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grenier - cisterciens       
La pensée cistercienne :
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 message : l'amour, l'Incarnation, Marie, l'existence chrétienne
             sermons de saint Bernard de Clairvaux à partir du Cantique des Cantiques, extraits
          - florilège : très souvent cités : l'amitié,  la joie, la prière, le repos, le silence... et bien d'autres
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L'histoire du monachisme cistercien
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Dans ses sermons sur le Cantique des cantiques

                                     BERNARD de CLAIRVAUX CHANTE L'AMOUR

Sermon 10     « Des bienfaits que Dieu accorde. »

ici Bernard commence par reconnaître ses limites :

« Je n'ai point l'intelligence assez profonde, ni l'esprit assez pénétrant, pour pouvoir découvrir par moi-même quelque chose de nouveau. »

Aussi se réfère-t-il à St Paul.

« Réjouissez-vous, dit-il, avec ceux qui sont dans la joie ; pleurez avec ceux qui pleurent. » (Ro 12, 15) Par là il exprime brièvement les sentiments d'une mère, car les petits enfants ne supportent pas l'absence de celle qui les a mis au monde, ni lorsqu'ils souffrent, ni lorsqu'ils se portent bien.
Ainsi selon la sagesse de Paul, je vais attribuer ces deux sentiments aux deux seins de l'épouse : la compassion à l'un, la joie partagée à l'autre. (§ 1)
Et l'épouse, c'est l'Eglise !
Comme ces deux seins sont différents supposons aussi deux sortes différentes de lait. Car la joie partagée produit le lait de l'exhortation, la compassion celui de la consolation. Selon le besoin qu'elle découvre en chacun d'eux, elle dispense plus largement des paroles de consolation avec un sein, ou des paroles d'exhortation avec l'autre. Si par exemple elle en aperçoit, parmi ceux qu'elle a enfantés à l'Évangile, un qui est troublé, triste et découragé à cause d'une forte tentation qui l'ébranle, et impuissant d'en supporter plus longtemps la violence, comme elle partage sa peine ! Si par contre, elle en voit un autre qui est bien disposé, ardent, en train de progresser, elle exulte, lui adresse des conseils salutaires, l'enflamme davantage encore, lui apprend tout ce qu'elle peut pour qu'il persévère, et l'exhorte à progresser sans cesse et à s'améliorer. Elle se montre une mère aussi bien pour qui défaillent que pour ceux qui progressent. (§ 2)

Bernard s'enflamme alors contre ceux qui ne s'acquittent pas bien de la tâche d'Eglise qui leur est confiée :

caremeCombien se révèlent aujourd'hui tout autrement disposés. Ils convoitent les richesses avec une cupidité insatiable ; ils tremblent de les perdre et cette perte les rend inconsolables. Ils ne trouvent de repos que dans l'amour de l'argent. Ni la perte ni le salut des âmes ne comptent pour eux. A l'évidence ils ne sont pas des mères, ces gens qui, après s'être bien « engraissés, épaissis, élargis » (Dt 32, 15) grâce au patrimoine du Crucifié « ne ressentent aucune douleur pour la ruine de Joseph* » (Amos 6,6). (§ 3)

« Tes seins embaument d'une odeur exquise » (Ct 1, 2).
Maintenant, je vais vous montrer aussi quels parfums exhalent ces seins, si toutefois je suis aidé par votre prière. Grâce à elle, il pourra m'être donné de formuler dignement, au profit de mes auditeurs, ce qu'il m'a été donné de percevoir à ce sujet.
Je vais distinguer diverses espèces de parfums : il y a le parfum de la contrition, celui de la ferveur, et celui de la compassion. Le premier est âcre : il provoque la douleur ; le deuxième est lénitif : il adoucit la douleur ; le troisième est curatif, il chasse la maladie. (§ 4)

Il y a donc un parfum que l'âme, enserrée dans les filets de nombreuses fautes, compose pour elle-même, lorsqu'elle commence à réfléchir sur sa conduite.
Elle recueille, entasse et broie dans le mortier de sa conscience ses nombreuses et diverses espèces de péchés. Puis elle les fait en quelque sorte brûler tous ensemble, au feu du repentir et de la douleur, dans la marmite de son coeur embrasé. Ainsi peut-elle dire avec le Prophète : « Mon cœur s'est échauffé en moi-même, et dans ma méditation le feu va s'allumer » (Ps 8, 4). Tel est donc l'unique parfum dont l'âme pécheresse doit épicer les prémices de sa conversion, et qu'elle doit répandre sur ses plaies encore récentes. Car le premier « sacrifice que nousbienfaits devons offrir à Dieu est celui d'un esprit brisé » (Ps 50, 19). (§ 5)

Le deuxième parfum se compose des bienfaits que Dieu accorde au genre humain. Heureux celui qui s'applique à les recueillir soigneusement et à les faire revenir devant les yeux de sa pensée dans une digne action de grâces !
Lorsqu'ils auront été écrasés et broyés dans le mortier du coeur par le pilon d'une méditation fréquente, et cuits ensuite tous ensemble au feu d'un saint désir, et enfin « imbibés d'une huile d'allégresse » (Ps 22, 5) il en résultera certes un onguent de loin plus précieux et plus exquis que le premier. Et il est hors de doute que le souvenir des bienfaits incite à la louange. (§ 7)

Il ne revient pas à un coeur indigent et miséreux ou faible, de composer un tel onguent. Seule la confiance en possède les aromates et les essences ; une confiance qui découle de la liberté d'esprit et de la pureté de coeur. (§ 9)
Et, sans aucun doute, les mêmes parfums se trouvaient en abondance chez les disciples à qui l'apôtre rendait témoignage par ces paroles : « Sans cesse je rends grâces à mon Dieu à votre sujet pour la grâce de Dieu qui vous a été, en lui, donnée dans le Christ Jésus. Car vous avez été, en lui, comblés de toutes les richesses, toutes celles de la parole et toutes celles de la science. « ( 1 Cor 1, 4-7)

 

* Amos annonce la ruine des tribus des fils de Joseph. On peut comprendre sous la plume de Bernard la ruine spirituelle du peuple de Dieu.

 

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Sermon 1. Pour une jubilation du cœur

2. Le baiser : Jésus, homme et Dieu

3. Miséricorde

4. Du pardon à la communion

(Pas d'extraits du sermon 5 qui répond à des questions parti-culières de ceux qui l'entourent)

6. Justice et miséricorde

7. « Du trop plein du cœur »

8.Communion d'amour
(La Trinité)

9. « Le désir de son cœur »

11. Le plus grand des dons

12. Compassion

13. La source des bienfaits

(Pas d'extraits du sermon 14)

15. Des noms pour Jésus