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Dans ses sermons sur le Cantique des cantiques

                                     BERNARD de CLAIRVAUX CHANTE L'AMOUR

Sermon 7

Bernard explique maintenant ce que sont les mains de Dieu.

Je vais vous entretenir des mains et les distinguer par des termes propres à chacune d'elles. Appelons l'une Largesse, l'autre Force, parce que l'une donne avec abondance et l'autre défend avec puissance ce qui a été donné.
Qui ne veut pas être ingrat s'empressera de baiser l'une et l'autre, reconnaissant et confessant que Dieu est à la fois celui qui dispense et celui qui conserve tout bien. (§ 1)

Puis il commente la demande de l'épouse :

« Qu'il me baise d'un baiser de sa bouche » (Ct 1, 1) Qui parle ainsi ? L'épouse. Et qui est-elle ? « L'âme assoiffée de Dieu » (Ps 41, 3)
Cependant je distingue plusieurs sentiments afin de mettre en pleine lumière lequel convient spécialement à l'épouse.
Si l'on est esclave, on a peur en présence du seigneur ;
si l'on est mercenaire, on espère quelque chose de sa main,
si l'on est disciple. on prête l'oreille au maître,
si l'on est fils, on honore le père.
Mais celle qui demande un baiser, elle aime.

Ce sentiment de l'amour est le plus élevé des dons naturels, surtout s'il remonte à sa source qui est bouquet Dieu. Et pour exprimer la douce affection réciproque du Verbe et de l'âme, on n'a pas trouvé de noms plus doux que ceux d'époux et d'épouse. Car tout leur est commun ; ils n'ont rien en propre, rien qui ne soit partagé. Ils ont même héritage, même table, même maison, même lit et ils sont une même chair. Si donc le verbe aimer convient de façon spéciale et particulière aux époux, ce n'est pas à tort qu'on désigne du nom d'épouse l'âme qui aime. Or, si l'âme demande un baiser, elle aime.
Elle ne demande ni la liberté, ni le salaire, ni l'héritage, ni même l'enseignement, mais un baiser, comme une épouse très chaste, qui respire l'amour sacré et qui ne peut absolument pas dissimuler la flamme dont elle brûle. Regarde en effet de quelle manière abrupte elle commence son discours. Alors qu'elle a l'intention de demander une grande grâce à un grand seigneur, elle n'a pas recours comme le voudrait l'usage, à des paroles flatteuses ; elle ne tourne pas par des périphrases, autour de ce qu'elle désire. Elle ne fait pas de préambules, n'essaie pas de capter la bienveillance, mais soudain, « du trop-plein de son cœur », (Mt 12, 34) sans
ambages et le front haut, elle s'écrie : « Qu'il me baise d'un baiser de sa bouche » (§ 2)
Oh ! qu'elle est grande la force de l'amour ! Quelle confiance inspirée par l'Esprit de liberté ! Quoi de plus évident que cette parole : « L'amour parfait bannit la crainte » ? (1 Jn 4, 18). (§ 3)

Modestement cependant, l'épouse ne s'adresse pas à l'Époux lui-même, mais à d'autres comme si lui était absent : « Qu'il me baise d'un baiser de sa bouche ». Certes, c'est une grande chose qu'elle demande ; il est donc opportun que la modestie accompagne la prière et recommande la suppliante. Par l'intermédiaire des familiers et des intimes elle cherche donc un accès à l'intimité, elle sollicite celui qu'elle désire. Mais qui sont ces familiers ? Nous croyons que les saints anges se tiennent auprès de ceux qui prient et qu'ils offrent à Dieu les prières et les voeux des hommes, à condition toutefois qu'ils voient « des mains pures se lever vers le ciel, sans colère ni contestation. » (1 Tim 2, 8) (§ 4)

La prière de l'épouse sera donc portée vers Dieu par ses intimes. C'est alors l'occasion pour Bernard de s'entretenir longuement des qualités de la psalmodie des moines, eux qui doivent unir leurs louanges à celles du ciel.

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