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Dans ses sermons sur le Cantique des cantiques

                                     BERNARD de CLAIRVAUX CHANTE L'AMOUR

Sermon 4flails

Bernard reprend ici ce qu'il a dit la veille, dans le troisième sermon : les attitudes que nous pouvons prendre « devant » Dieu. C'est ainsi qu'il commence :

Il me faudra approfondir ce thème par l'entretien de ce jour, dans la mesure où « Dieu en sa douce bonté, daignera seconder mes pauvres efforts » (Ps 67, 1)

… Nous retrouvons l'expression de son humilité de prédicateur ! (sermon 1)

Le sermon d'hier a exposé le triple progrès de l'âme sous la figure des trois baisers. Nous avons dit que ces baisers sont pris sur les pieds, sur la main, sur la bouche ; à chaque partie son baiser.
Le premier consacre les prémices de notre conversion ; le deuxième est accordé à ceux qui progressent ; le troisième est une expérience réservée au petit nombre des parfaits. C'est seulement par ce dernier baiser que commence le livre biblique dont nous avons entrepris le commentaire ,et c'est à cause de lui que nous avons ajouté les deux autres.

Il y a donc trois sentiments ou progrès dans les âmes, que l'expérience seule permet de connaître et de saisir de manière adéquate. Cette expérience se produit lorsque l'âme obtient de ressentir ces trois faveurs : d'abord, le pardon de ses mauvaises actions ; ensuite, la grâce d'en accomplir de bonnes ; enfin, autant du moins qu'il est possible dans ce corps fragile, la présence de Celui qui pardonne et nous soutient. (§ 1)

Le baiser des pieds

Mais comprenez mieux encore pourquoi j'ai nommé baisers la première et la seconde faveur. Nous savons tous que le baiser est un signe de paix. Or si, comme le dit l'Ecriture, « nos péchés créent une séparation entre nous et Dieu » (Is 59, 2), enlevons la séparation et l'amour régnera. Donc, en satisfaisant à Dieu pour obtenir notre réconciliation, après avoir détruit le péché qui nous séparait de Dieu, nous recevons le pardon ; comment nommer ce pardon sinon baiser de paix ? Mais nous ne devons le chercher ici-bas qu'aux pieds du Seigneur. Car la séparation qui corrige l'orgueil de la transgression, doit être humble et pleine de respect. (§ 2)
Le baiser des mains
Ensuite pour mener une vie plus pure et pour nous conduire de façon plus digne de Dieu, nous recevons le don d'une certaine familiarité, fruit d'une grâce plus abondante. Alors, avec une confiance accrue, nous levons la tête de la poussière, afin de baiser selon l'usage, la main du bienfaiteur - à la condition toutefois de ne pas chercher notre propre gloire, mais plutôt la gloire de celui qui nous l'accorde ; à la condition d'attribuer ses dons à lui et non pas à nous.
Nous voyons que cela se passe de la même façon chez les hommes également : d'ordinaire, les serviteurs baisent les pieds des maîtres qu'ils ont offensés quand ils leur demandent pardon, et les pauvres baisent les mains des riches quand ils reçoivent d'eux une aumône. (§ 3)

Comment peut-on dire que Dieu a des pieds, des mains, une bouche !

Mais Dieu est Esprit, et la substance divine, dans sa simplicité n'est nullement partagée en des membres corporels.
Mais évidemment, Dieu a bien une bouche, par laquelle « il enseigne à l'homme la connaissance » (Ps 93,1 0) ; il a une main, par laquelle « il donne la nourriture à toute chair » (Ps 135, 25) ; et il a « des pieds dont la terre est l'escabeau » (Is  6, 1)
Je dis que Dieu a tous ces membres quand on parle de son action et non de sa nature.
Ainsi celui qui se confesse tout honteux trouve auprès de Dieu où se prosterner dans l'humiliation ; l'âme fervente y trouve où se raviver dans une fraîcheur nouvelle et le contemplatif plein de joie, où se reposer dans l'extase. Il est tout pour tous, celui qui gouverne tout ; mais il n'est rien de tout cela à proprement parler. En effet si l'on parle de ce qu'il est en lui-même, « il habite une lumière inaccessible » (1 Tim 6, 16), « et sa paix surpasse toute intelligence » (Phil 4, 7) ; « pas de mesure à sa sagesse » (Ps 146, 5) « et pas de limite à sa grandeur » (Ps 144, 3) ; « l'homme ne peut le voir et rester en vie » (Ex 33,20). « Non pas qu'il soit loin d'aucune créature » (Ac 17, 27), lui qui est l'être de toutes et « sans qui tout est néant » (Jn 1,3). Mais pour faire grandir ton émerveillement, rien n'est plus présent que lui, et rien n'est plus insaisissable. Oui, je vais nommer Dieu l'être de toutes choses, non parce que celles-ci seraient ce qu'il est, mais parce que « tout est de lui et par lui et en lui » (Rm 11,36)
Ainsi, à l'égard de ses créatures, cette majesté daigne être pour toutes, leur existence ; pour les êtres animés, leur principe vital ; pour les êtres doués de raison, leur lumière ; pour ceux qui en usent droitement, leur vertu ; pour les vainqueurs, leur gloire. (§ 4)
Et lorsque Dieu crée tous ces êtres, qu'il les gouverne, les organise, les meut, les fait croître, les renouvelle, les affermit, il n'a nullement besoin d'instruments corporels. Car il a tout créé par sa seule parole, aussi bien les corps que les esprits. Il agit sur qui il veut, autant qu'il veut, et sans la médiation complaisante de membres corporels. (§ 5)

 

Au sermon 5 Bernard discourt à propos des esprits et des corps de l'animal, de l'homme, de l'ange et de Dieu. Il semble qu'il est préoccupé de répondre à des questions de ceux qui l'entouraient...

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