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L'histoire du monachisme cistercien
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Dans ses sermons sur le Cantique des cantiques

                                         BERNARD de CLAIRVAUX CHANTE L'AMOUR

Présentation

« Le livre dont tous parlent et que tous portent dans leur cœur ».
Nous sommes au 12ème siècle… Ce livre dont tout le monde parle est l'ébauche d'une œuvre magistrale. Elle est une nouveauté dans son genre : « le texte est d'une densité spirituelle et d'une haute qualité littéraire » Bernard de Clairvaux, à la demande d'amis, a commencé à mettre par écrit ses commentaires du « Cantique des Cantiques ».

Guillaume de Saint-Thierry raconte : « Nous étions tous deux malades à l'infirmerie de Clairvaux et tout le jour se passait à nous entretenir de la nature spirituelle de l'âme et des remèdes qu'offrent les vertus contre les maladies des vices. C'est alors qu'il (Bernard) m'expliqua, autant du moins que le permit la durée de ma maladie, le Cantique des cantiques. »
C'est dans ce livre de la Bible que saint Bernard trouve l'expression la plus belle et la plus vraie de la relation de Dieu et de l'humanité. Cela n'est pas tout à fait nouveau, rappelons-nous les prophètes… Osée : « Je vais la séduire… Il adviendra ce jour-là que tu m'appelleras 'mon mari'… Je te fiancerai à moi pour toujours… et tu connaîtras Yahvé » (Osée 2, 16. 18. 22).

Pour Bernard et ses contemporains, le langage de l'amour est un langage courant : ne dit-on pas que le 12ème siècle est le siècle de l'amour ?
Il l'a pratiqué dans sa famille, avec sa mère Aleth et son père Tescelin, ses cinq frères et sa sœur Hombeline, au château de Fontaines, près de Dijon où il est né en 1090.
Il l'a rencontré en fréquentant la Bible, histoire de l'amour de Dieu et de son peuple. Il l'a chanté, dans les Psaumes durant toutes ses années d'études à St Vorles puis au monastère.
Il l'a apprise de la vie communautaire au « nouveau monastère », puis à Clairvaux.
Il l'a apprise en fréquentant les Pères de l'Eglise, les mystiques Origène, Grégoire de Nysse, Grégoire le Grand, Augustin, familiers du Cantique des Cantiques.
Il l'a expérimentée au cours de ses études qu'il a, vraisemblablement, faites à l'école des chanoines de St Vorles, à Chatillon sur Seine. Le cursus scolaire, sur le modèle antique, comportait une spécialisation littéraire : il faut apprendre à bien écrire, à bien parler et à bien raisonner pour savoir convaincre. Il faut étudier les auteurs anciens qui ont su pratiquer cet art. Nul doute qu'une part des exercices de style aient comporté des chansons d'amour... amour courtois et chevaleresque... Seuls, ceux qui s'adonnent à de très nombreux exercices parviennent à y exceller. Bernard a dû s'en donner « à coeur joie » !

Il n'en reste pas moins que la lecture de ses sermons nous demande un effort pour l'accueillir, l'écouter, le comprendre, le laisser nous toucher… Nous ne pouvons apprécier tout à fait son style : il écrivait en latin et beaucoup de jeux de mots, de sons, de sens... échappent à la traduction ! Mais nous pouvons apprécier sa vivacité, sa clarté, son humour, l'emploi des images, abondantes dans le Cantique, mais propres aussi à l'auteur.
ll peut nous surprendre, peut-être même nous agacer, quand par exemple il parle des devoirs de l'Eglise en choisissant les mots du Cantique : « le parfum des seins de l'épouse », mais il nous fait sourire et se fait bien comprendre quand, pour nous inviter à la contrition, il nous dit de : « broyer nos péchés dans le mortier de la conscience et les brûler au feu du repentir dans la marmite du coeur » !

Bernard ne fait pas œuvre d'exégète, il dit : « Je ne cherche pas à expliquer les mots mais à abreuver les coeurs » (sermon 16). Puissions-nous dans la (re)découverte de la présentation de ses sermons nous laisser combler des dons de la Parole de Dieu.

Note littéraire

Bernard de Clairvaux aurait commencé ses sermons sur le Cantique vers la fin de 1135. Il préchera ainsi pendant 18 ans, jusqu'à sa mort, nous laissant 86 sermons.
Aujourd'hui nous pouvons les lire grâce à la collection "Sources chrétiennes" qui, depuis 1942, publie des éditions critiques de textes patristiques anciens. A la demande de l'Ordre Cistercien de la Stricte Observance elle a entrepris, depuis 1992 l'édition des œuvres complètes de Saint Bernard.
La traduction des sermons sur le Cantique des Cantiques a été effectuée par Frère Raffaele,moine à l'abbaye cistercienne de Tamié (en Savoie).

Dans ses sermons sur le Cantique des cantiques

                                         BERNARD de CLAIRVAUX CHANTE L'AMOUR

Présentation

« Le livre dont tous parlent et que tous portent dans leur cœur ».
Nous sommes au 12ème siècle… Ce livre dont tout le monde parle est l'ébauche d'une œuvre magistrale. Elle est une nouveauté dans son genre : « le texte est d'une densité spirituelle et d'une haute qualité littéraire » Bernard de Clairvaux, à la demande d'amis, a commencé à mettre par écrit ses commentaires du « Cantique des Cantiques ».

Guillaume de Saint-Thierry raconte : « Nous étions tous deux malades à l'infirmerie de Clairvaux et tout le jour se passait à nous entretenir de la nature spirituelle de l'âme et des remèdes qu'offrent les vertus contre les maladies des vices. C'est alors qu'il (Bernard) m'expliqua, autant du moins que le permit la durée de ma maladie, le Cantique des cantiques. »
C'est dans ce livre de la Bible que saint Bernard trouve l'expression la plus belle et la plus vraie de la relation de Dieu et de l'humanité. Cela n'est pas tout à fait nouveau, rappelons-nous les prophètes… Osée : « Je vais la séduire… Il adviendra ce jour-là que tu m'appelleras 'mon mari'… Je te fiancerai à moi pour toujours… et tu connaîtras Yahvé » (Osée 2, 16. 18. 22).

Pour Bernard et ses contemporains, le langage de l'amour est un langage courant : ne dit-on pas que le 12ème siècle est le siècle de l'amour ?
Il l'a pratiqué dans sa famille, avec sa mère Aleth et son père Tescelin, ses cinq frères et sa sœur Hombeline, au château de Fontaines, près de Dijon où il est né en 1090.
Il l'a rencontré en fréquentant la Bible, histoire de l'amour de Dieu et de son peuple. Il l'a chanté, dans les Psaumes durant toutes ses années d'études à St Vorles puis au monastère.
Il l'a apprise de la vie communautaire au « nouveau monastère », puis à Clairvaux.
Il l'a apprise en fréquentant les Pères de l'Eglise, les mystiques Origène, Grégoire de Nysse, Grégoire le Grand, Augustin, familiers du Cantique des Cantiques.
Il l'a expérimentée au cours de ses études qu'il a, vraisemblablement, faites à l'école des chanoines de St Vorles, à Chatillon sur Seine. Le cursus scolaire, sur le modèle antique, comportait une spécialisation littéraire : il faut apprendre à bien écrire, à bien parler et à bien raisonner pour savoir convaincre. Il faut étudier les auteurs anciens qui ont su pratiquer cet art. Nul doute qu'une part des exercices de style aient comporté des chansons d'amour... amour courtois et chevaleresque... Seuls, ceux qui s'adonnent à de très nombreux exercices parviennent à y exceller. Bernard a dû s'en donner « à coeur joie » !

Il n'en reste pas moins que la lecture de ses sermons nous demande un effort pour l'accueillir, l'écouter, le comprendre, le laisser nous toucher… Nous ne pouvons apprécier tout à fait son style : il écrivait en latin et beaucoup de jeux de mots, de sons, de sens... échappent à la traduction ! Mais nous pouvons apprécier sa vivacité, sa clarté, son humour, l'emploi des images, abondantes dans le Cantique, mais propres aussi à l'auteur.
Il peut nous surprendre, peut-être même nous agacer, quand par exemple il parle des devoirs de l'Eglise en choisissant les mots du Cantique : « le parfum des seins de l'épouse », mais il nous fait sourire et se fait bien comprendre quand, pour nous inviter à la contrition, il nous dit de : « broyer nos péchés dans le mortier de la conscience et les brûler au feu du repentir dans la marmite du coeur » !

Bernard ne fait pas œuvre d'exégète, il dit : « Je ne cherche pas à expliquer les mots mais à abreuver les coeurs » (sermon 16). Puissions-nous dans la (re)découverte de la présentation de ses sermons nous laisser combler des dons de la Parole de Dieu.

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Note biblique

Le Cantique des Cantiques est l'un des textes les plus courts de la Bible. Peu utilisé en liturgie il ne nous est guère connu. Il est pourtant l'un des textes les plus célèbres de la Bible, l'un de ceux qui ont le plus inspiré la littérature et les arts. Il a suscité une abondante littérature car il intrigue : que vient faire là ce livre qui ressemble étrangement à une série de poèmes d'amour de l'Egypte ancienne et que l'on peut qualifier de profane puisque le nom de Dieu n'y est pas prononcé ?
On peut consulter le cahier Evangile n°85, "Le Cantique des Cantiques" par Anne-Marie Pelletier, édition du Cerf.