la fragilité de l'embryon qui vient d'être conçu, la fragilité des personnes malades, handicapées, déséquilibrées, la fragilité du vieillard qui a besoin de notre présence pour les plus petites choses de la vie...

Vraiment je me dis que notre frère et ami, frère Christophe de Tibhirine, avait raison de dire : « Surtout pas de vacances pour Noël » car nous avons un tel travail de reconnaissance à accomplir. Rien moins que ça : reconnaître le visage divin de l'homme !

L'Enfant-Dieu il est caché en chacun de nous, il faut le rejoindre dans l'invisible. Descendre doucement en moi vers cet Enfant et l'adorer... et me laisser aimer par Lui et me décider à le reconnaître en chacun... et à le déclarer au monde.
Rendez-vous dans la crèche du cœur, c'est là que l'Enfant-Dieu nous apprendra à devenir nous aussi des enfants qui sauront jouer avec tous les enfants du monde.

(Extraits homélie, Tamié, date non retenue)


I l    V I E N T
Bernard de Clairvaux sermon pour l'avent

Mais vous, frères, à qui, comme « à de petits enfants, Dieu révèle ce qui demeure caché aux sages et aux savants », appliquez-vous à méditer assidûment ce qui apporte véritablement le salut en vous demandant : qui est celui qui vient ? d'où vient-il ? où vient-il ? en vue de quoi ? quand ? et par quel chemin ? Sans nul doute, pareille curiosité est louable et salutaire.

Qui vient? Le Fils de Dieu
Premièrement donc, avec l'Apôtre extasié et émerveillé, « regardez », vous aussi, « la grandeur de celui » qui s'avance. C'est bien celui qui, au témoignage de Gabriel, est « le Fils du Très-Haut », et donc lui aussi Très-Haut avec le Très-Haut. Car il n'est pas permis de soupçonner le Fils de Dieu d'être inférieur à son Père, mais on doit le reconnaître d'égale élévation et de dignité absolument identique. Qui ne sait en effet que les fils des princes sont princes, eux aussi, et que les fils des rois sont eux-mêmes rois?
Cependant pourquoi, des trois Personnes que nous croyons, confessons et adorons dans la souveraine Trinité, n'est-ce ni le Père qui vient, ni le Saint-Esprit, mais le Fils ? Je ne peux absolument pas croire que cela soit sans raison. Mais « qui a connu la pensée du Seigneur ? Qui a été son conseiller ? » Car ce n'est pas sans une très profonde intention de la Trinité qu'il a été décidé que ce serait le Fils qui viendrait.
Je m'explique. « Lucifer », celui-là « qui se dressait dans la lumière du matin », a tenté d'usurper la ressemblance avec le Très-Haut, et « il a considéré comme une proie à saisir d'être l'égal de Dieu », ce qui est évidemment la prérogative du Fils. C'est pourquoi il a été aussitôt jeté bas et s'est effondré, car le Père s'est enflammé d'un amour jaloux pour son Fils. Devenu aussitôt jaloux de l'homme, Lucifer « enfanta en cet homme l'iniquité qu'il avait conçue » en son propre sein ; il le persuada qu'en goûtant le fruit défendu, il deviendrait comme Dieu, connaissant le bien et le mal.
Il est bien vrai en effet qu'Adam et Eve, eux, les premiers de notre race, sont « des désobéissants et des complices de voleurs » ; ce qui appartient au Fils de Dieu, voilà qu'ils tentent de le dérober, sur le conseil du serpent, ou plutôt du diable à travers le serpent. Le Père ne laisse pas passer l'injustice commise envers le Fils, « car le Père aime le Fils », mais immédiatement « il fait retomber sa vengeance » sur l'homme aussi, et « sa main s'appesantit sur nous ». Car en Adam, « nous avons tous péché », et en lui nous avons reçu la sentence de condamnation.

Que va faire le Fils, en voyant que le Père, dans son amour jaloux pour lui, n'épargne absolument aucune de ses créatures ? Voici, dit-il, qu'à cause de moi, le Père va perdre toutes ses créatures. Ma grandeur, le premier ange l'a convoitée, et il trouva une foule pour se fier à lui. mais immédiatement l'amour jaloux du Père a fait peser lourdement sur lui la vengeance, le frappant ainsi que tous les siens d'une blessure incurable, d'un châtiment cruel. Et la connaissance, qui m'appartient tout autant, c'est l'homme qui a voulu la dérober ; et de lui non plus le Père n'a pas eu pitié, « son regard ne l'a pas épargné ». « Dieu va-t-il donc s'occuper du bétail ? » Il n'avait fait que deux créatures nobles, douées de raison, capables de béatitude : l'ange et l'homme. Mais voici qu'à cause de moi, il a perdu un grand nombre d'anges et tous les hommes. En conséquence, « pour qu'ils sachent que », moi aussi, « j'aime le Père », je veux qu'il retrouve par moi ceux que, d'une certaine manière, il a perdu à cause de moi. « Si c'est à cause de moi qu'est arrivée cette tempête, dit Jonas, prenez-moi et jetez-moi à la mer » Tous me portent envie : je vais donc venir et me comporter de telle manière que quiconque voudra m'envier, quiconque s'efforcera de m'imiter, cette rivalité tournera à son bien.

D'où vient le Fils ? Et où vient-il ?
Voilà, frères. Vous avez entendu qui est celui qui vient. Considérez maintenant d'où il vient, et où il vient. C'est clair : du cœur de Dieu le Père, il vient dans le sein de la Vierge Mère ; « du plus haut du ciel », il vient « au plus bas de la terre ». Eh quoi ! Nous aussi, ne nous faut-il pas vivre sur la terre ? Si. Mais pour autant que lui aussi y demeure. Car où serait-on bien sans lui, et avec lui où pourrait-on être mal ? « Qu'y a-t-il pour moi dans le ciel, et que vouloir en dehors de toi sur la terre ? » « Tu es le Dieu de mon cœur et ma part à jamais » En effet, « même si je marche dans l'ombre de la mort, je ne craindrai aucun mal, si toutefois tu es avec moi ». Or, je le vois, tu descends maintenant sur la terre, et même aux enfers, non pas en captif enchaîné, mais « en homme libre parmi les morts », pareil à « la lumière qui brille dans les ténèbres, et les ténèbres n'ont pas pu l'arrêter ». C'est pourquoi « son âme n'est pas abandonnée aux enfers, ni son corps saint ne connaît la décomposition » dans la terre. Car le Christ, « qui est descendu, c'est lui aussi qui est remonté pour tout remplir », lui dont il est écrit : « Il est passé en faisant le bien, et en guérissant tous ceux qui étaient opprimés par le diable » ; et ailleurs : « Il s'est élancé, joyeux, tel un géant pour parcourir sa route ; il sort du plus haut du ciel, et sa course le ramène jusqu'au haut du ciel » Aussi l'Apôtre a-t-il raison de clamer : « Recherchez les réalités d'en haut, c'est là que se trouve le Christ, assis à la droite de Dieu » Car c'est en vain qu'il s'activerait à élever nos cœurs s'il ne nous enseignait que l'Auteur de notre salut a pris place dans les cieux.

Pour quoi? Pour chercher la brebis perdue
Dès lors qui pourrait douter de l'importance de ce qui était en cause pour qu'une si haute Majesté daigne descendre de si loin et vienne jusqu'en un endroit aussi indigne d'elle? Oui, l'enjeu était d'importance puisque étaient à l'œuvre une grande miséricorde, une immense tendresse, une débordante charité. Dans quel but en effet faut-il croire qu'il est venu? Et certes, en ce domaine, nous n'avons pas à nous donner beaucoup de peine : ses paroles et ses actions nous crient ouvertement la cause de sa venue. C'est pour venir rechercher la centième brebis, celle qui s'était égarée, qu'il s'est hâté de descendre du haut des montagnes ; c'est pour nous qu'il est venu, « afin que soient proclamées plus hautement à la louange du Seigneur ses miséricordes et ses merveilles pour les enfants des hommes ». Étonnante, oui, la faveur de Dieu qui se met à notre recherche, et grande la dignité de l'homme ainsi recherché ! Si ce dernier « voulait s'en glorifier, il ne serait pas fou » : non pas qu'il ait quelque valeur qu'il tiendrait de lui-même, mais parce que celui qui l'a fait, l'a fait si précieux. Toutes les richesses en effet, toute la gloire de ce monde, et tout ce qu'on peut y désirer, tout cela est peu de chose à côté de cette gloire-là ; davantage même, ce n'est rien du tout en comparaison d'elle. « Seigneur, qu'est-ce que l'homme pour que tu le fasses si grand, et pourquoi tournes-tu vers lui ton cœur ? »

Quand? Au Quand? Au temps de notre plus grand besoin
C'est maintenant le moment de réfléchir aussi au temps même ou le Sauveur est venu. Il est venu en effet, et je pense que cela ne vous est pas caché, non pas au commencement ou au milieu du temps, mais à la fin. Et cela ne s'est pas fait sans raison : c'est vraiment avec sagesse que la Sagesse a prévu de nous apporter son secours au moment où nous en aurions le plus besoin, car elle n'ignorait pas que les enfants d'Adam sont enclins à l'ingratitude. Oui, en vérité, « le soir tombait et le jour touchait à son terme », « le Soleil de justice » avait presque complètement disparu, au point qu'il ne restait plus sur terre qu'un tout petit peu de son éclat et de sa chaleur. La lumière de la connaissance de Dieu était en effet tout amenuisée, et, « devant le débordement de l'iniquité, la ferveur de l'amour s'était refroidie ». Plus un ange alors ne se montrait, plus un prophète ne parlait ; ils s'abstenaient, comme vaincus par le découragement devant l'extrême endurcissement des hommes et leur obstination. Mais alors, dit le Fils, « moi, j'ai dit : Voici, je viens ». Oui, c'est ainsi : « Tandis qu'un profond silence recouvrait toutes choses et que la nuit était au plus noir de sa course, ta Parole toute-puissante, Seigneur, est venue du trône royal »
C'est aussi ce que l'Apôtre avait en vue quand il disait : « Lorsque arriva la plénitude des temps, Dieu a envoyé son Fils » Oui, vraiment, la plénitude et l'abondance des biens temporels avaient engendré l'oubli et la pénurie des biens éternels. C'est donc très opportunément que vint alors l'éternité, au moment où les réalités temporelles l'emportaient. Pour ne rien dire d'autre en effet, la paix temporelle était alors telle en ce temps-là que, sur l'édit d'un seul homme, l'univers entier se faisait recenser.

Par quel chemin?
Vous connaissez désormais la personne de celui qui vient, les deux endroits : celui d'où il vient et celui où il vient ; vous n'ignorez pas non plus le motif ni le moment de sa venue. Reste un seul point à examiner : par quel chemin vient-il ? Cela aussi doit être recherché soigneusement pour que nous puissions, comme il le mérite, marcher à sa rencontre.

Le chemin de sa venue spirituelle

Toutefois, de même que « pour accomplir le salut au centre de la terre », il est venu une seule fois dans la chair, de manière visible, de la même manière, pour sauver chaque âme personnellement, il vient chaque jour, et cela dans l'Esprit et de manière invisible. Il est écrit en effet : « Le Christ Seigneur est Esprit devant notre face » Et pour que tu saches bien que cet avènement spirituel est caché, le texte continue : « C'est à son ombre que nous vivrons au milieu des nations » Tu n'as pas besoin, ô homme, de traverser les mers, ni de pénétrer dans les nuages, ni de franchir les Alpes. Il n'est pas long, je te le dis, le chemin qui t'est indiqué : marche jusqu'en toi-même à la rencontre de ton Dieu. Car « proche est la Parole dans ta bouche et dans ton cœur »

Le chemin de sa venue corporelle
Mais il me plaît de considérer aussi le chemin de son avènement visible, car « ses chemins sont de beauté et tous ses sentiers mènent à la paix ». Voici qu'il vient, sautant sur les montagnes, franchissant les collines » Par montagnes et collines, entends les Patriarches et les Prophètes, et, pour comprendre, lis « au livre de sa généalogie » comment il vient en les sautant et les franchissant : « Abraham engendra Isaac, Isaac engendra Jacob » et la suite. C'est de ces montagnes-là, tu le découvriras, qu'est « sortie la souche de Jessé ». Et de cette souche, au dire du prophète, « a surgi un rameau. Et du rameau une fleur s'est élevée, sur laquelle s'est posé l'Esprit » aux sept dons. Cela, le même prophète le montre encore plus clairement en un autre endroit. « Voici, dit-il, que la Vierge concevra et enfantera un Fils, et on lui donnera le nom d'Emmanuel », « ce qui veut dire : Dieu avec nous ». Celui qu'il avait d'abord appelé fleur, il le nomme ensuite Emmanuel ; celle qu'il avait d'abord appelée rameau, en parlant plus clairement il l'appelle Vierge.

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