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La pensée cistercienne :
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          - sermons de saint Bernard de Clairvaux à partir du Cantique des Cantiques, extraits
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Dans ses sermons sur le Cantique des cantiques

                               BERNARD de CLAIRVAUX CHANTE L'AMOUR

Sermon 11     Le plus grand des dons

Bernard commence par inciter ses moines à l'action de grâces.

Je désire que vous ayez tous part à cette onction sacrée, à cette sainte ferveur qui se remémore les bienfaits de Dieu avec joie et action de grâces.
Car c'est un bon moyen pour alléger les peines de la vie présente, qui nous deviennent certes plus supportables, si nous savons exulter dans la louange de Dieu.
Et d'autre part, rien sur terre n'évoque mieux l'état de la demeure céleste que l'allégresse de ceux qui louent Dieu.
Ceux qui vivent dans l'action de grâces ne contemplent et ne considèrent que Dieu seul ; ainsi ils habitent vraiment tous ensemble dans l'unité. D'autre part, leur louange est bonne, car ils réservent très justement la gloire à qui cette gloire est due ; elle est aussi agréable, parce qu'elle apporte la joie. (§ 1)

Il recommande alors de ne pas se laisser accaparer par le souvenir des péchés.

Je vous convie, mes amis, à détourner de temps à autre vos pas du souvenir fâcheux et pénible de vos cheminements, et à vous laisser conduire sur des routes plus aisées par la mémoire sereine des bienfaits divins.
Ainsi vous qui êtes couverts de honte en vous regardant, vous pourrez respirer dans la contemplation de Dieu. Je veux que vous fassiez l'expérience de ce que conseille le saint Prophète, en disant : «  Mets tes délices dans le Seigneur, et il te donnera ce que ton cœur demande » (Ps 36, 4)
Bien sûr, la douleur en raison des péchés est nécessaire ; mais à condition qu'elle ne soit pas continuelle. Oui, il faut qu'elle soit entrecoupée du souvenir plus joyeux de la divine bonté, de peur que la tristesse n'endurcisse le cœur, et ne le fasse mourir de désespoir.
Je te retiendrai par le frein de ma miséricorde ; je te relèverai en te faisant chanter mes louanges. Alors tu pourras respirer grâce à mes bienfaits, toi qui es couvert de honte à cause de tes péchés, quand tu découvriras que ma bonté dépasse de loin ta faute. La pitié de Dieu est plus grande que n'importe quelle iniquité.
C'est bien cela que vous lisez dans le livre du Sage : « Ayez le sentiment de la bonté de Dieu et cherchez-le dans la simplicité de cœur (Sg 1, 1). (§ 2)

Le plus grand des bienfaits, dont il faut avant tout garder mémoire, selon Bernard, c'est notre Rédemption.

Il est vrai qu'aucun homme n'est capable de rassembler et de garder en mémoire tous les bienfaits que « le Seigneur, plein de miséricorde et de compassion » (Ps 105, 7) ne cesse de prodiguer aux mortels. Que du moins le principal, le plus grand de ces bienfaits, à savoir l'œuvre de notre Rédemption, ne s'éloigne jamais complètement de la mémoire des rachetés.
Dans cette oeuvre, il y a deux points surtout qui me viennent maintenant à l'esprit, et que je m'efforcerai de proposer à votre intention : le mode selon lequel elle s'accomplit et le fruit qui en résulte. Le mode, c'est bien sûr que Dieu s'est anéanti lui-même ; le fruit, c'est que nous avons été remplis de Lui.
Méditer le fruit c'est le germe de la sainte espérance ; méditer le mode c'est le fruit du plus grand amour. (§ 3)
Nous le croyons, nous en sommes vraiment assurés, ainsi que tu le promets : « Nous serons comblés des biens de ta maison » (Ps 64,5).
A ce que j'entends, la plénitude que nous attendons de Dieu ne sera autre chose que d'être remplis de lui-même. (§ 4)

Je distingue trois facultés dans l'âme : la raison, la volonté, la mémoire ; et ces trois facultésflamboyant constituent l'âme elle-même.
Tout homme qui marche sous l'impulsion de l'Esprit perçoit combien, dans la vie présente chacune de ces trois facultés est loin d'être, entière et parfaite.
Pour quel motif sinon parce que Dieu n'est pas tout en tous ? Il en résulte que très souvent la raison se trompe dans ses jugements, que la volonté est secouée par les passions, que la mémoire est obscurcie par de multiples oublis.
Celui « qui comble de biens les désirs de l'âme » (Ps 102,5)) lui-même sera pour la raison la plénitude de la lumière, la volonté l'abondance de la paix, pour la mémoire la continuité de l'éternité. (§ 5)
Lorsque l'erreur se sera écartée de la raison, la douleur de la volonté, et toute peur de la mémoire, alors ces maux seront remplacés par ce que nous espérons : une merveilleuse sérénité, une pleine douceur, une éternelle sécurité.
Ainsi « Dieu sera tout en tous » (1 Cor 15, 28) : la raison recevra la lumière sans déclin ; la volonté atteindra la paix inaltérable ; la mémoire demeurera éternellement auprès de son intarissable source.

Quant au mode selon lequel la Rédemption s'accomplit et que nous avons défini comme un anéantissement, cet anéantissement ne fut pas simple ou médiocre.
« Dieu s'est anéanti lui-même jusqu'à la chair, jusqu'à la mort, jusqu'à la croix » (Phil 2, 7-8)
De Seigneur qu'il était il n'a pas dédaigné de se faire esclave,de riche, pauvre ; de Verbe, chair ; de Fils de Dieu, fils de l'homme.
Souviens-toi désormais que si tu as été créé de rien, tu n'as pas été racheté pour rien. Pendant trente années entières « il a oeuvré pour ton salut sur la terre » (Ps 73, 12). (§ 7)

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Sermon 1. Pour une jubilation du cœur

2. Le baiser : Jésus, homme et Dieu

3. Miséricorde

4. Du pardon à la communion

(Pas d'extraits du sermon 5 qui répond à des questions parti-culières de ceux qui l'entourent)

6. Justice et miséricorde

7. « Du trop plein du cœur »

8.Communion d'amour
(La Trinité)

9. « Le désir de son cœur »

10. Des bienfaits de Dieu

12. Compassion

13. La source des bienfaits