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C I S T E R C I E N S

Cist-erciens, Cist-eaux, cist-els...

roseauxDe mes lectures je me souvenais : le mot cistercien vient du mot cistels.
Et ce mot désignait la végétation que Robert de Molesmes et ses moines ont trouvé en ce lieu où ils voulaient établir le « Nouveau monastère ».
De mes lectures je me souvenais que les cistels étaient des roseaux...
Et voilà que j'ai trouvé une autre traduction : il ne s'agit plus de roseaux mais de joncs !

Roseaux et joncs... les uns comme les autres poussent sur des sols humides plus ou moins marécageux...

Aujourd'hui le mot cistercien qualifie un ordre religieux monastique : l'Ordre Cistercien et tout ce qui peut s'y rapporter.

Il a été fondé le 28 mars 1098 par Robert, bénédictin à l'abbaye de Molesmes dont il est le Père Abbé. Poussé par le désir de trouver Dieu dans une plus grande pauvreté et solitude, il quitte ce lieu avec 21 des moines. Ils s'installent dans une clairière au nord du site actuel de Cîteaux, lieu horrible ! disent certains... C'est le « Nouveau Monastère »
On nomme trois pères fondateurs. Chacun, selon son charisme propre, a contribué à l'enracinement du nouveau monastère :
  
   Robert par le choix d'un retour authentique à la Règle de saint Benoît.
   Rappelé à Molesmes, il est remplacé par Albéric remarquable par sa spiritualité. fondateurs
   Etienne a eu le génie de l'organisation.

Le 26 janvier 1991, pour la fête de ces « saints fondateurs », au monastère Notre Dame de l'Atlas à Tibhirine, frère Christophe prononce l'homélie. Des extraits de ce texte nous disent comment, après 9 siècles de vie de l'Ordre, un moine relit aujourd'hui l'aventure de cette fondation.

Ce qu'il faut, c'est revenir à l'enfance de l'Ordre. Et c'est une enfance pauvre. Regardons le Nouveau-Né, ce Novum Monasterium, si fragile, faible... plus encore : incertain. Et c'est peut-être cela qui permet la « nouveauté », celle de l'Evangile... qui est l'avenir de l'Ordre.(...)

L'enfance de l'Ordre nous offre, me semble-t-il deux leçons.

Première leçon : les épreuves font grandir l'enfant. Evoquons rapidement la première épreuve, (il y en aura d'autres) : le retour à Molesmes de Robert. Partir avec Robert pouvait être le signe de quelque chose d'encore trop infantile. Rester avec ses fils pouvait ressembler à du paternalisme. Robert est Père fondateur jusque dans l'épreuve acceptée, diversement interprétée de ce départ : il laisse l'enfant grandir sans lui. Pour que l'épreuve soit chemin de croissance, de vie, il faut aussi toute la foi de l'enfant et d'abord qu'il cesse de poursuivre de vains projets, de grands desseins (un monastère à Tibhirine pour 100 moines... au moins !). Il faut être conduit là où ne subsiste plus aucune illusion d'être en essor, en progrès. L'enfant, parce qu'il est tout contre sa mère (Ps 130, 2), peut choisir l'abandon : pour grandir en confiance, dans la paix et le silence.

La deuxième leçon tirée de notre histoire en ses débuts, c'est une leçon pratique, pour grandir, il faut s'organiser. On est ici dans le juridique... au service de l'enfance car Cîteaux a voulu préserver et garantir par une structure son expérience originelle.
Alors on revient à la Règle de saint Benoît qui est faite pour cela : assurer les conditions pratiques permettant d'entrer dans une aventure spirituelle. Ce retour est inventif : après s'être assuré d'une indépendance réelle par rapport à la société féodale ; après s'être soucié d'une insertion vraie dans l'Eglise locale et universelle (romaine) on fait appel à des hommes de bien, travailleurs, qui voudraient bien vivre comme des moines leur existence laborieuse. Albéric accueille les frères convers. Et ce n'est pas dans la Règle. Mais la Règle nous demande d'être des moines. Et justement les frères convers sont là pour aider les moines de profession à l'être vraiment. Alors ils vont assurer les travaux et les emplois hors clôture.
Après les frères convers il convient de dire un mot de la Charte de Charité : Cîteaux avec Etienne Harding, l'invente. Le juridique est éclairé aujourd'hui par l'évangile.
Oui, Cîteaux voudrait se caractériser par une certaine charité : un amour d'observance stricte, une affectivité ordonnée par une Règle... une amitié donnée par Jésus et reçue dans la foi.
Quoi de plus doux, frères bien-aimés : la Voix de Jésus nous invite : vous êtes mes amis, je vous appelle amis. (Jn 15,15). Voici que dans sa tendresse, le Seigneur nous indique le chemin de la vie.


Texte de frère Christophe, cité dans "Adorateurs dans le souffle"


Le 12ème siècle en France, les 13ème et 14ème siècles en Allemagne et aux Pays-Bas, virent une extension étonnante de l'ordre cistercien. Puis vint un certain déclin : événements de la vie du monde et de l'Eglise en furent, en partie, la cause : pour la France, guerre de cent ans, Réforme, guerres de religion, mainmise des souverains sur les abbayes, révolution... Mais sans cesse des mouvements de réforme se faisaient jour. La plus suivie fut celle de l'abbaye de la Trappe menée par l'Abbé Armand de Rancé au 17ème siècle. Violation, destruction des bâtiments, dispersion des communautés, exils, n'arrêteront pas les renaissances. Fin 19ème siècle un certain nombre d'abbayes se sont regroupées sous le nom de « l'Ordre Cistercien de la Stricte Observance » : retour à la source de la réforme trappiste... Au cours du 20ème siècle l'Ordre a essaimé sur tous les continents. Il groupe aujourd'hui 170 monastères pour (environ) 2500 moines et 1800 moniales. D'autres congrégations cisterciennes forment l'Ordre Cistercien. Le concile Vatican II a favorisé leur aggiornamento : retour à la tradition primitive vécue dans la fidélité au monde d'aujourd'hui.

Première photo, photo grenier

 

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